le Mardi 24 mai 2022
le Dimanche 24 avril 2022 13:23 | mis à jour le 24 avril 2022 19:31 Arts et culture

Changement de style réussi

Critique - L’incendiaire de Sudbury — Numérisation
Critique - L’incendiaire de Sudbury
Numérisation
Critique - L’incendiaire de Sudbury

L’incendiaire de Sudbury

Numérisation

Chloé LaDuchesse vient de voir paraitre son premier roman, L’incendiaire de Sudbury (Éditions Héliotrope, 2022). Elle y démontre qu’elle est aussi habile à jongler avec les mots pour en créer des poèmes que pour créer une intrigue policière. 

Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, elle a été poète officielle de la Ville du Grand Sudbury et est maintenant éditrice aux Éditions Prise de parole. Son recueil de poésie Exosquelette (Éditions Mémoire d’encrier, 2021) a été finaliste au Prix du Gouverneur général et elle est l’invitée d’honneur au Salon du livre du Grand Sudbury pour l’édition 2022. Surtout connue pour sa poésie, elle élargit son style d’écriture en s’intéressant au roman noir.

L’incendiaire de Sudbury suit Emmanuelle, une designer de site web embauchée par des gens pas tous réglos. Elle découvre le vieil agenda de son ex, César, qui semble avoir disparu — jusqu’alors, elle croyait qu’il l’avait ghostée — et commence à mener une enquête pour tenter de découvrir ce qui a pu lui arriver. Qui lui en aurait voulu? Sa femme qui aurait découvert ses infidélités? Mais Emmanuelle se rend compte que César n’est pas le seul à manquer à l’appel, puisque de nombreux autres hommes ont également été portés disparus, quoique ces derniers sont surtout des sans-abris. Est-elle en train de dévoiler au grand jour un énorme complot?

Les personnages dans ce roman semblent être peaufinés puisqu’ils sont d’une vraisemblance impressionnante. Par exemple, on découvre une Emmanuelle qui semble propice à abuser de l’alcool alors qu’elle a peu de moyens : «J’aurais dû retourner chez moi, me mettre au travail — Yannis récompensait généreusement l’assiduité; or la perspective d’une rentrée d’argent prochaine me poussa à commander une autre bière — allez, une dernière — que m’apporta Andy, le barman de soir.» (p. 24) Le réalisme de ce roman permet aux personnages de prendre vie hors des pages du roman. 

Sudbury se démarque dans le livre en tant que personnage à part entière. Les descriptions de la ville la rendent vivante. Ce n’est pas une Sudbury fictive, mais bien une représentée de manière extrêmement réaliste. On y parle de certains quartiers, comme le Donovan, des rues, des gens qui y habitent, des villes adjacentes et même des ours. 

L’intrigue est intéressante et bien ficelée. Certains retournements de situations et le dénouement final sont inattendus. La progression est vraisemblable et la solution ne nous est pas offerte sans indices. Il est donc possible pour le lecteur de deviner ce qui est arrivé à César Herman.