le Samedi 20 août 2022
le Lundi 18 juillet 2022 0:37 Société

L’héritage slovaque à l’honneur

Le monument est installé depuis 2020, mais sera officiellement dévoilé le 30 juillet. — Photo : Marie Lebel fournie par Rudy Bies
Le monument est installé depuis 2020, mais sera officiellement dévoilé le 30 juillet.
Photo : Marie Lebel fournie par Rudy Bies
Hearst — La Ville de Hearst, souvent considérée comme un bastion de l’Ontario français, souligne le centenaire de son incorporation, cet été. À cheval sur les mois de juillet et aout, les célébrations mettront l’accent sur la diversité culturelle, avec le dévoilement du parc des Nations et d’un monument à Bradlo, village slovaque à proximité de Hearst.

La Fiducie du patrimoine ontarien a souligné l’existence de Bradlo par une plaque, en 1997. 

Photo : Rudy Bies

Les 29, 30 et 31 juillet seront notamment consacrés à ce village, qui a existé du début des années 1930 aux années 1960, à une douzaine de kilomètres au sud de Hearst. 

Les célébrations commenceront le vendredi soir à l’Écomusée de Hearst en présence de Rudy Bies, investi dans le projet de commémoration et auteur du livre Bradlo and other Slovak Pioneer Footprints in Northern Ontario, dont la 2e édition est parue en octobre 2020 à compte d’auteur. 

Le lendemain, la journée se déroulera autour du village et près du monument installé en 2020 à l’angle de la route 583 Sud et de chemin de concession 2-3, rebaptisé chemin Bradlo en 1996.

Ce monument est une pièce de résistance pour Rudy Bies. «Devant le couchant, le bloc de pierre présente le nom de Bradlo, décrit l’homme qui y a grandi. Devant le soleil levant, il y a le nom des pionniers», souligne-t-il. On y lit des noms comme Bubnick, Cizmar, Dronzek, Elias, Filo, Kuhayda, Marcinák, Paluch, Sevc, Tapajna, Wydareny, Zipay et combien d’autres. Il insiste : «Nous nous sommes assurés que les noms de fille des épouses étaient inclus.»

Rudy Bies a depuis longtemps quitté Hearst. Mais sa nièce Krista Siska Joanis y est encore. À ses yeux, ce bloc de pierre de 11 tonnes revêt un caractère particulier : «Ça va être là pour toujours. Ça représente le travail difficile que les familles ont fait pour venir au Canada et rester ici.» 

Dans les années 1930, jusqu’à 150 personnes ont habité Bradlo. «C’était du bois, rappelle Krista Siska Joanis. C’était pareil pour les gens venus de Québec et de partout — c’était pas un cadeau. [Le gouvernement donnait] le lot, mais [les pionniers] devaient travailler fort pour le rendre habitable.»

Autres traces

Depuis plus de 25 ans, le fils de Jan Bies et d’Anna Huckova veille à laisser des traces du village où ses parents se sont établis. «Bradlo n’existe plus, mais la mémoire ne s’effacera jamais», poursuit Rudy Bies. 

Il y a eu l’installation d’une plaque de la Fiducie du patrimoine de l’Ontario au centre touristique à l’occasion du 75e de Hearst, en 1997. Plus tard, on a ajouté une plaque sur l’église du lac Ste-Thérèse, déménagée de Bradlo. Il y a aussi un monument au Cimetière Mgr Grenier, où sont inhumés cinq membres de la communauté. Leur sépulture étant marquée d’une croix de bois, on a souhaité que leur présence ne s’efface pas. 

La maisonnée Elias, dans les années 1930. 

Photo : fournie par Rudy Bies

Parc des cultures

Hearst aura accueilli, pendant ses 100 ans d’histoire, des habitants en provenance d’une soixantaine de nations. Cette diversité est soulignée dans le parc des Nations, qui sera inauguré le 3 aout.

Ce parc prend la forme d’une tortue, symbolisant le continent nord-américain chez les Autochtones. Au centre, un arbre conçu par l’artiste Laurent Vaillancourt. Pour chacune des 60 nationalités, qu’elle soit encore présente à Hearst ou non, une inscription.

«Il y avait bien de la diversité à Hearst», conclut Siska Joanis. Et pour illustrer la continuité, elle lance, fière : «Mon fils vient juste d’accueillir une famille de l’Ukraine.»

Le parc des Nations sera inauguré le 3 aout, jour officiel du centenaire d’incorporation de la Ville de Hearst. Un barbecue et un jardin bavarois sont aussi prévus.