le Mercredi 29 juin 2022
le Vendredi 10 juin 2022 15:56 Politique

Vanthof élu pour un 4e mandat à Queen’s Park

John Vanthof — Photo : Archives Le Voyageur
John Vanthof
Photo : Archives Le Voyageur
Timiskaming-Cochrane — Ce n’était pas une grande surprise que John Vanthof remporte un quatrième mandat comme député de Timiskaming-Cochrane à la suite des élections provinciales du 2 juin. Le néodémocrate représente cette circonscription depuis 2011. Il a reçu 42,9 % des 21 574 votes comptés. La surprise était que son rival Bill Foy, du Parti conservateur, n’était pas si loin derrière avec 35,5 % (9251 votes).

Le candidat libéral Brian Johnson n’a récolté que 6,8 % (1461 votes), alors que le candidat local du Parti vert, Kris Rivard, a reçu 6,2 % (1341 votes). Garry Andrade du parti New Blue a atteint 5,2 % (1127 votes). Trois autres candidats se sont partagé le reste du vote.

M. Foy a vogué sur la vague bleue et augmenté considérablement le vote conservateur dans la circonscription, même s’il avait refusé de participer aux débats et de parler aux médias. Il a toutefois tapissé toute la circonscription d’affiches et l’on dit qu’il a frappé à beaucoup de portes.

M. Johnson, pour sa part, n’a même pas fait de campagne et personne n’a pu lui parler; il n’était pas aux débats et les médias n’ont pas pu le joindre.

Le 3 juin, John Vanthof était épuisé, mais satisfait. «Je suis fatigué, j’ai un coup de soleil et des piqures de moustiques partout, puis mon équipe est en train de retirer les affiches.» Il s’apprêtait à aller les rejoindre.

Il avait tout de même des pensées sur la percée importante de Bill Foy dans la circonscription. «J’ai rencontré M. Foy une fois à un souper de Canards Illimités avant la déclaration de l’élection, puis je ne l’ai pas revu depuis. Je dirais que la province et la circonscription sont plus fracturées qu’à l’habitude, comme le montre le fait d’avoir eu 8 candidats. Le candidat conservateur a monté une bien plus grosse campagne qu’à l’habitude… je n’étais pas nécessairement d’accord avec toutes leurs stratégies, mais ils ont fait une grosse campagne. Puis le candidat libéral n’a rien fait du tout! (…) Nous avons frappé à beaucoup de portes et le soutien est là, mais les gens n’étaient pas aussi engagés dans cette campagne.»

C’est clair selon le taux d’abstention. Au niveau provincial, seulement 43 % des électeurs admissibles ont voté et ce taux est encore plus bas dans le Timiskaming-Cochrane, à 40 % de participation.

«Si l’on regarde les données brutes, les conservateurs n’ont pas eu beaucoup plus de votes que la dernière fois, c’est nous (le NPD) qui avons baissé et je pense qu’il y avait plus d’apathie chez les électeurs.» Le NPD reste l’opposition officielle à Queen’s Park, mais le parti a perdu neuf sièges, passant de 40 à 31, alors que les libéraux n’ont récolté que huit sièges. Cela laisse les conservateurs de Doug Ford avec une très forte majorité de 83, une victoire écrasante qui a même provoqué la démission des chefs néodémocrate et libéral.

M. Vanthof, tout en conservant sa place, déplore l’affaiblissement de son parti.

«C’était une soirée douce-amère pour moi. J’étais content de notre victoire et de celle de plusieurs de mes collègues, mais en somme nous avons perdu des sièges et les conservateurs ont une majorité. Or, selon moi, les électeurs ont toujours raison, (…) je crois au processus démocratique. Certaines choses étaient hors de notre contrôle, mais il y a des choses que nous devons examiner à l’interne. Notre programme était pourtant le meilleur que j’avais jamais vu. Il portait sur les priorités qui préoccupent les gens auxquels on parle sur le terrain (…) Cependant, pour des raisons soit externes ou internes, il faut que nous examinions pourquoi nous n’avons pas pu convaincre les gens.»

Même si les conservateurs ont une majorité, M. Vanthof estime que son parti peut encore exercer une certaine influence. «Le gouvernement est majoritaire, comme il l’était la dernière fois, donc ils sont en plein droit d’avancer avec leur programme. Certainement, nous avons vu au cours des derniers 4 ans que M. Ford n’hésite pas à abuser de sa force et je crains qu’il ne le fasse encore davantage. Mais d’après moi, les élections visent à avancer un programme politique et, après l’élection, c’est notre rôle d’assurer à nos commettants l’accès aux politiques adoptées. Comme opposition officielle, c’est notre devoir de veiller à ce que le gouvernement tienne les promesses qu’il a faites aux gens de Timiskaming-Cochrane. La dernière fois, ils n’ont pas livré ce qu’ils ont promis, alors cette fois nous devons nous assurer qu’ils tiennent parole.»

Il donne comme exemple le train passager Ontario Northland, que le gouvernement avait promis de rétablir. «Maintenant, nous avons deux élus conservateurs sur ce couloir, donc ça ne devrait pas leur prendre quatre ans pour rétablir le Northlander. Si c’est le cas, c’est qu’ils n’en avaient jamais eu l’intention», insiste M. Vanthof.

Une campagne cordiale, mais pas toujours…

Comme candidat une 5e fois, il se compte chanceux d’avoir participé à des campagnes respectueuses. «À Timiskaming-Cochrane, ça n’a jamais changé; jamais ce n’est devenu personnel. Je pense que je pourrais travailler avec n’importe lequel des candidats (…) Au niveau provincial, c’est comme ça aussi que la politique devrait se passer.»

C’était pourtant plus épineux avec le public cette fois-ci. «C’est plus difficile aux portes. La vaste majorité des gens reflètent la réputation des Canadiens [comme des gens pacifiques], mais, à certaines portes, le ton est pas mal agressif maintenant. Il faut travailler ensemble pour éviter que les gens se sentent aussi exclus et délaissés. Je ne suis pas toujours d’accord avec tout le monde, mais chacun a le droit d’exprimer son opinion et je respecte ça. Il faut s’assurer que ce concept soit compris de tous.»

M. Vanthof a été impressionné par la performance du candidat local Kris Rivard, du Parti vert. «C’est un leadeur, c’est évident. (…) C’est l’un de nos meilleurs.»

Il raconte qu’au marché de Sturgeon Falls à la fin mai, les deux candidats étaient présents. «Nous avons distribué des lunettes de soleil et Kris avait des ballons et, à la fin de la journée, tous les enfants avaient des lunettes orange et des ballons verts. C’était un moment agréable et nous avons pu en rire ensemble. C’est parfois ce qui manque à ces campagnes, un esprit communautaire. C’était là ce jour-là.»

Bonne performance verte

Kris Rivard, résident de Nipissing Ouest, avait un bon réseau de soutien dans la région et il a eu le 2e plus grand pourcentage de votes parmi tous les candidats verts à travers le Nord de l’Ontario, derrière Matt Richter de Parry Sound. Il voit cette élection comme une étape pour bâtir le parti. «C’est bon que le pourcentage du vote vert ait augmenté à travers la province, à 6 %. Ça montre une croissance continue», dit-il. Il aurait préféré voir un gouvernement minoritaire et, bien sûr, une plus grande participation des électeurs.

Ce qu’il comprend encore moins que l’abstention, c’est le vote aveugle. «C’est inquiétant de voir que le candidat libéral a eu plus de votes que moi, alors qu’il n’a fait aucune campagne : aucune affiche, aucune entrevue, rien du tout. (…) Ça montre qu’il n’est pas prêt à représenter les gens, et je ne comprends pas qu’on puisse voter pour ça. Loin de moi l’idée de questionner le vote des gens, mais c’était un peu troublant.»

Mais il n’est pas découragé et le nom de Kris Rivard sera sans doute sur un bulletin de vote futur. «Je vais continuer à bâtir la tente verte. Il faut convaincre une personne à la fois et c’est toujours difficile lorsque le député actuel est si populaire. Mais John ne sera pas là toujours et un jour la porte s’ouvrira…»

 Jusqu’à ce jour, il n’y a pas de rancune. «Je lui souhaite bon succès. Je suis certain qu’il représentera bien les gens de Timiskaming-Cochrane. Il fera un bon travail, comme il l’a toujours fait, et nous verrons en 2026. Je vais sans doute me présenter encore.»