le Mercredi 30 novembre 2022
le Vendredi 1 avril 2022 22:42 Francophonie

Toujours trouver la force de persévérer

Daniel Paquin — Photo : Philippe Mathieu
Daniel Paquin
Photo : Philippe Mathieu
Journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme

Azilda — Daniel Paquin, 25 ans, a reçu un diagnostic d’autisme à l’âge de deux ans. Pour lui, les difficultés étaient évidentes en grandissant, mais il a appris à toujours persévérer. Profitons de la Journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme, qui aura lieu le 2 avril, pour apprendre à le connaitre.

«L’autisme, vraiment, c’est une anomalie de la communication. C’est pour ça que, des fois, on peut voir des enfants autistes qui se choquent; c’est parce qu’ils n’ont aucune idée qu’est-ce qu’ils doivent communiquer et comment le faire. La seule chose qu’ils savent faire, c’est des gestes comme se fâcher et montrer de grandes émotions», explique Daniel Paquin.  

Dans son enfance, il avait lui-même de la difficulté à communiquer. Ses parents ont toujours été capables de lui fournir l’aide dont il avait besoin. Il a dû suivre différents types de thérapie pour être capable de converser et d’expliquer ces pensées. 

«Quand j’étais jeune, je faisais beaucoup de pointage et des différents sons pour essayer d’expliquer ce que je voulais», dit-il. 

La photo de finissant du secondaire de Daniel Paquin

Photo : Courtoisie

Un symptôme commun entre les autistes est une certaine dépendance des routines. «Mes parents ont toujours mis une grosse importance sur mes routines. J’allais toujours me coucher à la même heure et si quelque chose interrompait cela, je devenais maribou, raconte-t-il. Par exemple, s’il y avait quelque chose qui se passait hors de l’ordinaire dans l’horaire journalier de mon école, je devenais tout débobiné. Je ne savais pas où me placer. Par exemple, si un jour on était supposé de faire mathématique à 11 h et on fait autre chose, ça me mêlait beaucoup.»

Il a aussi dû apprendre à contrôler ses sens. Les sons forts étaient particulièrement difficiles à gérer. «Imagine que tout ce que tu entends monte beaucoup en volume. Alors les sons qui sont déjà forts le deviennent encore plus. Je me souviens que même la cloche de l’école me faisait mal aux oreilles», dit-il.

Surmonter les défis

Originaire d’Azilda, Daniel Paquin raconte qu’il a pu trouver la solitude dont il a parfois besoin dans certaines activités qu’il appréciait faire avec sa famille, comme la chasse et la musique. Bien que ces activités lui viennent naturellement aujourd’hui, il a quand même dû surmonter certains problèmes. 

«Par exemple, pour la chasse, j’ai toujours voulu tirer du fusil. Et je me suis dit que si je tire d’un fusil, il faut que je me débarrasse du sensory overload. Donc, il a fallu surmonter ce défi-là pour faire ce que j’aime.»

M. Paquin comprend aujourd’hui que certains de ses enseignants n’étaient pas entièrement équipés pour lui fournir ce dont il avait besoin. «Les enfants autistes ont besoin de beaucoup d’attention et d’amour. Certains professeurs ne le savaient vraiment pas et ça a causé certains défis à l’école.»

Il mentionne qu’il a pu trouver un bon espace avec son meilleur ami à l’école qui est également autiste, Julien Lavallée. «On faisait vraiment tout ensemble. C’est vraiment bien, car on se comprenait», dit-il. 

Aller à l’encontre des stéréotypes

Daniel Paquin a terminé ses études secondaires et a décidé de poursuivre un baccalauréat en Géographie à l’Université Laurentienne.

«C’est drôle, car il y avait un docteur qui nous a dit que je ne serais pas capable de graduer de l’école secondaire», dit-il. Il a reconnu durant son séjour universitaire que la géographie et l’histoire sont deux grands sujets qui le passionnent. 

À la suite de l’obtention de son baccalauréat, il a décidé de s’inscrire au programme de Techniques en environnement forestier et faunique du Collège Boréal. «C’était durant ce temps-là que j’ai réalisé que je voulais me lancer en enseignement», dit-il. C’était une chose facile à reconnaitre pour lui après avoir remarqué à quel point il aimait donner du tutorat à un camarade de classe.

M. Paquin en est à son dernier semestre à l’École des sciences de l’éducation de l’Université Laurentienne. Il a également l’intention de se certifier en Enfance en Difficulté. «Je le sais déjà ce que ces jeunes ont de besoin, puisque j’étais à leur place. C’est vraiment quelque chose que je veux faire», dit-il.

Il reconnait qu’il a beaucoup progressé au cours de sa vie. «J’en dois beaucoup à mes parents. C’est du monde très persévérant et ils n’ont jamais lâché. Ils m’ont toujours encouragé», souligne-t-il.