le Samedi 20 août 2022
le Mercredi 20 juillet 2022 11:15 Éditorial

Nous enrichissons l’Ontario

Nickel City Cheese à Chelmsford entre dans la définition d'entreprise francophone de l'AFO — Photo : Archives
Nickel City Cheese à Chelmsford entre dans la définition d'entreprise francophone de l'AFO
Photo : Archives
Éditorial — À la fin juin, la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario et l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario publiaient un Livre blanc sur l’économie franco-ontarienne*. Ça fait des années que les gens d’affaires francophones attendaient une telle étude afin de comprendre le rôle qu’ils jouent dans l’économie provinciale. Et, surtout, afin d’accroitre la visibilité et le poids de ces entreprises auprès des gouvernements.

Comme l’affirment les deux parrains de l’étude, «nous devons capitaliser sur l’avantage francophone. Après tout, la langue est le facteur influençant le plus les échanges économiques après la proximité géographique».

Au départ, il fallait bien sûr définir ce qu’est une entreprise francophone. Après consultation avec les agences telles Statistique Canada et le Conference Board du Canada, qui récoltent des données sur l’économie, les chercheurs ont défini une entreprise francophone comme étant une entreprise dans laquelle un.e propriétaire ou principal.e décisionnaire est francophone. L’étude porte exclusivement sur les PME et sur les exploitations agricoles, soit des entreprises comptant moins de 500 employés.

Les chercheurs viennent étayer ce que la communauté dit depuis toujours, que les entrepreneurs francophones jouent un rôle important en Ontario. Près de 50 % des entreprises francophones hors Québec sont en Ontario. Elles représentent 4,3 % des entreprises ontariennes, alors que nous ne sommes que 4,1 % de la population. La proportion des entreprises et exploitations agricoles qui jouissent de revenus de plus de 500 000 $ est aussi plus élevée chez les francophones que chez les entrepreneurs non francophones. En 2016, l’apport économique des travailleurs francophones ou bilingues représentait 12,1 % du PIB de la province, soit près de 80 milliards $.

Nos entreprises sont présentes dans presque tous les secteurs d’activité commerciale, de la foresterie à l’extraction minière, du commerce au détail aux services de santé, de l’agriculture aux services professionnels et techniques. Les seuls domaines où nous trainons de la patte sont l’immobilier, les finances, le transport et, surprise surprise, l’information et les industries culturelles. 

C’est dans le Nord de l’Ontario que la proportion d’entreprises francophones est la plus importante, soit 13,9 % des PME. Mais l’étude dénote quand même certains problèmes dans le Nord. 

Par exemple, même si les entreprises d’ici sont nombreuses, leur proportion est plus basse que celle de la population francophone d’ici qui, elle, est de 15,4 %. L’étude démontre aussi que 51 % des propriétaires des entreprises francophones du Nord sont âgés de 50 à 64 ans. On ne précise pas si ces propriétaires pensent déjà à la relève et si celle-ci sera francophone. Les exploitations agricoles du Nord sont aussi plus petites que la moyenne provinciale et l’âge moyen de leur propriétaire est aussi plus élevé.

En somme, nous devons être fiers du rôle que nous jouons dans l’économie ontarienne. Espérons maintenant que cette étude étendra cette fierté à nos gouvernements afin qu’ils mettent en place des leviers pouvant faire prospérer nos entrepreneurs.

 

* https://lavoixdunord.ca/2022/06/30/les-entreprises-franco-ontariennes-nont-rien-a-envier-aux-autres/