le Samedi 20 août 2022
le Jeudi 7 juillet 2022 9:23 | mis à jour le 7 juillet 2022 9:24 Actualités

Revisiter l’histoire d’un village disparu

Un nouveau livre portant sur les origines, l’existence et le déclin du village de Désaulniers a été publié par une de ses anciennes résidentes. L’autrice franco-ontarienne, Florence Serré, retrace l’histoire de son village d’enfance et des familles qui y ont demeuré.

«Dans mon livre, je ne mise pas autant sur le village disparu, mais sur le village qui a existé. C’est une autre façon de le voir.»

Le travail de Mme Serré ramène les lecteurs dans le passé, à une époque où Désaulniers était une communauté vibrante. Nichée entre Field et River Valley, ce petit hameau a accueilli plusieurs générations de francophones.

Malgré la quasi-disparition des édifices et de plusieurs vestiges, le village est bien vivant dans la mémoire collective des personnes avec qui Mme Serré a rencontré dans le cadre de ses trois mois de recherches pour un article qu’elle écrivait.

«La revue Le Chaînon m’a contacté pour faire un article sur Désaulniers, un village disparu. Ils me donnaient juste quelques pages, mais moi je voulais tellement tout englober, parler des familles et inclure les dates. J’en avais beaucoup trop, raconte Mme Serré. J’avais fait de la recherche déjà, et là, je me suis dit : “Bien, je vais continuer ma recherche”.»

«Je m’acharnais [de quatre à six heures] chaque jour. J’étais vraiment décidé de finir ça, de faire quelque chose de bien», révèle l’écrivaine qui demeure maintenant à Ottawa.

Désaulniers doit surtout son existence à un groupe de pionniers qui ont choisi de s’installer dans cette région isolée du Nord de l’Ontario à la fin du XIXe siècle. Les familles Aubin, Bigras, Quenneville, Serré, Taillefer, Tanguay et Trépanier ont bâti les premiers édifices de la communauté.

«Partout on dit, c’est le père Désaulniers qui a fondé Désaulniers. Uh uh huh. Il n’y avait pas de nom, mais les familles étaient bien établies», précise Mme Serré. Le village est apparu en 1885, le père Désaulniers n’y est passé qu’en 1915.

«Les fondateurs de Désaulniers sont les hommes et les femmes qui ont vraiment retroussé leurs manches, ont défriché les terres pour bâtir une maison et ont déterré de leurs propres mains. Je lève mon chapeau à ces familles-là», dit Mme Serré.

L’inévitable déclin de Désaulniers a commencé à mi-chemin au XXe siècle. Au cours des décennies, de nombreuses institutions — dont le bureau de poste, le magasin général, l’école et le chemin de fer — ont lentement mais surement disparu.

Dans l’intérêt de préserver l’histoire, Mme Serré a entre autres recueilli les noms, les professions et les photos de chaque personne qui aurait vécu à l’apogée du village.

«J’ai toute une autre section qui s’appelle les familles résidentes, explique-t-elle. J’ai pris [une carte de] Désaulniers et je l’ai disséqué par petite rue ou petite route pour savoir qui habitait-là dans les années 1940, 50 et 60. Les gens vont se reconnaitre.»

Le récit de Mme Serré sera bientôt disponible au magasin Michaud Lévesque de Sturgeon Falls. Elle prend également des commandes sur son site web : www.florenceserreauteure.ca.

 

Extrait du livre (p. 4) :

«Aujourd’hui, derrière les buttes de terre incultivables, parmi les broussailles négligées par le temps, dans les murs en ruines de maisons abandonnées, sous le silence de voix d’enfants qui se sont tues, des centaines de visages ressurgissent du passé, un instant, pour revoir leur existence au cœur même de ce petit hameau.»