le Lundi 27 juin 2022
le Vendredi 24 juin 2022 0:15 Société

Mgr Paul-André Durocher retourne aux sources pour célébrer ses 40 ans de prêtrise

Mgr Paul-André Durocher — Photo : Courtoisie
Mgr Paul-André Durocher
Photo : Courtoisie
Timmins — L’Évêque de l’archidiocèse de Gatineau, Mgr Paul-André Durocher, retourne brièvement à Timmins, où il a été ordonné prêtre il y a 40 ans. Il y célèbrera une messe d’action de grâce le 26 juin à la Cathédrale Saint-Antoine. L’homme de Dieu reconnait que son identité a été forgée dans cette ville du Nord de l’Ontario, mais elle a aussi évolué avec ses expériences et le monde.

Ordonné prêtre le 2 juillet 1982, monseigneur Paul-André Durocher a voulu fêter son anniversaire d’ordination aux sources de son ministère comme prêtre pour remercier le Seigneur pour ces 40 années de vie sacerdotale. 

«Cela fait 25 ans que j’ai quitté Timmins, mais ça demeure le lieu où j’ai commencé à exercer mon ministère de prêtre. Mon identité a été forgée là-bas, surtout avec beaucoup d’amis avec qui j’ai fait les premiers pas. C’est l’occasion pour moi de renouveler ces amitiés-là et de vivre ça dans un moment de prière. Revenir à Timmins pour cette fête, c’est renouer avec une partie de moi-même», explique Mgr Paul-André Durocher au Voyageur.

Avant de se retrouver à Gatineau, Mgr Durocher a aussi été prêtre de la paroisse bilingue Sainte-Croix de Haileybury et a été nommé évêque auxiliaire du diocèse de Sault-Ste-Marie en 1997.

Des souvenirs mémorables

Ainé des sept enfants de Maurice Durocher et de Lucille Duplantie de Hawkesbury, Mgr Durocher est né le 28 mai 1954 à Windsor, en Ontario. Sa famille a déménagé à Timmins lorsqu’il avait 10 ans. Il se souvient encore de sa vie d’enfance et d’adolescence dans cette ville, surtout des activités qu’il menait dans l’Église. Adolescent, il a appris à jouer de la guitare. À la paroisse, il commença, avec quelques amis, à animer les chants liturgiques. 

«La cathédrale Saint-Antoine était ma paroisse d’enfance. Je me souviens de ma vie de jeune dans cette communauté-là, dans le mouvement scout, dans les servants de messes. C’est là où j’ai commencé à chanter publiquement, où j’ai commencé ma carrière comme chanteur. J’ai fait de l’opéra avant de devenir prêtre», se rappelle-t-il.

Quelques années plus tard, il s’engage dans le mouvement Vision jeunesse. Mgr Durocher explique : «C’était un mouvement de croissance personnelle et spirituelle en équipe de jeunes. Ce mouvement a été stimulateur pour moi. C’est un peu le concept dans lequel j’ai cheminé vers la prêtrise».

Bien évidemment, le jour de son ordination reste le moment le plus ancré dans sa mémoire. Il enseignait à ce moment-là à l’École secondaire catholique Thériault; ses collègues enseignants et des étudiants étaient là. «Ç’a été une journée marquante, très joyeuse pour moi. Ce sont des souvenirs qui me viennent à l’esprit».

Des changements dans sa façon de faire

Des propos «sages» d’un prêtre qui avait devancé Mgr Durocher dans la vie sacerdotale sont restés avec lui toute sa vie : «En devenant prêtre, lui a-t-il dit, je savais dans quoi je m’embarquais, je savais que ça ne changerait pas beaucoup. Mais, toi tu t’engages à la prêtrise à un moment où l’avenir est incertain. Il va falloir que tu inventes ton ministère au fur et à mesure que tu avances».

Avec le rythme du monde moderne notamment dans le domaine des communications et de la technologie, Mgr Paul-André Durocher a vite compris qu’il fallait s’adapter. Au niveau pastoral et du ministère, il cherche à comprendre ce qui est en train d’arriver à l’Église, les transformations qu’il faut vivre. Comprendre le sens de la synodalité. Le pape invite les catholiques de partout à réapprendre les chemins de l’être-chrétien ensemble, à créer des espaces de rencontres et d’écoute mutuelle qui incorporent les dons de tous les baptisés.   

Mgr Paul-André Durocher le rappelle aussi : «Pape François invite à revoir notre façon d’exercer la gouvernance dans l’Église, la faire de manière beaucoup plus collégiale et consultative. La synodalité, moi aussi je l’apprends de plus en plus. J’apprends à ne pas prendre des décisions seul, à ne pas compter simplement sur ma façon de voir les choses, mais à chercher à travailler en équipe. C’est un autre style de fonctionnement que celui dans lequel j’étais initié quand j’étais jeune. Le prêtre était plus que l’animateur, je dirais qu’il était directeur. Alors qu’aujourd’hui, notre rôle est devenu celui de rassembleur, celui qui provoque, qui invite à des réflexions. C’est un autre style de leadeurship», illustre Mgr Paul-André Durocher.

Il reconnait aussi que son collègue avait raison et que les choses ont énormément changé. En 1982, quand il fut ordonné, Timmins était habité par des francophones et des anglophones, mais tous des Blancs de la même culture européenne, «alors qu’à Gatineau, quand je célèbre la messe dimanche matin, il y a des immigrants, beaucoup de l’Afrique occidentale, certains d’Haïti, ceux de la communauté latino-américaine, des communautés portugaises, des Vietnamiens. C’est le multiculturalisme de l’Église qui me frappe beaucoup. La société a beaucoup évolué», constate le prêtre.

Il note aussi les changements entrainés par internet. «Quand j’ai été ordonné prêtre, les ordinateurs personnels commençaient à peine. Lors de mes premières années comme prêtre, je me suis acheté un petit ordinateur, j’étais le premier à avoir un ordinateur. Mais, aujourd’hui, j’enregistre des vidéos que je mets sur YouTube. Des gens les écoutent de partout et me renvoient des commentaires. On fait des réunions Zoom. Le monde électronique dans lequel on vit ouvre de nouvelles pistes au ministère. La dimension multiculturelle et celle des communications sociales sont deux changements que je note», dit-il.

La musique reste dans sa vie

Mgr Paul-André Durocher qui fut nommé archevêque de Gatineau le 12 octobre 2011 et qui fut également président de la Conférence canadienne des évêques catholiques de 2013 à 2015, avait fréquenté, entre autres établissements d’enseignement supérieur, l’université Western Ontario, où il a étudié la musique en se spécialisant en interprétation vocale. 

Il confie aujourd’hui que la musique a encore de la place dans sa vie. «Durant la pandémie, je me suis remis au piano. J’aime bien passer un peu de temps au piano à essayer de petites œuvres de musique classique», raconte-t-il.

À Gatineau, des prêtres lui ont demandé de composer une messe gatinoise en mettant certaines prières de la messe en musique à partir de la musique traditionnelle de la région de Gatineau. Il l’a fait et une chorale fera, cet été, le tour de quelques églises en chantant cette œuvre. 

«Je continue à m’intéresser à la musique, à composer. De temps en temps, je donne aussi des sessions de formation aux musiciens d’églises sur comment bien incorporer la musique dans la liturgie», conclut Mgr Durocher.