le Mercredi 29 juin 2022
le Dimanche 12 juin 2022 15:42 | mis à jour le 19 juin 2022 22:34 Santé

Améliorer la protection de la communauté 2SLGBTQI+ en santé

Ontario — «On remarque que certaines personnes âgées, quand elles sont en soins de longue durée, elles retournent dans le “garde-robe”», lance Dr Paul-André Gauthier. Dans ces milieux comme dans d’autres du domaine de la santé, les membres de la communauté 2SLGBTQI+ ne sont pas toujours acceptés, ce qui peut avoir des conséquences sur les soins qu’ils et elles reçoivent et sur leur bienêtre.

L’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario (AIIAO) a son propre groupe de défense des intérêts des personnes appartenant à la communauté 2SLGBTQI+. Le Rainbow Nursing Interest Group (RNIG) fait la promotion des pratiques inclusives au sein de la profession et attire l’attention sur les enjeux liés à l’intersectionnalité.

Le 13 juin à 13 h, le Dr Paul-André Gauthier, membre de l’AIIAO, expliquera l’énoncé de position du groupe lors d’une conférence donnée sur la chaine Vivre+ de la Fédération des retraités et ainés francophones de l’Ontario (FARFO). Il a été réviseur externe du document sur la pratique exemplaire (BPG) 2SLGBTQi+. Son comité a développé l’énoncé de position qui a été approuvé par le conseil provincial de l’AIIAO.

La présentation pourra servir aux établissements afin qu’ils puissent créer des politiques et informer leur personnel, mais aussi aux patients qui veulent connaitre leurs droits. 

Les ainés francophones membres de la communauté 2SLGBTQI+, par exemple, peuvent être victimes de double et de triple discrimination dans un environnement mal informé, note le conférencier. Même chose pour les autochtones, les noirs, etc. «Tu es encore plus vulnérable dans certaines communautés», dit M. Gauthier.

L’objectif de l’énoncé est de dénoncer «toute forme de stigmatisation, de discrimination et d’exclusion basées sur l’orientation sexuelle, l’identité de genre et l’expression de genre». Les préjudices peuvent prendre la forme de microagressions, précise M. Gauthier. 

«Les institutions devraient développer des politiques par rapport à ça. Certaines en ont, mais qui ne les appliquent pas correctement», affirme-t-il. 

Paul-André Gauthier 

Photo : Archives

En soins de longue durée

Les maisons de retraite et les centres de soins de longue durée sont des exemples de lieux où des politiques doivent exister. «Il est important de respecter les gens dans ce qu’ils sont», indique M. Gauthier. 

«Par exemple, le monsieur qui veut une “girlfriend” c’est correct. Une madame qui veut un “boyfriend”, ça c’est correct. Mais un monsieur qui veut un “boyfriend” ou une madame qui veut une “girlfriend”, ben ça c’est moins accepté. Pourquoi? Parce que ça fait partie de notre culture, de la façon dont on a été élevé. C’est là qu’il peut y avoir des préjugés.» Tant que les démonstrations d’affections restent appropriées, il faut les respecter, ajoute-t-il.

Avec l’augmentation de l’immigration, il est d’autant plus important de donner de l’information aux nouveaux employés. «Par exemple, une personne qui arrive d’Afrique, qui n’a pas travaillé avec des personnes de la communauté 2SLGBTQI+ ou qui, dans son pays d’origine, c’est vraiment interdit, il peut y avoir des défis. Il faut expliquer la culture différente du Canada.»

Paul-André Gauthier ajoute que les grands-parents doivent apprendre à écouter et respecter leurs enfants et petits-enfants qui s’identifient différemment. «On ne les change pas. Les thérapies de conversion, ce n’est plus légal au Canada.»

L’appel à l’action de l’AIIAO

L’Association a établi trois grands axes pour assurer que la communauté 2SLGBTQI+ reçoive les mêmes soins que les autres :

  • Défendre les droits de la personne et l’équité en matière de santé;
  • Promouvoir des soins de santé centrés sur la personne, inclusifs et appropriés;
  • Favoriser et plaider en faveur d’environnements de travail sécuritaires, inclusifs et sains pour les infirmières et le personnel.