le Samedi 20 août 2022
le Vendredi 1 juillet 2022 11:16 | mis à jour le 1 juillet 2022 11:19 Actualités

Des taux d’inflation jamais vus depuis les années 1980

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Statistique Canada a annoncé le 22 juin que l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 7,7 % au cours des 12 derniers mois. Un chiffre jamais vu depuis 1983. Les consommateurs sont confrontés à un problème qui ne se pose qu’une fois par génération. «Les entreprises ont de grands défis», dit le propriétaire du bar Alibi Room et directeur du BIA du centre-ville de Sudbury, Kyle Marcus.

Tout augmente

Bien que l’IPC soit un indice important qui mérite qu’on y porte attention, il ne s’agit que d’une estimation de ce à quoi les Canadiens sont confrontés. Par exemple, des gens dépendent de l’essence plus que d’autres et son prix a augmenté de 12 % au cours du mois de mai et de 48 % par rapport à l’année précédente. Si l’on excluait le prix de l’essence, l’indice de l’IPC serait de 6,3 %.

Dans ce grand pays où sa population dépend du transport des marchandises sur de nombreux kilomètres, il n’est pas étonnant que les consommateurs aient subi des augmentations aussi importantes. En plus de l’augmentation de l’essence, les prix de l’énergie ont crû de 34,8 %.

L’augmentation du prix des produits alimentaires est un autre exemple de l’inexactitude de l’indice IPC pour le Canadien moyen. Examinons certaines augmentations sur les 12 derniers mois : les graisses et huiles comestibles (30 %), légumes frais (10,3 %), poissons frais (11,7 %), viandes (9 %).

Kyle Marcus indique que les entreprises ressentent une pression dans tous les domaines où elles dépensent de l’argent. «Nous avions déjà une augmentation des dépenses en produits de nettoyage et d’autres augmentations qui rendaient la vie plus difficile. […] Le pire était l’assurance. Elle est passée de 400 $ à 1200 $ par mois», mentionne-t-il.

La croissance des salaires des hommes et des femmes est inférieure à la croissance de l’Indice des prix à la consommation (IPC).

Statistique Canada

Les salaires ne peuvent pas suivre

Le fait que les salaires ne suivent pas l’inflation n’aide pas la situation. Selon Statistique Canada, le salaire moyen a augmenté de 3,9 % de mai 2021 à mai 2022. Cela veut dire qu’en une année, le Canadien moyen a perdu 3,8 % de son pouvoir d’achat.

De nombreux employeurs adoptent des politiques visant à verser à leurs employés un «salaire décent», soit un salaire calculé à partir du cout de la vie dans une ville donnée. Par exemple, à partir de juillet, la Ville du Grand Sudbury paiera un salaire minimum de 16,98 $ de l’heure  à ses employés, excluant les étudiants. Le taux horaire moyen au Canada est de 31,12 $.

Kyle Marcus paie aussi ses employés de l’Alibi Room au «salaire décent». Il dit que, bien qu’il pense que c’est la bonne chose à faire sur le plan moral, cela rend évidemment les choses un peu plus difficiles sur le plan commercial. «Nous sommes contents de le faire toutefois», mentionne-t-il.

L’Ontario living Wage Network (OLWN) guide les entreprises et les municipalités sur ce que devrait être le salaire de subsistance. Cependant, les derniers calculs de l’OLWN remontent à novembre 2021. Le salaire de subsistance à Sudbury doit donc être maintenant plus élevé que 16,98 $ en raison de l’inflation.