le Mercredi 29 juin 2022
le Jeudi 9 juin 2022 15:43 Francophonie

Le nouveau directeur de la Place des Arts voulait gouter à la «potion magique» sudburoise

Jean-Gilles Pelletier — Photo : Courtoisie
Jean-Gilles Pelletier
Photo : Courtoisie
Sudbury — Inaugurée le 29 avril, la Place des Arts du Grand Sudbury est dirigée, depuis le 25 du même mois, par un homme qui a acquis une grande expérience dans le milieu politique et associatif en Ontario. Jean-Gilles Pelletier, qui a été à la tête du Centre francophone de Toronto pendant 11 ans et directeur du Commissariat aux services en français, compte relever un de ses défis préférés à Sudbury : amarrer les partenaires communautaires.

M. Pelletier profitera d’une expérience professionnelle d’une trentaine d’années en Ontario. Né au Québec, il s’est retrouvé en Ontario pour ses études et y est resté pour fonder sa famille et y travailler.

«J’ai obtenu une bourse pour poursuivre mes études postsecondaires. J’avais le choix d’aller partout au Canada tant que c’était en anglais. J’avais rencontré une femme qui allait devenir la mère de mes enfants, à Toronto», raconte-t-il. Après ses études, il se verra accorder des responsabilités successivement dans différents organismes et ministères. 

Un défi lié à sa vision

Avec toute son expérience et sa vision de la francophonie, Jean-Gilles Pelletier se dit prêt à poursuivre sa besogne avec les réalités de Sudbury dont il entendait parler à travers les branches. Ça l’intéressait et il aimerait relever le défi d’amarrer les partenaires communautaires.

«Je savais que Paulette Gagnon brassait des affaires à Sudbury depuis longtemps. Ça m’intéressait cette potion magique là qui se brassait à Sudbury, lance-t-il. L’idée de regroupement des forces vives et de créer cette concentration institutionnelle et organisationnelle, c’est formidable.»

Pour moi, être francophone, c’est un acte.

— Jean-Gilles Pelletier

Pour être plus qu’un chiffre chez Statistiques Canada, il considère qu’il faut consommer des produits et agir en français. «Es-tu un acteur francophone? Ça a toujours été mon objectif; de multiplier les opportunités pour que les gens concrétisent cette action.»

Riche expérience

Diplômé de sociologie et sciences politiques à l’Université Laval, à l’Université Simon Fraser et à l’Université de Toronto, Jean-Gilles Pelletier entre sur le marché du travail en 1989 à l’Office des affaires francophones, au poste d’analyste des politiques. 

«J’ai plongé dans l’univers des Franco-Ontariens depuis. C’était à l’époque de la mise en œuvre de la Loi sur les services en français», souligne-t-il. Il se retrouva ensuite au ministère des Finances pour la réforme de la Loi sur les coopératives avant de revenir à l’Office des affaires francophones. 

Par la suite, il a relevé le défi du Centre francophone de Toronto. Il a mené le projet fusion du centre et du centre médicosocial communautaire pour en devenir le directeur général. Il sera à la tête de cet organisme devenu multidisciplinaire pendant 11 ans. «J’étais marié au centre francophone», déclare M. Pelletier, qui dirigeait alors un organisme comprenant des services d’aide juridique, de santé, de santé mentale, d’enfance et de la famille, de nouveaux arrivants et d’emplois. Le nombre d’employés sous sa supervision a passé à plus d’une centaine.

Une responsabilité nationale

En 2008, Jean-Gilles Pelletier devient directeur de l’administration et Langues officielles au conseil des ministres de l’Éducation. «Cela m’a permis de pousser sur l’enveloppe de l’apprentissage des langues officielles (le français et l’anglais) partout au Canada au niveau de la négociation du Programme des langues officielles dans l’enseignement (PLOE)», dit-il. Il a négocié au nom des 13 provinces et territoires avec le gouvernement fédéral et le Patrimoine canadien.

Par la suite, il s’est retrouvé à la Fondation Trillium. Ils ont, entre autres, mis en place une approche plus appropriée pour les francophones, en partenariat avec l’AFO.

En 2016, il a été nommé directeur général du Commissariat aux services en français. «Le gros virage qu’on a adopté au Commissariat était une intervention plus proactive, qui était en lien avec la réforme et la philosophie de la majorité des ombudsmans un peu partout dans le monde : avoir une approche proactive plutôt que réactive».

Ils avaient compris que le nombre de plaintes de la population francophone ne serait jamais assez imposant pour vraiment attirer l’attention des élus. Il fallait changer de tactique. Une différence importante quand, aujourd’hui, les responsabilités d’enquête pour les services en français sont sous l’égide de l’Ombudsman, qui agit seulement quand il y a un nombre de plaintes suffisant, note-t-il.