le Lundi 16 mai 2022
le Mercredi 9 mars 2022 11:17 Éditorial

Guerre, mort et jeux

La cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin — Photo : Shutterstock
La cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin
Photo : Shutterstock
Éditorial — Pendant que l’invasion de l’Ukraine par la Russie défraie les manchettes partout dans le monde, il se passe quand même certains évènements sur la planète qui méritent notre attention.

Ceci n’est pas pour minimiser l’infamie déclenchée en Ukraine par le mégalomane Vladimir Poutine. Toute guerre est à proscrire et celle-ci, déclenchée pour des raisons ridicules par une puissance nucléaire, est particulièrement dangereuse. Mais pendant ce temps, la COVID continue à décimer la planète et les athlètes paralympiques du monde entier nous montrent comment nous dépasser.

Commençons par les Jeux paralympiques qui démontrent comment le monde peut être en compétition sans bombe ni fusil. Depuis vendredi, 564 athlètes disputent 78 épreuves à Pékin et nos médias en parlent très peu. Le Canada y fait pourtant bonne  figure. Au moment d’écrire ces lignes (lundi 7 mars), nos athlètes ont récolté 12 médailles, ce qui nous place en 3e position derrière la Chine, 25 médailles, et l’Ukraine avec 8 (le classement est déterminé selon le nombre de médailles d’or, d’argent et de bronze). Mais, obnubilés par la guerre en Ukraine, nos médias portent peu d’attention aux Canadiens Tyler Turner et Nathalie Wilkie qui ont remporté respectivement les médailles d’or en planche à neige et en ski de fond longue distance, et même le Nord-Ontarien Mac Marcoux (jetez un coup d’œil à la page 18). 

Tous les athlètes qui participent à ces Jeux devraient être des modèles pour nos leadeurs. Voilà des jeunes qui ont surmonté de graves traumatismes et ont décidé que leur handicap ne les arrêterait pas. Bien sûr, ils se font une guerre sans merci sur les patinoires, les pistes et les pentes de ski, mais ils le font dans l’esprit olympique, avec grâce et sans animosité. On les voit même quelques fois s’entraider pendant une compétition, se féliciter sur les podiums. Voilà le vrai pouvoir.

En parlant de pouvoir, il est malheureux de voir comment le premier ministre ontarien Doug Ford est maintenant plus préoccupé par l’élection provinciale du 2 juin prochain que par la protection des Ontariens face à la COVID-19. 

Depuis le début du mois, Ford a éliminé presque toutes les mesures sanitaires visant à contrer la propagation du virus qui cause la COVID. En Ontario et dans presque toutes les provinces conservatrices, il n’y a plus de limite au nombre de clients des restaurants et de spectateurs aux activités sportives et culturelles. Finie la distanciation sociale, finie la preuve de vaccination, vive le retour au travail en présentiel. Au diable les conséquences, il faut plaire au plus grand nombre pour gagner les élections.

Obnubilé par le pouvoir, Ford semble avoir oublié comment compter. Il tente de plaire à sa base électorale qui compte plusieurs réticents aux mesures sanitaires, mais qui est minoritaire en province. Il ne semble pas reconnaitre que la majorité, plus de 80 %, des Ontariens sont vaccinés et ne sont pas chauds à l’idée de manger dans un resto près d’une table de non-vaccinés buvant bruyamment à leur victoire sur le bon sens. 

Ford devrait prendre quelques minutes pour considérer cette statistique. Cette semaine, le nombre de morts dues à la COVID dépassera les 6 000 000 de personnes dans le monde.