le Vendredi 27 mai 2022
le Mercredi 4 mai 2022 12:28 Éducation

Assemblées citoyennes sur l’avenir de l’éducation franco-ontarienne

«En ayant des discussions proactives sur les besoins de nos élèves, nous serons mieux outillés pour répondre à ceux-ci — l’évolution et la vitalité à long terme de notre communauté s’en trouveront renforcés», explique la présidente de l’AEFO, Anne Vinet-Roy.  — Photo : Shutterstock
«En ayant des discussions proactives sur les besoins de nos élèves, nous serons mieux outillés pour répondre à ceux-ci — l’évolution et la vitalité à long terme de notre communauté s’en trouveront renforcés», explique la présidente de l’AEFO, Anne Vinet-Roy. 
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Ontario — Ouvrir le dialogue avec les membres de la communauté afin de mieux définir une vision collective de l’avenir des écoles au sein du système scolaire francophone est l’objectif visé par l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) à l’occasion de la mise sur pied de deux assemblées citoyennes. La première a eu lieu le 27 avril.

Il y a cinq mois, l’AEFO lançait une réflexion collective provinciale : Entre nos mains : l’école franco-ontarienne de demain. Selon l’AEFO, 1000 personnes ont rempli le sondage, plus de 200 personnes ont participé aux diverses rencontres et plusieurs ont déposé leurs réflexions écrites sur le site web de l’AEFO.

C’est dans la foulée de cette réflexion collective que le syndicat d’enseignants a eu l’idée de mettre sur pied ces assemblées citoyennes. «En ayant des discussions proactives sur les besoins de nos élèves, nous serons mieux outillés pour répondre à ceux-ci — l’évolution et la vitalité à long terme de notre communauté s’en trouveront renforcés», explique la présidente de l’AEFO, Anne Vinet-Roy. 

Pour cette première assemblée virtuelle, une quarantaine de personnes avaient répondu à l’invitation de l’AEFO.

La présidente de l’AEFO, Anne Vinet-Roy

Photo : Archives

Le quoi

Guidés par les consultants de la firme PGF, qui a été mandatée par l’AEFO pour mener à bien les diverses phases de la réflexion collective, les participants présents ont été divisés en trois groupes afin de discuter tour à tour de deux grands thèmes : que voulons-nous transmettre aux jeunes au cours de leur apprentissage et quels sont les modèles d’enseignement et d’apprentissage que nous souhaitons voir dans nos écoles?

À partir des principaux résultats obtenus par PGF lors de la consultation en rapport avec les thèmes discutés le 27 avril, les participants devaient enrichir ce qui avait déjà été récolté. En ce qui concerne les valeurs transmises aux jeunes, les participants virtuels se sont dits d’accord avec le fait qu’il était important de faire des élèves des citoyens éclairés, de mettre une plus grande emphase sur le français, de transmettre une solide construction identitaire et que l’éducation soit inclusive avec également un accès facilité aux nouvelles technologies.

La plénière qui a suivi la discussion en petits groupes a permis des échanges intéressants concernant notamment la pensée critique à développer, les cours d’histoire axés, non seulement sur le Canada, mais aussi sur la découverte d’autres nations. On a également souligné l’importance de montrer aux élèves des modèles bilingues qui ont réussi dans différents domaines de la société.

Présent tout au long de la rencontre, le président de l’Assemblée de la francophonie ontarienne (AFO), Carol Jolin a rappelé deux fois plutôt qu’une qu’il était particulièrement important que «les écoles orientent nos jeunes vers le postsecondaire en français. Il faut qu’on travaille dans cette direction en tant qu’enseignant».

De son côté, l’enseignante retraitée Nicole Fortier-Lévesque, qui a repris du service devant la pénurie d’enseignants, a fait état de son désarroi face à des jeunes qui parlent de plus en plus anglais à l’école. Une situation qu’elle n’avait pas connue jusqu’alors. 

Une autre participante, Hélène Berthiaume, disait que face à cette situation, «il faut que tout le village s’en mêle et qu’il ne faut surtout pas culpabiliser de manière individuelle».

Des enseignants aux premières lignes

Dans la dernière section de la rencontre, outre certaines critiques à l’endroit du programme, les enseignants ont souvent été cités comme étant des facilitateurs auprès des élèves, comme des stimulants au sein d’un système francophone de rêve. 

Le président de l’Association des francophones de la région de York (AFRY), Rémi Nolet, voyait l’enseignant non seulement comme un facilitateur, mais aussi comme quelqu’un qui est engagé et sensibilisé au sein de sa communauté à la question francophone. Idem pour les administrateurs, qui font également partie de ces facilitateurs.

D’autres intervenants ont rappelé également l’importance de donner le gout d’aller à l’école et de son lien avec la communauté.

La prochaine assemblée citoyenne portera sur la transmission de la fierté du fait français dans le système scolaire. Il y sera notamment question des relations entre les acteurs et leurs rôles, des cadres juridiques et règlementaires ainsi que des ressources humaines, financières et physiques.

Pour s’inscrire à la réunion du 11 mai, visitez aefo.on.ca.