le Mercredi 30 novembre 2022
le Mardi 8 mars 2022 12:00 | mis à jour le 8 mars 2022 21:18 Francophonie

Une vie de formations

Denyse Aubin (centre) avec sa petite-fille Natasha et sa fille Monique.  — Photo : Courtoisie
Denyse Aubin (centre) avec sa petite-fille Natasha et sa fille Monique.
Photo : Courtoisie
Hanmer — La vie de Denyse Aubin en a été une de transmission de connaissances. Elle se dit très reconnaissante envers toutes ces personnes qui l’ont aidée à cheminer, qui lui ont fait confiance à «une jeune étudiante de 12e année qui n’avait pas pu lire le discours d’adieu à sa cérémonie de remise de diplôme en 1960 parce qu’elle avait trop le tract».

La pandémie a ralenti Denyse Aubin, de Hanmer, et les nombreuses activités auxquelles elle participait. Elle s’est habituée à rester à la maison et avoue ne pas s’être «garrochée dans le travail ménager». Mme Aubin vit présentement au jour le jour tout comme si elle était en voyage avec des mots croisés, de la lecture puisque rien ne presse, aucune date d’échéance.

Sa carrière en enseignement a surement nourri ce grand amour de la lecture. Après avoir obtenu son brevet d’enseignement, Mme Aubin a accumulé une longue expérience (de 1964 à 2001) en suppléance au primaire et au secondaire, en enseignement aux adultes, en communication orale et écrite de français (Collège Cambrian et Collège Boréal, pendant 4 ans en demi), ainsi qu’un programme de retour au travail pour les adultes, Dynamique de vie, en plus du Français et de l’Anglais des affaires, de 1991 à 1996. 

À North Bay, elle a enseigné pendant 6 mois (janvier 1965 à juin 1965). «J’ai donné naissance à mon premier bébé, une petite fille, Monique, en novembre 1965. J’ai alors joué le rôle de Maman. En juin 1968, nous sommes déménagés à Sudbury pour un changement de travail de mon époux.»

Consultez tous les textes de La Voyageuse 2022.

Le Cercle de lecture de l’Université du troisième âge (l’UTA)

Ce cercle, pour membres seulement, a été fondé il y a environ 20 ans. Au tout début, les membres lisaient que des auteurs de l’Ontario français et, par la suite, des livres écrits en français, tout en évitant les traductions.

Mme Aubin s’est engagée dès le début comme participante et présidente afin de ne pas voir le club disparaitre. Aujourd’hui, Claudette Guy et elle mènent la barque. Et elle a bien l’intention qu’il revienne à la normale après la pandémie.

«Pendant la pandémie tout est arrêté, mais les membres (une dizaine) sont prêts à recommencer. Avec l’aide des membres, on prépare une liste de livres à lire pour nos rencontres d’octobre à juin. Par après, avec l’appui d’une bibliothécaire, Nellie, les livres non disponibles sont commandés», raconte-t-elle. 

Chaque rencontre permet de discuter du livre du mois animé par un membre, souvent par Mme Aubin, «parce que les membres ne sont pas toujours à l’aise de faire ce travail. J’aime beaucoup cette rencontre.»

Denyse Aubin est membre de l’Université du troisième âge depuis plusieurs années et en a été la présidente.

Photo : Courtoisie

Les organismes qui ont marqué Mme Aubin

L’UTA, fondée en 1993, a marqué le cheminement de Mme Aubin. Un autre groupe où elle se sentait à l’aise, même comme chez elle, au point où elle en a été présidente de 2005 à 2007. Avant la pandémie, l’UTA organisait entre autres des brunchs éducatifs mensuels pour les francophones de 50 ans et plus de la région du Grand Sudbury. «Les activités recommenceront dès que la COVID nous donnera un peu de répit», confirme-t-elle.

Le Congrès de l’AUTAFA

En 2007, l’UTA de Sudbury a été l’hôtesse du congrès de l’Association des universités du troisième âge en Amérique avec des participants d’un peu partout, mais surtout des membres du Québec et du Nouveau-Brunswick, qui ont pris part à des sessions d’animation et des visites organisées de sites importants des environs.

«J’avais une équipe formidable qui a mis sur pied une rencontre impressionnante, explique Mme Aubin. En tant que présidente, j’ai réalisé l’importance de déléguer et quel résultat obtenu! Beaucoup, beaucoup de travail, mais une expérience inoubliable.»

Denyse Aubin était là lors de la construction du Collège Boréal. Elle en a même gardé une brique. 

Photo : Courtoisie

Transition 50 

«Transition 50 a été pour moi un tournant dans ma vie personnelle. Je m’étais jointe en tant que participante et voilà que je deviens la coordonnatrice l’année suivante. Ce programme touchait les femmes de 50 ans et plus où les femmes à la mi-temps de leur vie font face à toutes sortes de défis qui se présentent à cet âge. 

«Des conférencières étaient invitées à venir offrir des informations sur différents sujets; les finances, la ménopause, la santé changeante, les émotions, la famille (les enfants grandissants), la génération sandwich. Lillian Rivet et moi avons aussi donné la formation de ce programme à des groupes à Sturgeon Falls et Noëlville.» À partir de Transition 50, Mme Aubin est devenue membre active du Collectif des femmes francophones du Nord-Est ontarien . 

Le Collectif des femmes francophones du Nord-Est ontarien 

 «Ce collectif m’a fait évoluer en me donnant une confiance que je ne savais pas que j’avais», confie Mme Aubin. Elle s’est impliquée activement dans différents programmes qui servaient toujours à amener les femmes à se découvrir. 

Pendant plusieurs années, elle a fait partie du comité organisateur de la Journée internationale de la femme avec le Centre Victoria pour femmes, dont elle garde de très bons souvenirs. «Nous avions aussi une journée organisée pour les filles de 10e année des écoles secondaires francophones, journée carrière si l’on veut, avec des conférencières de toutes sortes de professions et de métiers invitées à présenter leur domaine de travail.»

COM-FEMMES

Membre du groupe Communication-Femmes depuis plusieurs années, Mme Aubin s’est impliquée premièrement comme téléphoniste et, par la suite, au sein du comité organisateur afin de trouver les sujets et les conférencières pour l’année, de septembre à mai. Aux rencontres mensuelles, elle aide à annoncer la venue d’évènements francophones et certaines actualités, en plus de présenter ou de remercier les conférencières. 

Elle sert également de modèle d’un soir lors des défilés de mode, montés chaque année avant la pandémie. Avec cette pandémie, l’avenir de COM-FEMMES demeure incertain.

Denyse Aubin, qui fêtera ses 80 ans en aout, se console durant cette pandémie du fait qu’elle peut malgré tout voir ses enfants et petits-enfants grandir, ces êtres chers à qui elle tient tellement, pour qui elle aime encore cuisiner, offrir des repas faits avec amour.