le Mardi 9 août 2022
le Lundi 11 juillet 2022 23:45 | mis à jour le 11 juillet 2022 23:46 Arts et culture

Pourquoi choisir Sudbury?

Éric Robitaille — Photo : Radio-Canada
Éric Robitaille
Photo : Radio-Canada
Grand Sudbury — Plus d’une fois au cours de ses 25 années de carrière à Sudbury, l’animateur de Radio-Canada, Éric Robitaille, s’est fait demander pourquoi il restait à Sudbury au lieu de faire le saut à Montréal. Après tout, n’est-ce pas la trajectoire normale pour les gens de talents et d’ambition qui passent par les stations régionales de Radio-Canada? Il tentera de répondre à cette question lors de l’émission Carte blanche à… qui sera diffusée le 14 juillet partout au pays.

L’image nationale de Sudbury est relativement négative. Avant d’y déménager, Éric Robitaille avait entendu dire les habituelles «que c’était la ville la plus laide au monde, que c’était un trou, que c’était plate, qui ne se passait rien».

Avec l’émission de style documentaire qu’il a préparé, il espère changer les perceptions de la ville. «S’il y avait un sous-titre à mon documentaire, ce serait surement ça : Pourquoi Sudbury?» Une référence à une question que l’animateur Franco Nuovo a posée à Marie-Jo Thériault, qui venait de lui dire qu’elle s’y rendait faire un spectacle.

Dépasser le Kingsway

Pour la plupart des résidents et pour les convaincus, la question ne se pose pas. «Mais pour le reste du Canada, même si ça a changé un peu, Sudbury conserve sa mauvaise réputation. Surtout les gens qui en ont seulement entendu parler ou même qui sont passés. Souvent, ils vont seulement traverser la Kingsway, alors que tout ce que tu y vois c’est la laideur de Sudbury», explique-t-il.

Un montage des  messages négatifs qu’il a entendus dans les médias au fil des ans lancera l’émission. 

Comme elle sera diffusée dans tout le pays, M. Robitaille veut attirer l’attention des Québécois et des Franco-Canadiens. Alors les premières voix entendues seront celles de personnalités plus connus de l’autre côté de la frontière : les gars de La soirée est encore jeune, Richard Desjardins, Chloé St-Marie, Damien Robitaille et des collègues de Radio-Canada qui ont débuté leur carrière à Sudbury.

Il donne ensuite la parole à des «Sudburois de tous horizons, soit des gens qui sont nés ici et qui y habitent encore ou des gens qui ont choisi d’y vivre, pour qu’eux expliquent pourquoi ils aimaient Sudbury.»

Il promet une heure de radio très «jazz, très rapide, avec plein de gags et plein de surprises».

L’opportunité de faire cette émission lui a été offerte grâce aux chroniques qu’il fait depuis deux à aux émissions La soirée est encore jeune et Pénélope. Soudainement, il est apparu sur le radar des grands patrons à Montréal. 

«Ça m’a donné assez de courage pour proposer un projet d’émission que j’appelais Le club des mélomanes», concept qu’il fait une fois par semaine dans le cadre de Junction 11-17. L’idée a été refusée parce que les émissions musicales sont davantage réservées à ICI Musique. Ils lui ont plutôt offert une Carte blanche à…, une émission diffusée pendant l’été et le Temps des fêtes. À l’approche de ses 25 ans à Sudbury, l’occasion de répondre à ladite question était bonne.

Le parc du lac Laurentien

Photo : Archives

Amour lent

L’arrivée à Sudbury du gars de Joliette en 1997 est pour le moins banale. Après ses études, il désirait travailler à Radio-Canada, alors il a appliqué pour un poste à Sudbury — ville qu’il ne connaissait pas. Il y avait trois candidats. «J’étais le troisième, le moins bon des trois, mais les autres ont refusé la job, ce qui arrivait souvent parce que les gens ne veulent pas vraiment aller à Sudbury. Donc ils ont été pris pour m’engager», raconte-t-il avec humour.

Comme plusieurs autres Québécois qui viennent chercher de l’expérience à Sudbury, il pensait y rester trois ou quatre années seulement. La vie culturelle a cependant rapidement accroché la «bibitte à culture» qu’il est.

L’année de son arrivée, Jean Leloup est passé à Sudbury et il a découvert les pièces du Théâtre du Nouvel-Ontario. «Rapidement, j’ai vu qu’il y avait une vie culturelle en français très dynamique. J’ai vu que la ville était remplie de lacs et de nature. Je suis rapidement tombé en amour avec la ville.»

La production de sa Carte blanche à… lui a permis de comprendre que ceux qui restent le font souvent pour les mêmes raisons que lui : «l’impression de faire partie d’une famille franco-sudburoise est un enracinement très fort, le fait d’aller voir des shows et de connaitre les 500 spectateurs. Aussi une fascination pour la créativité des Franco-Sudburois.» Des raisons qui ne s’acquièrent pas en quelques minutes.

L’émission spéciale sur Sudbury préparée par Éric Robitaille sera diffusée le 14 juillet à 20 h sur ICI première. Elle sera ensuite accessible sur l’application Ohdio et sur internet.