le Lundi 16 mai 2022
le Mardi 15 mars 2022 0:09 | mis à jour le 15 mars 2022 0:10 Tourisme et voyages

Ontario : de l’agrotourisme à la ferme dans des yourtes

Matthew Larivée, ses enfants Isis Larivée, Freya Larivée et Danielle Seguin, la conjointe de Matthew. — Photo : Courtoisie
Matthew Larivée, ses enfants Isis Larivée, Freya Larivée et Danielle Seguin, la conjointe de Matthew.
Photo : Courtoisie
Powassan+ — Pour améliorer leur visibilité et créer des liens avec les touristes, des agriculteurs accueillent des visiteurs et leur permettent de passer la nuit sur leurs terres. Certains, comme Eleanor McGrath et Matthew Larivée, offrent à leurs convives de dormir dans des yourtes.

La yourte est une tente traditionnelle utilisée par les peuples nomades qui vivent dans les steppes de l’Asie centrale, notamment en Mongolie. Celles-ci sont de plus en plus populaires au Canada. 

Il y en a dans différents parcs nationaux un peu partout au pays : Mont-Riding au Manitoba, la Péninsule-Bruce en Ontario, Fundy au Nouveau-Brunswick, au parc national et lieu historique national Kejimkujik en Nouvelle-Écosse ou encore dans certains parcs de la Sépaq au Québec.

Des yourtes à Powassan

À Powassan dans le Nord de l’Ontario, Matthew Larivée et sa famille ont construit deux yourtes pour accueillir des visiteurs. «J’ai découvert les yourtes il y a environ 15 ans, avant d’avoir une ferme. C’est devenu sorte une passion pour moi!»

M. Larivée construit lui-même ses yourtes et donne des ateliers pour enseigner la fabrication aux gens intéressés. «Vous pouvez les construire de toutes les tailles. Nous avons une yourte double dont les diamètres sont de 18 pieds et 14 pieds; ce sont des cercles. J’en ai une de 20 pieds de diamètre que nous sommes sur le point d’installer.»

Dans le Nord ontarien, à Powassan, Matthew Larivée et sa famille ont construit deux yourtes pour accueillir des visiteurs.

Photo : Matthew Larivée - Foxfire Heritage Farm

Tous les matériaux qui servent à ériger ces yourtes proviennent de l’Ontario. «Le feutre et la toile qui servent à couvrir la yourte proviennent de deux compagnies qui sont basées dans le sud de l’Ontario. Pour les murs, j’utilise du bois d’œuvre moderne […] et pour les poteaux du toit je récolte du bois ici à la ferme.»

Récemment, les Larivée ont remporté le prix Northern Spark Tourism Award remis en partenariat par Destination Northern Ontario, Excellence North et Ontario Tourism Innovation Lab. Ceci leur permettra d’ériger et d’installer leur deuxième campement de yourte. 

«Nous avons participé au programme Spark Tourism Award. C’était un peu comme à l’émission Dragons’ Den : nous étions six finalistes et chacun de nous a fait son argumentaire de vente devant un groupe de juges. […] Nous allons recevoir une bourse de 3000 $ qui nous aidera à payer pour la deuxième yourte que nous allons ériger, de la signalisation et du matériel éducatif que nous allons installer un peu partout sur la ferme, de sorte que quand des invités viendront, ces derniers pourront en apprendre davantage sur nos opérations, à propos des races traditionnelles que nous élevons, ainsi que sur les différentes choses qui se passent à la ferme.»

«L’expérience est différente pour tout le monde. Ce qui me passionne, c’est d’éduquer les gens à propos des races traditionnelles que nous tentons de préserver sur notre ferme, à propos de l’agriculture de petite échelle, l’agriculture régénératrice, donner une idée aux gens de ce à quoi ça ressemble sur une petite ferme durable dans le Nord de l’Ontario. Nous avons 70 acres de boisés, une érablière [et] des sentiers qui traversent le tout. Certains visiteurs sont vraiment intéressés.»

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C’est un peu par hasard qu’Eleanor McGrath a découvert une compagnie qui lui a permis de développer son projet et sa vision.

Photo : Eleanor McGrath – Springfield Farm

Une yourte à Apple Hill

Dans le coin d’Apple Hill, près d’Alexandria dans l’Est ontarien, Eleanor McGrath et Finbarr McCarthy sont propriétaires de la Springfield Farm. Chez eux, on croit beaucoup aux impacts positifs de l’agrotourisme.

Eleanor McGrath et sa famille ont eu une idée il y a quelques années : «En 2017, ma fille et son copain — qui est maintenant son fiancé — ont voyagé en Hollande et ont dormi sur une ferme dans une tente militaire. Je me souviens m’être dit : “Wow! Comme c’est cool! Nous pourrions faire ça!”»

L’idée a fait son chemin et Eleanor McGrath a amorcé ses recherches. C’est un peu par hasard qu’elle a découvert une compagnie qui lui a permis de développer son projet et sa vision : «Je suis tombée sur une compagnie canadienne qui s’appelle Yurta. […] Notre yourte a été faite sur mesure en fonction de ce que nous voulions. La porte fait sept pieds de hauteur. Il y a un petit puits de lumière […]. La yourte est isolée avec du feutre qui est fait au Canada et qui garde la chaleur. Donc, durant l’hiver, si vous êtes assez brave, il y a un petit poêle à bois et vous pouvez y rester!»

«La yourte nous a vraiment permis de penser plus gros pour inviter les gens sur notre ferme et notre propriété. […] Que ce soit pour le tourisme en Ontario, ou au Québec, partout au pays [les gens] doivent commencer à encourager et entretenir ces relations avec les petites. Si vous voulez promouvoir l’agrotourisme, vous devez faire en sorte que les gens soient capables de vous rendre visite.»

Le partage

L’expérience de yourtes à la ferme apporte de nombreux avantages autant du côté des visiteurs que des hôtes. C’est une expérience agrotouristique hors du commun, qui se développe de plus en plus sur le marché. Pour Matthew Larivée, c’est une chance de partager sa passion pour l’agriculture. 

«Le meilleur de l’agrotourisme, c’est d’exposer des gens qui n’ont pas accès directement au monde agricole à ce que ça implique d’amener quelque chose de sa naissance à sa finition, leur montrer à quoi ressemble ce processus. C’est aussi inspirer ceux qui sont eux-mêmes intéressés à se lancer en agriculture», conclut-il.

Forest Atkinson, une habituée de la yourte, s’est rappelé son premier passage dans la yourte d’Eleanor McGrath : «Je me souviens m’être dit : “Tout ça est pour moi !” J’ai l’impression qu’Eleanor et son mari ont pensé à tout !»

Photo :Eleanor McGrath – Springfield Farm