le Lundi 16 mai 2022
le Jeudi 10 février 2022 10:45 Courrier des lecteurs

L’heure est au regroupement pour mieux se connaitre

Sondages, sondages, partout. — Photo : Shutterstock
Sondages, sondages, partout.
Photo : Shutterstock
Courrier — Sondages, sondages, partout. Si vous vivez et travaillez dans le Nord ontarien, vous avez sans doute été approché pour un sondage. Probablement pour plus d'un. Vous avez peut-être même reçu quelques questionnaires le même jour. La raison est simple. Statistique Canada, croyez-le ou non, a des ressources limitées.

Charles Cirtwill 

président et chef de la direction de l’Institut des politiques du Nord, groupe de réflexion indépendant du Nord ontarien et qui a des bureaux à Thunder Bay, Sudbury et Kirkland Lake

Photo : Courtoisie

Cela signifie que ce service concentre sa collecte de données et ses rapports sur de gros centres populeux. Donc, oui, si vous vivez dans les «gros cinq», à Kenora ou à Elliot Lake, alors Statistique Canada sait certaines choses à votre sujet. Vous vivez à Schreiber ou à Kapuskasing? Attendez cinq ans jusqu’à la publication des résultats du recensement. Ensuite, attendez encore cinq ans avant de voir si quelque chose a changé. Êtes-vous dirigeant ou membre d’une Première Nation spécifique ou d’une collectivité métisse? Bonne chance, même lors des années de recensement.

C’est pourquoi d’innombrables agences de développement économique, des conseils d’aménagement locaux, des fournisseurs de services, des universités, des gouvernements et, oui, des instituts de recherche, envoient des questionnaires de sondages. Vous demander ce qui se passe est un des meilleurs moyens de le savoir et de trouver ce qui a changé.

Le problème est que vous n’avez pas le temps de participer à 700 sondages différents, puis individuellement, nous n’avons pas les ressources nécessaires pour poser les mêmes questions à tout le monde en même temps afin d’éviter les répétitions. Pourtant, poser la même question à tout le monde en même temps est le meilleur moyen d’obtenir des renseignements fiables, comparables et utiles sur ce qui a ou n’a pas d’effets sur votre collectivité.

Savoir ce qui se passe à Sudbury, c’est formidable. Il est toutefois essentiel de savoir si la même chose se produit à Rivière-des-Français. Sans résultats opportuns et comparables en provenance d’autres collectivités, vous ne pouvez savoir si le problème auquel vous vous heurtez ou le succès que vous obtenez est local ou général. 

North Bay fait-elle vraiment un excellent travail pour attirer et retenir les immigrants et les migrants? Les gens fuient-ils la région du Grand Toronto (RGT) et atterrissent-ils par hasard dans le Nord ontarien? Vous voudrez le savoir si vous envisagez de modeler sur eux vos efforts de markéting. (Note de l’auteur – North Bay fait un travail remarquable.)

En février, l’Institut des politiques du Nord (IPN), en partenariat avec des organismes, des agences et des administrations de toutes les régions du Nord ontarien, déploiera des efforts concertés pour atténuer vos problèmes de sondage et pour améliorer notre compréhension commune de nos collectivités. Nous nous inspirons du travail effectué par Statistique Canada au début de la pandémie de COVID-19.

Pendant que cette pandémie prenait son envol, Statistique Canada, face à la nécessité d’obtenir des renseignements détaillés, et ce, rapidement, mais de manière cohérente, a eu une initiative vraiment innovante (du moins pour ce service). Pour réaliser un sondage, ils ont fait appel au public. En partenariat avec la Chambre de commerce du Canada, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante et une série d’autres groupes d’employeurs nationaux, Statistique Canada a commencé à recueillir des données auprès de quiconque voulait bien répondre à propos des effets, réels ou appréhendés, de la pandémie. Cela a fonctionné.

Statistique Canada a conçu le sondage; des organismes de partout au pays en ont fait la promotion et les données sont arrivées. Les données découlant de ces efforts ont été cruciales pour éclairer les réactions politiques aux niveaux fédéral et provincial. Ce type de partage du fardeau a permis de recueillir des renseignements importants, cohérents et opportuns. Si Statistique Canada peut le faire, nous le pouvons aussi.

Nous avons baptisé le mois de février «Mois des mesures». L’IPN a élaboré une série de sondages avec l’aide de l’Environics Research Group et d’organismes partenaires du Nord ontarien. Nous avons demandé à un groupe encore plus nombreux de partenaires de promouvoir ces enquêtes auprès de leurs membres et clients. Maintenant, nous vous demandons de faire de même. Choisissez un questionnaire de sondage, le plus pertinent pour vous, et répondez-y. Choisissez le sondage le plus pertinent pour vos clients ou réseaux, et encouragez-les à y répondre également.

Nous espérons répéter le Mois des mesures chaque année, en février. Le thème de ce premier Mois des mesures est le suivant : dans quelle mesure sommes-nous vraiment accueillants? Des investissements importants sont faits pour lutter contre le racisme, pour attirer les migrants et les immigrants et pour faire du Nord de l’Ontario l’endroit le plus accueillant du Canada, pour tous. Nous devons savoir où nous en sommes aujourd’hui, afin que demain nous puissions évaluer le chemin parcouru.

Vous avez le choix entre cinq sondages : un sur l’expérience vécue du racisme dans nos régions; un pour les nouveaux résidents de villes spécifiques (après avoir parcouru 200 ou 10 000 kilomètres); un pour ceux qui sont venus et ont quitté ces mêmes villes; un pour les employeurs; un pour les prestataires de services. Vous pouvez accéder à ces questionnaires de sondages, en ligne, à l’adresse suivante : www.northernpolicy.ca.

Le Mois des mesures a commencé le 1er février et la collecte des données se termine le 15 février. Comme c’est le cas pour les enquêtes de Statistique Canada, les données recueillies seront correctement rassemblées et vérifiées, le tout en protégeant l’anonymat des répondants. Elles seront ensuite rendues publiques par l’IPN; des regroupements anonymes seront partagés, sur demande, avec les décideurs et les organismes de prestation de programmes, dans chacune de nos collectivités. Aidez-nous à vous aider. Rassemblons les données probantes.