le Jeudi 1 Décembre 2022
le Dimanche 13 février 2022 14:00 | mis à jour le 13 février 2022 15:43 Arts et culture

Entre rire et réflexion

Le baiser de Nanabush — Photo : Éditions Prise de parole
Le baiser de Nanabush
Photo : Éditions Prise de parole
Critique du livre Le baiser de Nanabush

Les Éditions Prise de parole ont publié une traduction française de l’un des romans de Drew Hayden Taylor, auteur et dramaturge des Premières Nations de l’Ontario. Il s’agit de Motorcycles & Sweetgrass (Éditions Knopf Canada, 2010), sous le titre Le baiser de Nanabush (2019). Eva Lavergne est celle qui a si brillamment traduit ce roman, roman qui est également son deuxième travail de traduction à la suite d’Agonie City de Matthew Heiti (Éditions Prise de parole, 2017). 

Drew Hayden Taylor est un auteur prolifique de la littérature des Premières Nations de l’Ontario qui a été finaliste de prestigieux prix littéraires, dont celui du Gouverneur général pour la version anglaise de ce roman et pour sa pièce In a World Created by a Drunken God (Éditions Talon Books, 2006).

Le baiser de Nanabush raconte l’histoire d’une réserve anichinaabée, Lac-aux-Loutres, où tout est toujours tranquille, ou du moins jusqu’à ce qu’arrive un étranger sur une moto rutilante. Certaines personnes, dont la cheffe Maggie, sont immédiatement séduites par cet individu d’une beauté resplendissante, alors que ce n’est pas le cas pour d’autres qui s’en méfient. Virgile, le fils de Maggie, est l’un d’eux et il tente tout pour éloigner cet homme de la réserve, mais surtout de sa mère. 

Pour ceux qui se passionnent ou aimeraient en connaitre plus sur la mythologie Anishinaabe, Le baiser de Nanabush est parfait pour découvrir et en apprendre davantage sur la figure du trickster, c’est-à-dire un protecteur de la vie humaine, mais également quelqu’un qui aime briser les règles.

Le baiser de Nanabush est à se tordre de rire, entre autres la conversation entre Jésus et Nanabush, où il est presque impossible de ne pas éclater de rire. 

L’histoire n’est pas toujours si joyeuse puisqu’il est également question de sujets plus sérieux, comme la réalité des pensionnats où de nombreuses personnes ont été maltraitées et perdre leur identité pour la simple raison d’être né dans une communauté autochtone. 

C’est un roman qui est véritablement difficile à déposer. On se sent captivé par l’histoire qui nous tient à haleine au tournant de chaque page. Le baiser de Nanabush est un récit mystérieux, intrigant et hilarant. En somme, un livre bien ficelé qui saura plaire à tout le monde.