le Samedi 20 août 2022
le Vendredi 8 juillet 2022 10:47 Environnement

Grande variabilité des niveaux d’eau dans la baie Georgienne

Balm Beach est une de nombreuses plages dans le Canton de Tiny. Selon Jean-François Robitaille, les plages deviennent moins utilisables lorsque l’eau est basse. Lorsque l’eau est haute, il y a moins d’espace à partager sur la plage et ceci cause plus de conflits.  — Photo : Alexandra Snider
Balm Beach est une de nombreuses plages dans le Canton de Tiny. Selon Jean-François Robitaille, les plages deviennent moins utilisables lorsque l’eau est basse. Lorsque l’eau est haute, il y a moins d’espace à partager sur la plage et ceci cause plus de conflits.
Photo : Alexandra Snider
La baie Georgienne a connu des niveaux d’eau records en 2013 et en 2019 qui ont eu de graves conséquences sur l’environnement, les communautés et les propriétaires. Toutefois, les scientifiques prévoient que pour les années à venir, les niveaux d’eau pourraient surpasser ceux qui sont déjà sans précédent.

«Au cours des 150 derniers ans, la baie Georgienne a eu un écart de six pieds et demi entre le plus haut niveau d’eau possible et le plus bas. On ne pense plus que cet intervalle sera exact dans le futur», explique le directeur général de la Georgian Bay Association, Rupert Kindersley, une association qui représente environ 3000 familles habitant autour de la baie Georgienne. 

«Ces deux dernières années, on a baissé presque de deux pieds en niveaux d’eau», dit la présidente du Georgian Bay Great Lakes Foundation, Mary Muter, un organisme qui fait de la recherche au sujet des niveaux d’eau, les marais et les espèces envahissantes. «Actuellement, on se retrouve autour de la moyenne à long terme, donc on ne voit pas l’impact des extrêmes.»

Rupert Kindersly est le directeur général de l’Association de la baie Georgienne, qui existe depuis 106 ans. Composée de 18 associations membres, cette association atteint environ 30 000 personnes qui habitent dans la région de la baie Georgienne.

Photo : Capture d’écran

Bas niveaux d’eau

Mme Muter s’inquiète pour l’avenir : «Environnement Canada prévoit que par 2030, ce qui est seulement dans sept ans et demi, les niveaux d’eau pourraient descendre de trois pieds de plus que les bas niveaux d’eau records en 2013», affirme Mme Muter. 

Déjà en 2013, il y a eu des conséquences pour les propriétaires de la baie Georgienne, «parce que si l’eau était peu profonde devant leur ile ou leur terrain, ils ne pouvaient possiblement pas accéder à leur quai», dit Rupert Kindersley. 

En raison de l’eau peu profonde, le soleil a pu plus facilement chauffer l’eau, ce qui a «favorisé la croissance du botulisme dans les moules quagga et les moules zébrées qui sont envahissantes, explique Mary Muter. Les oiseaux de rivages les ont mangées et il y en a des milliers qui se sont échoués sur les plages». 

Hauts niveaux d’eau

L’impact économique des hauts niveaux d’eau dans une communauté peut être extrême. En 2019-2020 notamment, la ville de Wasaga Beach était fermée pendant la période de haut niveau d’eau. 

Mary Muter explique qu’à Wasaga Beach l’eau était rendue aux portes des magasins. À Midland et Penetanguishene, les quais étaient inondés, donc les bateaux n’ont pas pu approcher. En plus, plusieurs propriétaires ont eu des dommages causés par l’eau ou l’inondation de sous-sol, entrainant des conséquences financières graves. 

Rupert Kindersley ajoute qu’il y a certaines conséquences environnementales qu’on ne peut pas atténuer. «Si les niveaux d’eau montent beaucoup plus haut que ceux de 2019-2020 à un point entre maintenant et la fin du siècle, certaines iles vont disparaitre. Elles seront complètement submergées.» 

Conséquences futures

L’Association de la baie Georgienne s’inquiète à court terme pour les propriétaires. Selon M. Kindersley, afin d’accéder à leurs terrains, les propriétaires devraient se servir de quais flottants qui peuvent s’adapter aux niveaux d’eau fluctuants dans la baie Georgienne.  

Le directeur de l’ingénierie pour le canton de Tiny, Jean-François Robitaille, affirme qu’il y a des exigences de construction pour les propriétés privées au bord de l’eau et «pour l’infrastructure du Canton, tout est conçu pour les extrêmes climatiques. Que ce soit les niveaux du lac, les tempêtes plus intenses et plus fréquentes, ou les températures plus extrêmes.»

De grandes inquiétudes existent pour le long terme concernant l’impact du changement climatique sur les évènements météorologiques qui peuvent faire fluctuer les niveaux d’eau. «La migration des animaux de marais, toutes sortes de flore et de faune pourraient être affectées par des fluctuations rapides en niveaux d’eau», explique Rupert Kindersley. 

Il est certain selon lui que «le cout annuel de la variation des niveaux d’eau va monter de façon signifiante», mais il y aura des conséquences qui ne pourront pas être évitées ni atténuées.