le Mercredi 29 juin 2022
le Dimanche 19 juin 2022 10:49 Arts et culture

Un premier livre pour ados d’Hélène Koscielniak qui peut en apprendre à tous

Critique — Mégane et Mathis

L’anorexie et la boulimie sont des maladies mentales qui affectent en particulier les adolescentes et qui peuvent, malheureusement, se terminer par la mort de la personne qui en souffre. Hélène Koscielniak a choisi de s’intéresser à ce sujet dans son tout dernier roman Mégane et Mathis, publié aux Éditions David (2022) dans la collection «14/18», une collection qui s’adresse à un public adolescent. 

Ce roman suit les adolescents du même nom. La première souffre d’anorexie et de boulimie et elle tente de le cacher à sa famille. Elle cache sa perte de poids sous d’énormes pulls, limite drastiquement ce qu’elle mange et commence à s’entrainer excessivement pour perdre encore plus de poids. Son frère, lui, soupçonne que quelque chose ne va pas chez Mégane, mais préfère garder le silence.

Un avertissement est nécessaire pour quiconque désire lire ce roman. En effet, si vous souffrez ou avez souffert d’anorexie ou de boulimie, il pourrait faire ressurgir des idées négatives quant à l’apparence du corps.

Mégane se prive d’énormément de nourriture et meurt constamment de faim, au point où sa conscience essaye de la raisonner. Elle va même jusqu’à prénommer cette voix Affam. La même chose se produit lorsqu’elle compte les calories qu’elle ingère, prénommant cette voix-ci Cal. 

Ces deux voix sont une représentation de sa conscience, un peu à la manière de l’ange et du démon assis sur les épaules des protagonistes dans les films. Dans ce cas-ci, Mégane voit ces deux présences comme un être malfaisant alors que, pour le lecteur, il s’agit de l’ange qui ne veut que son bien.

Mathis est le jumeau de Mégane. Il l’aime énormément et accepte de garder secrètes les aventures nocturnes de sa sœur vers la salle de bain. Il ne se rend pas compte immédiatement de ce qui arrive à Mégane, mais lorsqu’il comprend ce qui se passe, il a de la difficulté à l’accepter et qu’il s’agit d’un véritable trouble psychologique : «Sa sœur avait définitivement perdu la tête. Pas manger! Voyons don’! Quelle idée stupide! D’accord leurs camarades de classe à l’élémentaire s’en étaient pris à elle parfois, ils s’étaient moqués de son embonpoint, mais elle n’était plus grassette. Même qu’elle était trop maigre. Alors pourquoi ne pas se remettre à manger tout en le faisant raisonnablement? Quel être humain sain d’esprit refuserait de se nourrir?» (p. 112-113) 

Les chapitres de Mégane et Mathis sont extrêmement courts, ce qui signifie que le lecteur a peu de temps pour s’investir dans l’histoire des jumeaux. L’évènement marquant du chapitre se déroule et voilà qu’on passe au point de vue du frère ou de la sœur. Bien que ce soit un détail mineur, il en reste que cela affecte le plaisir de la lecture. 

Malgré cela, Hélène Koscielniak sait captiver ses lecteurs par sa plume douce qui décrit et dessine avec justesse des personnages réalistes. Autant les lecteurs adolescents qu’adultes seront charmés par le roman Mégane et Mathis.