le Mardi 29 novembre 2022
le Lundi 17 janvier 2022 21:38 Éducation

Ce n’est pas parce qu’on rouvre les écoles que tout est dit

Des membres du personnel du CSC Nouvelon qui préparent les boites de tests de dépistage. — Photos : Courtoisie Paul de la Riva
Des membres du personnel du CSC Nouvelon qui préparent les boites de tests de dépistage.
Photos : Courtoisie Paul de la Riva

Après avoir fait de l’apprentissage en ligne depuis le 5 janvier, les écoles ontariennes ont rouvert leurs portes le lundi 17 janvier. Cependant, certains enseignants et parents s’inquiètent même si la province a annoncé une plus grande accessibilité au dépistage rapide et la vaccination dans les écoles. 

Le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce a confirmé lors d’une conférence de presse le 12 janvier que les élèves allaient retourner physiquement en classe le 17 janvier. Comme mesure de protection, il a annoncé la mise en place de centres de vaccination dans les écoles pour les jeunes et le personnel ainsi qu’un déploiement significatif de tests de dépistage antigéniques rapides. Chaque élève et membre du personnel doit recevoir deux tests de dépistage antigéniques rapides. 

La vaccination ne sera pas automatique. Les parents recevront un formulaire d’autorisation de leur bureau de santé régional dans les prochains jours pour signaler ou non leur consentement à la vaccination de leur enfant. 

En date du 12 janvier, 82 % des jeunes âgés de 12 à 17 ans avaient reçu deux doses du vaccin contre la COVID-19. Cette statistique est beaucoup plus basse pour les petits enfants : seulement 50 % des enfants âgés de 5 à 11 ans ont reçu leur première dose. 

De plus, plus de 10 millions de masques N95 seront mis à la disposition du personnel des secteurs d’éducation et de la garde d’enfants. S’ajoute à cela l’amélioration de la ventilation dans les écoles, l’autodépistage révisé des élèves et du personnel, la disponibilité des tests PCR si un enfant commence à avoir des symptômes à l’école et une prolongation du nombre de jours où les enseignants à la retraite peuvent offrir leur service pour pallier la pénurie et le haut taux d’absentéisme anticipé.

Entre satisfaction et inquiétude

Un.e enseignant.e de Sudbury, aussi un parent ayant des enfants à l’école, croit que la décision est bonne, mais qu’il y a quand même des lacunes dans la stratégie.

«On peut s’entendre que c’est une bonne chose que l’école retourne en présentiel. Moi je me sens en sécurité. Je m’inquiète du montant d’élèves dans la salle de classe. Il est difficile de garder sa distance avec de grands groupes.»

L’enseignant.e pense également qu’il devrait y avoir des règles de vaccination plus strictes pour les enfants qui apprennent en présentiel. «Je suis inquiet pour les enfants qui ne sont pas vaccinés ou que leurs parents ne sont pas vaccinés. Je pense que le ministère [de l’Éducation] devrait obliger les parents à se faire vacciner s’ils veulent leur enfant dans les écoles. Si les parents ne sont pas vaccinés, les enfants devraient rester à la maison et faire l’école virtuelle.» 

Dans un communiqué de presse conjoint, quatre syndicats d’enseignants de l’Ontario, y compris l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), ont exprimé leur désaccord avec les mesures de santé mises en place. 

«Une fois de plus, le gouvernement Ford laisse au hasard la santé et la sécurité des élèves, du personnel en éducation et les familles en procédant à la réouverture des écoles sans mettre en place les mesures de santé et de sécurité critiques qui ont été à maintes reprises demandées par les experts en éducation et en santé publique», déclarent-ils. 

«La série de demi-mesures retardataires et de promesses non tenues du gouvernement Ford met en danger la capacité des écoles à ouvrir de nouveau et à demeurer ouvertes, surtout alors que le variant Omicron continue de poser un risque considérable à nos communautés», poursuivent-ils. 

Les douze demandes des syndicats incluent des mesures plus strictes en matière de vaccination dans les écoles afin d’augmenter le nombre de vaccins pour les étudiants et le personnel, d’améliorer la ventilation dans toutes les écoles, de mettre en place des règles plus strictes en matière de tests et d’isolement.

Besoin de messages plus clairs

Les conseils scolaires n’ont pas appris la nouvelle avant le public. Ce n’est que lorsque le journaliste du Toronto Star, Robert Benzie a annoncé la nouvelle sur Twitter le soir du 10 janvier qu’ils l’ont su. Nouvelle confirmée officiellement deux jours plus tard par le ministre Lecce. 

Dans un communiqué de presse envoyé le 13 janvier, la présidente de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC), Johanne Lacombe, exprime sa déception face au manque de communication entre le ministère de l’Éducation et les conseils scolaires.

«Toutes ces mesures et annonces nécessitent une coordination de la part des conseils scolaires, leurs écoles et le personnel pour que l’information soit bien comprise et adoptée par nos familles et leurs enfants. Tâche difficile lorsque l’information tarde à être communiquée aux administrations scolaires» déclare Mme Lacombe. 

«La décision de rouvrir les écoles, annoncée par une fuite dans les médias sociaux au milieu de la nuit, fait peu pour répondre aux nombreuses questions et préoccupations légitimes du public sur les actions du gouvernement Ford pour assurer une année scolaire sécuritaire et durable», déclarent aussi les syndicats en éducation de l’Ontario dans leur communiqué de presse. 

Se débrouiller pour la distribution

Le 14 janvier, 22 membres du personnel du Conseil scolaire catholique du Nouvelon se sont rassemblés dans le gymnase de l’École secondaire du Sacré-Cœur à Sudbury afin de préparer l’envoi des 14 040 tests de dépistage antigénique rapide à toutes leurs écoles. 

Photos : Courtoisie Paul de la Riva