le Samedi 1 octobre 2022
le Vendredi 1 avril 2022 22:52 | mis à jour le 1 avril 2022 22:54 Divers

Kapuskasing : une nouvelle version de son histoire

Être ou ne pas être des pionniers dans le Nord de l’Ontario, c’est une incursion dans le Kapuskasing des années 1910 et 1920. — Photo : Courtoisie
Être ou ne pas être des pionniers dans le Nord de l’Ontario, c’est une incursion dans le Kapuskasing des années 1910 et 1920.
Photo : Courtoisie
Une 2e publication pour Dominique Villeneuve

Dominique Villeneuve présente un deuxième ouvrage historique sur les débuts de Kapuskasing.

Photo : Courtoisie

Kapuskasing — Dominique Villeneuve présente un deuxième livre : Être ou ne pas être des pionniers dans le Nord de l’Ontario. Apte ou inapte. Grâce aux mémoires d’une des premières résidentes de Kapuskasing, l’auteur revient sur l’époque de la construction du Camp Kapuskasing, de la colonie de soldats et de vétérans, de la construction de la première usine Spruce Falls et de l’incorporation de la Ville. 

Le livre publié à compte d’auteur couvre la période de 1913 à 1924, celle qui a vu naitre la Ville modèle du Nord.

Ce deuxième récit est né grâce au premier livre de Dominique Villeneuve : Héritage par défaut, une docufiction se déroulant au camp de prisonniers de guerre de Kapuskasing. En le lisant, un homme a reconnu la photo de la maison de ses grands-parents. De fil en aiguille, il a envoyé à l’auteur une copie des mémoires que sa grand-mère, Gertrude Stewart, avait écrites dans les années 1960. 

Une famille de pionniers

Gertrude Stewart se serait établie à Kapuskasing vers 1913, alors que son mari était garde forestier pour le ministère des Terres et Forêts. Le couple avait trois filles.

Albert Stewart connaissait déjà Kapuskasing : il avait fait partie de l’équipe d’arpentage du chemin de fer en 1910. À partir de décembre 1914, il aurait dirigé le défrichement du site de Kapuskasing par les prisonniers de guerre. «Il avait toujours accès au camp, il était un peu le gérant [du chantier]», explique M. Villeneuve. 

«[Les Stewart] ont été les témoins de toute l’évolution à partir de 1913», précise le féru d’histoire. Dans son livre, il a voulu couvrir les premières années suivant l’incorporation de la Ville, en 1921. Albert Stewart a d’ailleurs été conseiller municipal en 1921, puis maire de la Ville de 1922 à 1924. 

«Le moulin avait été construit, mais ça ne roulait pas sur des roulettes tous les jours», soulève M. Villeneuve. Rappelons que le complexe industriel Spruce Falls, aménagé à partir de 1920, a connu un agrandissement substantiel à l’entrée en scène du New York Times, en 1926.

Chez les Stewart, un prisonnier venait laver les planchers, rentrer le bois, rentrer l’eau. «Dans ses écrits, Mme Stewart dit : «son nom était long comme ma plume, mais le commandant m’avait demandé de l’appeler Joe». Elle n’a jamais vraiment su son nom.

Le petit-fils de Gertrude Stewart a remis à l’auteur une copie des mémoires que sa grand-mère a rédigées dans les années 1960. 

Photo : Courtoisie

Les Stewart avaient alors déjà quitté Kapuskasing, selon un document de la Ville d’Aurora et les mémoires d’une des filles du couple. Ils se seraient établis à Aurora en 1925. 

Un livre grâce aux archives numérisées

Être ou ne pas être des pionniers est un complément à Héritage par défaut, estime l’auteur. Le premier livre, publié à compte d’auteur en 2014, «c’était le camp d’internement vu de l’intérieur, rappelle-t-il. Là, il est question du camp d’internement vu de l’extérieur.» 

Héritage par défaut a nécessité plusieurs visites aux archives nationales, à Ottawa, tandis qu’Être ou ne pas être des pionniers s’appuie sur les mémoires de Mme Stewart ainsi que sur quelque 400 articles, surtout du Toronto Star et du Porcupine Advance, accessibles en ligne.

M. Villeneuve y a trouvé les récits des grands incendies de forêt de la région : «Les feux, c’était un désastre; le bois était tellement proche des maisons. On raconte tous les feux de Cochrane, Iroquois Falls et Val Gagné. Ils trouvaient des familles blotties dans le fond des maisons. Ça faisait partie de leur vie», laisse-t-il tomber. Les Stewart ont vu deux fois leur maison rasée par les flammes.

On peut se procurer Être ou ne pas être dans pionniers dans le Nord de l’Ontario en versions française ou anglaise à la radio CKGN de Kapuskasing et chez Moonbeam Country Store au cout de 30 $. On peut aussi communiquer directement avec l’auteur.