le Samedi 1 octobre 2022
le Jeudi 7 avril 2022 10:41 | mis à jour le 7 avril 2022 22:19 Éducation

Le fédéral et l’Ontario mettent la main à la poche pour l’Université de Hearst

De gauche à droite et de haut en bas : la ministre des Langues officielles Ginette Petitpas Taylor ; Fabien Hébert, président du Conseil des gouverneures et gouverneurs de l’Université de Hearst ; Marc Serré, secrétaire parlementaire aux langues officielles et Luc Bussières, recteur de l’Université de Hearst.  — Photo : Capture d’écran
De gauche à droite et de haut en bas : la ministre des Langues officielles Ginette Petitpas Taylor ; Fabien Hébert, président du Conseil des gouverneures et gouverneurs de l’Université de Hearst ; Marc Serré, secrétaire parlementaire aux langues officielles et Luc Bussières, recteur de l’Université de Hearst.
Photo : Capture d’écran
Hearst — Dans le cadre d’une entente Canada–Ontario pour l’amélioration de l’éducation postsecondaire en français, l’Université de Hearst reçoit 5,7 millions $. L’annonce a été faite le 28 mars, la deuxième du genre en une semaine, par la ministre des Langues officielles Ginette Petitpas Taylor.

Deux projets de l’Université de Hearst vont bénéficier de ces 5,7 millions $. Dans un premier temps, le gouvernement du Canada accorde près de 1,9 million $ sur trois ans à l’établissement pour enrichir son offre de programmes d’études.

L’entente précise que ces fonds serviront également à l’embauche de professeurs et à l’élaboration d’une «stratégie de promotion de la santé mentale et du bienêtre pour favoriser la rétention et la réussite des étudiants et étudiantes». L’Université de Hearst, grâce à l’appui du gouvernement de l’Ontario, injecte plus d’un million de dollars sur trois ans à ce projet.

Des espaces rénovés

Le second projet vise la rénovation de «plusieurs salles et espaces» d’enseignement de l’Université de Hearst, grâce à une enveloppe de 887 500 $ provenant du gouvernement fédéral et une autre de 1,8 million $ sur deux ans de la part de la province. 

«L’augmentation de nos inscriptions au cours des huit dernières années, notre utilisation des technologies et l’ajout, cet automne, de notre premier programme de deuxième cycle, un diplôme d’études supérieures en psychothérapie font que nous devions absolument repenser nos installations», a précisé le recteur de l’Université, Luc Bussières pendant la conférence de presse.

«La modernisation de l’infrastructure de l’Université de Hearst lui permettra de se distinguer plus que jamais comme établissement postsecondaire de choix. L’appui pourra également stabiliser et appuyer le développement de l’Université en intégrant des étudiants internationaux et renforcer les services de soutien offerts à ces étudiants», a déclaré la ministre Petitpas Taylor.

Les fonds de l’Ontario proviennent de l’Entente Canada-Ontario relative à l’enseignement dans la langue de la minorité et à l’enseignement de la seconde langue officielle 2020-2021. Les fonds fédéraux proviennent du programme Développement des communautés de langues officielles inclus dans le Plan d’action pour les langues officielles (PALO) 2018-2023 qui prévoit 67,3 millions $ de nouveaux investissements en infrastructures éducatives et communautaires.

Du côté du fédéral, ces fonds proviennent d’une «enveloppe séparée, pour des investissements d’infrastructures et non du postsecondaire», avait affirmé la ministre Petitpas Taylor lors d’une annonce similaire le 21 mars pour l’Université Saint-Paul à Ottawa

121 millions $ sur trois ans : sommes prévues par le fédéral pour l’éducation postsecondaire en situation minoritaire au budget 2021-2022. 

80 millions $ par an entre 2021 et 2023 : sommes supplémentaires réservées aux infrastructures postsecondaires qui desservent les CLOSM

Le campus de l’Université de Hearst

Photo : Éric Boutilier

Diminution des investissements de Patrimoine canadien

En 2021, une étude de la firme Sociopol pour le compte de Patrimoine canadien révélait que les montants investis par ce ministère diminuaient ces dernières années.

 «En 2018-2019, comme par les années passées, Patrimoine canadien a versé environ 15 millions $, par le biais d’un programme de fonds complémentaires, aux établissements postsecondaires membres de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC)», affirment les auteurs de l’étude.

À lire aussi : La francophonie, parent pauvre du postsecondaire

Les chercheurs précisent qu’«au total, considérant que les taux d’inflation ont varié entre 1,1 % et 2,9 % dans les 20 dernières années, la valeur des montants investis par le ministère du Patrimoine canadien a diminué». 

En outre, l’étude affirme que «les programmes de financement fédéraux, qui nécessitent une contrepartie provinciale, semblent désavantager certains établissements postsecondaires qui rencontrent des défis pour convaincre leur gouvernement provincial et, parfois, leur établissement hôte, d’injecter des fonds dans des projets spéciaux. Lors d’un refus de la province, les établissements sont amenés à revoir l’ampleur des projets proposés à la baisse ou à les abandonner tout simplement».