le Mercredi 29 juin 2022
le Mercredi 1 juin 2022 11:50 Éditorial

Le renouveau printanier

Queen's Park — Photo : Shutterstock
Queen's Park
Photo : Shutterstock
Le printemps canadien est une drôle de saison. Le printemps est censé être la saison du renouveau, de la vie qui reprend après le ralentissement hivernal de la nature. Mais, au Canada, certaines années, le printemps est tôt. Il est bel et bien là maintenant et les arbres ont des feuilles, l’herbe est verte, les fleurs embaument l’air et les maringouins sont sortis. Quels autres changements le printemps et l’été nous offriront-ils?

D’abord, les politiciens aussi sont sortis. Ce qui veut dire une élection. Ce printemps nous donnera donc un nouveau gouvernement provincial. Quel que soit le parti qui méritera le plus de votes cette semaine, il devra former un nouveau gouvernement. Et ce gouvernement aura du pain sur la planche. Pas nécessairement à cause des promesses que les partis ont faites durant la campagne — bien que le gouvernement tentera probablement d’en réaliser quelques-unes —, mais parce que la réalité économique l’exige.

Le nouveau gouvernement devra essayer de juguler la hausse des prix causés par l’inflation. C’est d’ailleurs une chose promise par tous les partis. Nos nouveaux dirigeants devront aussi continuer à surveiller la COVID, surtout qu’on vient de découvrir un nouveau variant aux États-Unis et en Afrique du Sud. Un variant qu’on dit réfractaire à l’immunité liée aux vaccins et à une infection antérieure. On verra bien.

Il y a aussi la crise du logement qui, en fait, est une hydre à deux têtes. D’abord, il y a le prix des maisons qui, malgré la hausse des taux d’intérêt, rend toujours la propriété inabordable pour la plupart des jeunes ménages. Cette hausse des prix crée d’ailleurs l’autre problème du logement, les prix des loyers qui continuent de grimper et qui deviennent impossibles pour les foyers à faible revenu. 

En plus, le gouvernement devra naviguer à travers plusieurs dossiers plus locaux qui suscitent déjà la controverse. On pense notamment à l’autoroute 413 au nord de Toronto, favorisée par Doug Ford, mais conspuée par les autres chefs de parti et par plusieurs dirigeants et experts locaux. Quelle que soit la décision prise à ce sujet, elle devra calmer la crise du transport dans le Sud de l’Ontario, parce que les électeurs en ont assez de passer des heures en voiture pour se rendre à quelques dizaines de kilomètres de chez eux.

Dans le Nord de l’Ontario, il y a aussi plusieurs problèmes qui devraient attirer l’attention des élus, même si le nombre de sièges ne fait trembler aucun gouvernement. En transport, on peut penser au rétablissement de la ligne ferroviaire Ontario Northland et à la pauvre condition de nos routes. En éducation postsecondaire, la crise à l’Université Laurentienne n’est pas réglée et le gouvernement devra s’en mêler davantage. Entre autres, en créant une université de langue française dans le Moyen-Nord. 

Donc, ce printemps et cet été, nos jardins continueront de nous donner de beaux légumes, les oiseaux continueront de nous réveiller à 5 h du matin et certains d’entre nous prendront même des vacances. Mais peut-être pas nos nouveaux élus.