le Lundi 16 mai 2022
le Jeudi 12 mai 2022 16:16 Politique

Entrevues d’élections : Gilles Proulx

  Photo : Courtoisie
Photo : Courtoisie
Nickel Belt — Gilles Proulx se présente pour la première fois aux élections provinciales en tant que candidat du Parti libéral dans Nickel Belt. L’enseignant à l’École élémentaire Jean-Paul II croit fortement dans une université francophone du Moyen-Nord de l’Ontario gérée par, pour et avec les francophones. Il a aussi ses idées pour améliorer le système de santé et le système d’éducation en Ontario.

Quelles sont vos priorités si vous êtes élu?

C’est tout d’abord pour améliorer la qualité de vie des gens dans le Nickel Belt. Aussi, c’est de coordonner plusieurs projets entre le fédéral et le provincial. Aussi, si on parle de l’Université Laurentienne, je crois que c’est le temps que nous, les francophones, ayons notre propre université. Une autre de mes priorités est de faire développer le nom de l’Ontario pour que tout le monde puisse travailler ensemble; je veux changer la mentalité de ça. On travaille tous pour la même chose. Les gens sont tannés que les partis politiques se chicanent — c’est le temps qu’on commence à travailler ensemble. 

Des recherches récentes démontrent que les régions rurales ont perdu des services de santé, surtout pour les accouchements. Avez-vous des solutions pour contrer ce problème?

C’est de valeur que l’Université Laurentienne a coupé le programme de Sagefemmes. Il faut rétablir un programme comme ça. C’était le seul programme francophone au Canada hors Québec. Aussi, il faudra développer un programme où les médecins peuvent avoir un incitatif pour aller de ville en ville pour réduire les temps d’attente. Mon père est diabétique et ma mère a deux types de cancer. Ils ont perdu leur médecin puisqu’il a pris sa retraite. Ils doivent attendre des mois avant d’en voir un nouveau. On pourrait possiblement aussi développer, par exemple, une clinique virtuelle pour que les patients puissent au moins avoir leur ordonnance. Justement, j’ai été à Gogama cette semaine. Il n’y a plus de médecins là. Ils doivent aller à Timmins maintenant. C’est le temps qu’on met un système en place pour que des personnes comme eux ne doivent pas voyager des heures sur une route dangereuse pour avoir des services de soins de santé. 

Le sous-financement des institutions postsecondaires est de plus en plus dénoncé partout au pays. Est-ce que vous travaillerez à l’augmentation de ce financement?

Oui, à cent pour cent. C’est ma priorité non seulement comme candidat à Queens Park, mais aussi comme parent. Mon fils a 15 ans. Il ira à l’université bientôt. C’est évident qu’il y a un sous-financement. On est un des pays les plus riches au monde et on parle encore de comment dispendieux est notre système d’éducation. L’éducation, ce n’est pas une dépense; c’est un investissement. […] Il faut changer la formule sur comment on donne notre argent aux collèges et universités, puisque c’est évident que ça ne marche pas. 

Votre réponse aux demandes des francophones de sortir les programmes en français de la Laurentienne?

Je crois que c’est le temps. C’est évident que l’importance de la francophonie à la Laurentienne a été mise dans les mains des gens qui ne font pas partie du domaine de l’éducation. Ils ont regardé à tout ça comme une dépense et non comme un investissement. Donc, ça serait une de mes priorités, c’est-à-dire de s’assurer que les programmes seront transférés à l’Université de Sudbury ou l’Université francophone pour le Moyen Nord, peu importe son nom, ainsi que d’aider cette institution autant que possible. Et si on n’offre pas ces programmes ici, les jeunes vont tout simplement déménager hors de la ville. J’ai entendu les craintes d’autres parents qui m’ont dit que les chances sont petites que leurs enfants vont vouloir revenir au Nord si c’est le cas. On ne veut pas perdre nos jeunes francophones, ça fait partie de notre langue et de notre culture ici. On doit travailler ensemble pour avoir une forte institution par et pour les francophones. 

Votre parti a une grosse pente à remontrer. Comment êtes-vous différent du parti dirigé par Dalton McGuinty et Kathleen Wynne?

Comme on dit, nous avons un nouveau plan, un nouveau leadeur et de nouveaux candidats. Nous voulons donner une plus grande autonomie au Nord de l’Ontario. Juste ça, c’est une grande différence entre nous et le Parti conservateur de l’Ontario et le Nouveau parti démocratique de l’Ontario. Notre chef, Steven Del Duca, a vu les erreurs du gouvernement Wynne. Il ne veut pas les répéter. Je lui ai parlé personnellement et j’ai vu qu’il veut sérieusement améliorer cette province. Il a des enfants dans le système d’éducation, il voit ce que l’on doit changer et je le vois aussi en tant que parent et enseignant. Je pense qu’on ne devrait plus parler de McGuinty. On vit dans un différent monde. La réalité des gens a vraiment changé avec cette pandémie. Il y a eu certainement des erreurs dans le passé, mais nous devrons regarder vers le futur et nous devrions donner une chance à M. Del Duca. 

La plateforme électorale du PLO dit qu’un gouvernement libéral plafonnera la taille des classes à 20 et embaucherait plus que 10 000 nouveaux enseignants. En tant qu’enseignant, quelle est votre perspective sur cette idée?

Je pense que c’est une bonne nouvelle pour tout le monde. On voit que notre plateforme se concentre sur l’éducation comme un investissement et non comme une dépense. Ça va être 1 milliard $ qui va aller envers notre système pour améliorer la construction de nos écoles ainsi que d’offrir plus de salles de classe avec plus d’enseignants. En tant qu’enseignant, si j’ai une classe de 32 et que l’année prochaine j’en ai 20, ça va donner un souffle d’espoir et de morale à tout le monde. Le système est en crise.  

Les propos de M. Proulx ont été édités par souci de concision.