le Mercredi 25 mai 2022
le Lundi 11 avril 2022 15:38 | mis à jour le 11 avril 2022 15:39 Éducation

L’aide pour la garde d’enfants arrive, mais lentement

Les Ontariens paient actuellement entre 35 $ et 90 $ par jour pour la garde de leurs enfants. — Photo : RODNAE Productions -Pexels
Les Ontariens paient actuellement entre 35 $ et 90 $ par jour pour la garde de leurs enfants.
Photo : RODNAE Productions -Pexels
Sudbury — La province de l’Ontario et le gouvernement fédéral ont annoncé le 28 mars une entente pour offrir aux Ontariens des places en garderie à 10 $ par jour d’ici 2025. Bien que l’accord soit accueilli favorablement par beaucoup, la confusion et l’inquiétude persistent.

L’entente entre les deux paliers de gouvernement signifie que les parents ontariens verront une grande réduction dans les frais pour envoyer leurs enfants à la garderie. Selon le Globe and Mail, les Ontariens paient actuellement entre 35 $ et 90 $ par jour pour la garde de leurs enfants, ce qui peut représenter une facture mensuelle de 700 $ à 1800 $ ou plus. 

L’entente indique que la facture mensuelle passerait à un peu plus de 200 $, selon le nombre de jours de garde dans le mois. «C’est certainement une excellente nouvelle pour les parents, c’est clair», dit le directeur général du Carrefour francophone de Sudbury, Stéphane Gauthier. 

Toutefois, la réduction des frais ne se fera pas du jour au lendemain. Il s’agira plutôt d’une transition graduelle. En mai, les parents qui envoient leurs enfants âgés de 5 ans ou moins dans des garderies participantes verront leurs frais réduits de 25 %, rétroactifs au 1er avril. Une autre diminution de 25 % prendra effet en décembre. Ces réductions continueront jusqu’à ce que les parents voient une moyenne de 10 $ par jour d’ici 2025. 

«Je peux dire que le Carrefour [francophone] va adhérer au programme. On est très content pour les familles. Tout le monde va en bénéficier», indique M. Gauthier.

Le directeur général explique qu’il manque encore de nombreux détails importants sur la manière et le moment où les parents obtiendront leurs remboursements. «On n’a pas encore les détails sur comment on va être capable de rembourser dès le mois de mai. On patiente», dit-il.  

Le directeur général du Carrefour francophone de Sudbury, Stéphane Gauthier.

Photo : Archives

Les inconnues

Le plan prévoit également la création de 86 000 nouvelles places en garderie et des augmentations de salaire pour les éducatrices de la petite enfance (EPE). Sur ce point, M. Gauthier aurait souhaité avoir plus de détails rapidement.

«On est inquiet pour les éducatrices. D’après les informations qu’on a, ce sont seulement les éducatrices qui sont membres de l’Ordre [des éducatrices et des éducateurs de la petite enfance (OEPE)] qui auraient une légère augmentation. Nous avons plusieurs éducatrices qui sont membres de l’ordre déjà qui sont au sommet du salaire suggéré, alors je ne vois pas comment on va en bénéficier tant que ça. Mais encore, nous n’avons pas tous les détails», dit-il.

Il mentionne que le carrefour connait une grande pénurie de main-d’œuvre, comme le reste de la province, pour les EPE. Il espère qu’il y aura des détails sur l’amélioration des conditions de travail. «Sur la question des conditions de travail, je ne vois pas comment ça va nous avantager pour le recrutement et la rétention. C’est impossible de combler 86 000 places s’il n’y a pas de meilleures conditions», explique-t-il.

Et avec les frais des services de garderie maintenant en décroissance, la demande de ce service augmentera évidemment, ce qui pourrait aggraver la pénurie. «Nous sommes craintifs, mais nous espérons que le plan contient des solutions», dit-il.

L’Association francophone à l’éducation des services à l’enfance de l’Ontario (AFÉSEO) est également heureuse de la nouvelle et espère que les familles francophones profiteront tout autant de l’annonce. «Ce financement nous rapproche du rêve que nous avons pour tous les jeunes enfants francophones de l’Ontario ; avoir accès à un programme éducatif de haute qualité, peu importe la situation financière de sa famille et sa situation géographique», souligne dans un communiqué la présidente de l’AFÉSEO, Johanne Dupré.

Dans le même message, l’Association dit être « impatiente de connaitre les détails de la mise en œuvre de cette entente, particulièrement en ce qui concerne le financement destiné aux services à l’enfance francophones».