le Samedi 3 Décembre 2022
le Jeudi 24 mars 2022 15:52 | mis à jour le 24 mars 2022 15:57 Arts et culture

Métamorphose pour une vitrine du centre-ville

Céline Lepage au milieu de sa création, Métamorphose — Photo : Julien Cayouette
Céline Lepage au milieu de sa création, Métamorphose
Photo : Julien Cayouette
Sudbury — La Place des Arts ne sera pas le seul nouveau lieu de création artistique francophone du centre-ville. Le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) a lancé l’initiative Vivarium, qui offre un espace d’expérimentation et de démonstration à travers une vitrine aux artistes émergents dans l’ancienne boutique Village international sur la rue Durham.

Métamorphose de Céline Lepage

Photo : Julien Cayouette

Céline Lepage est la première artiste à avoir profiter de la visibilité. L’ancienne des Draveurs de l’École secondaire Macdonald-Cartier est revenue à Sudbury pendant la pandémie. Elle touche aux arts visuels et multimédias.

Entre le 18 et le 22 mars, son projet Métamorphose était présenté dans la vitrine. Il était composé de fleurs et d’un petit étang faits en majeure partie avec des matériaux pigés dans le centre de production du TNO, d’une robe de mariée et d’un poème écrit et interprété par Chloé Thériault sur une musique du nouvel album instrumental de Mimi O’Bonsawin, accessible par un code QR posé sur la fenêtre.

La fin de l’hiver est l’inspiration derrière cette mini exposition. «Le printemps s’en vient, je suis tanné de l’hiver et j’ai hâte de sortir dehors. Je veux inspirer les gens à sortir pis prendre un peu de temps pour explorer le printemps», décrit Mme Lepage.

Offrir une fenêtre sur les idées

«C’est tellement généreux d’avoir une organisation qui veut donner l’opportunité à des artistes de créer quelque chose qui leur est unique», exprime Céline Lepage. 

L’idée de la directrice artistique du TNO, Marie-Pierre Proulx, est justement d’offrir cet espace à des artistes qui, par exemple, ont une démarche créative en cours et pour encourager les gens à passer par le centre-ville. 

«L’idée est aussi née de la 5e vague de la COVID, explique Mme Proulx. Tout à coup, on s’apprêtait à reprendre notre saison, à remettre les spectacles sur les rails. Encore une fois, tout est incertain, tout tient à un fil, alors on s’est dit qu’on voulait un projet qui va pouvoir avoir lieu, peu importe ce qui arrive.» 

L’édifice de la rue Durham abrite maintenant le «centre de production» du TNO. Le théâtre y entrepose ses costumes et d’autres items pour lesquels ils n’auront pas d’espace à la Place des Arts. «Ça devient aussi une façon pour nous d’offrir un petit lieu pour des artistes qui cherchent un lieu pour répéter, pour du travail de table», ajoute la directrice. 

Le local du rez-de-chaussée comporte une grande vitrine qui permet la présentation de différents types de créations. Situé juste en face du YMCA, ce coin du centre-ville est en temps normal assez passant. L’édifice est utilisé par les organismes de la Place des Arts depuis la fermeture de la boutique. La Galerie du Nouvel-Ontario y a entre autres tenu le Nouveau Louvre.

Pour Vivarium, les artistes sont libres de présenter ce qu’ils désirent, mais il y a évidemment la contrainte de la vitrine qui bloque le son. Tout de même, cette barrière physique importante en temps de pandémie peut permettre d’explorer certains types d’art de la scène en toute sécurité.

Marie-Pierre Proulx ne sait pas encore si l’idée se poursuivra ou se transformera à long terme, mais elle espère qu’elle pourra continuer d’offrir cette visibilité.

Éric Lapalme

Photo : Archives

À venir : M. Porcelaine

La vitrine ne sera pas uniquement un espace pour des expositions d’art visuel. Éric Lapalme y offrira, le 25 mars en soirée, une première performance théâtrale.

Il présentera une petite partie d’un spectacle de clown qu’il prépare intitulé M. Porcelain : Cicatrices. «Ma première étape est vraiment de présenter une répétition publique. Avec Vivarium, on peut restructurer avec une espèce de spectacle vitrine… quelque chose qui est beaucoup plus libre de structures», explique Éric Lapalme.

«Avec M. Porcelain : Cicatrices, je veux explorer, oui l’humour; ça vient avec le clown, mais aussi le grand thème de la souffrance. Qu’est-ce que ça veut dire par exemple être dans un même bateau, qu’on souffre tous en même temps, mais qu’on ne peut pas se voir. On ne peut pas se réconforter.»

Il avait déjà commencé sa réflexion dans la première année de la pandémie, mais la coupe des programmes à la Laurentienne l’a atteint «comme une bombe à la tête». «Je me suis dit que c’était le bon moment de m’exprimer artistiquement, parce que c’est peut-être une des meilleures façons pour moi de mettre au défi tout ce que je ressens à travers ces cicatrices-là, mais aussi pour le partager avec ma communauté.»

Pour voir les premiers résultats de cette réflexion d’Éric Lapalme, il suffit de se présenter devant le 163, rue Durham le 25 mars à 19 h 45 ou 20 h 30.

La dernière performance annoncée pour l’instant sera celle de France Huot et Jenny Hazelton, Hoquet/Hiccup, les 29 et 30 avril.