le Mardi 29 novembre 2022
le Jeudi 14 avril 2022 15:34 Éducation

Bonne retraite, M. Gauthier

Marc Gauthier — Photo : Archives
Marc Gauthier
Photo : Archives
Nord-Est ontarien — Le directeur de l’éducation du Conseil scolaire public du Grand Nord de l’Ontario, Marc Gauthier, est officiellement à la retraite depuis le 4 avril. Le natif d’Earlton a travaillé pendant 30 ans dans le domaine de l’éducation en Ontario. Il a vécu plusieurs combats, vu plusieurs changements.

«Je pense que l’éducation, on la percevait beaucoup comme un art avant. Maintenant, c’est une science d’enseigner.» Les recherches et les expériences ont permis de comprendre ce qui fait de quelqu’un un bon enseignant en salle de classe. M. Gauthier considère cette évolution du domaine comme le plus grand changement dont il a été témoin au cours de ses années de métier.

Il a aussi vu la désyndicalisation des directions d’école et la création de l’Office de la qualité et de la responsabilité en éducation (OQRE) et de ses tests. 

«J’avais lancé en farce au personnel quand j’ai commencé [en 2014] que je voulais avoir 3000 élèves quand je quitterais le CSPGNO.» Il n’est pas si loin de cette cible avec environ 2700 élèves. «C’était plus pour se donner un point de mire et continuer le beau travail que les gens font.» 

Sans vouloir prendre le crédit pour du travail d’équipe, Marc Gauthier mentionne la création du Consortium pour les élèves du Nord de l’Ontario (CÉNO) comme un point fort de son passage à la tête du CSPGNO. «C’était une initiative entre le CSPGNO et le Conseil scolaire public du Nord-Est de l’Ontario au début. Maintenant, c’est un organisme pour les six conseils du Nord.» 

Le CÉNO est un partage de services principalement en santé mentale pour tous les élèves des conseils scolaires de langue française du Nord de l’Ontario.

Il a aussi supervisé l’ouverture de la nouvelle école élémentaire de Blind River, de Rivière des Français et d’Elliot Lake. Il avait cela terminé le travail commencé par Pierre Riopel pour l’ouverture de l’école de Sault-Ste-Marie.

Les effets à long terme de la pandémie

«Les dernières années de pandémie sont venues mettre un frein pas mal raide à plusieurs initiatives et choses que l’on avait mis en place», dit Marc Gauthier. Il y a même eu des reculs dans certains cas, croit-il. 

Les passages multiples en virtuel puis en classe forçaient chaque fois de réinventer comment l’enseignement et les services étaient prodigués. «C’était assez exigeant. Et ce qui est triste, c’était qu’il y avait de super de belles choses qui se faisaient dans le système et, à cause de la pandémie, on ne pouvait plus les faire. Les gens ont fait tout ce qu’il pouvait et je pense que malgré tout, on s’en sort assez bien, mais il y a quand même des retards académiques chez les élèves.»

La santé mentale de tout le monde a aussi été affectée. Beaucoup de travail avait été fait auprès des élèves, mais une bonne partie est maintenant à relancer ou recommencer. «Ça fait longtemps que l’on travaille la question de la résilience auprès de nos élèves. Évidemment, il faut continuer à le travailler. La pandémie nous a démontré que c’est encore sensible.»

Tu ne peux pas enseigner 1+1=2 si l’enfant est tout croche, s’il n’est pas bien dans sa peau. Il faut prendre soin de l’être humain avant de prendre soin de l’académique

— Marc Gauthier

Les retards académiques provoqués par la pandémie seront le principal défi du système d’éducation au cours des prochaines années, croit le directeur à la retraite. Les écarts se sont agrandis. 

Il se gardera occupé, même à la retraite. Il reste membre du conseil d’administration de l’ACFO du grand Sudbury. Il a aussi été nommé coprésident du comité Population Health, Community Safety and Wellbeing de la Ville du Grand Sudbury. Ce comité existe depuis 2019 et il doit maintenant mettre en place des mesures qui assureront le bienêtre de la communauté. «Ça ressemble beaucoup à ce que je faisais au niveau du conseil», mais au niveau communautaire.

Marc Gauthier  a étudié en commerce puis à l’école de l’éducation à l’Université Laurentienne avant d’aller faire sa maitrise à l’Université d’Ottawa. Il a commencé à travailler à Pembroke comme enseignant et directeur d’école pendant 10 ans avant de revenir à Sudbury au Conseil scolaire public du Grand Nord de l’Ontario (CSPGNO). Il a d’abord été directeur, puis surintendant à l’éducation avant de prendre la direction après le départ de Pierre Riopel.

Ne manquez rien de ce que nous publions sur le site.

Le Voyageur offre une vue d’ensemble de la francophonie et de la vie dans le Nord-Est de l’Ontario.