le Samedi 20 août 2022
le Dimanche 24 juillet 2022 15:56 | mis à jour le 24 juillet 2022 15:57 Arts et culture

Écouter le passé

Critique de «Rewind» d’Anique Granger

Anique Granger a lancé son cinquième album, Rewind, le 10 juin. L’auteure-compositrice-interprète poursuit le thème de son précédent album, Le ruban de la cassette (2019), en écrivant des chansons basées sur des histoires partagées sur son podcast.

Les auteurs-compositeurs ont un choix à faire pour la thématique d’une chanson. Les paroles ne peuvent pas être n’importe quoi — elles doivent avoir un sens. Ils peuvent s’y prendre de différentes manières : par exemple, il peut s’agit d’une histoire fictive. Ils peuvent baser leurs chansons sur des expériences petites ou grandes, des idées et/ou des émotions qu’ils ont vécues. Ou encore, ils peuvent s’inspirer de l’expérience d’une autre personne. La beauté de l’art est que vous pouvez faire ce que vous voulez.

Ces dernières années, Anique Granger a choisi d’élargir ses horizons en écrivant sur les expériences des autres. C’est une idée intéressante, puisque c’est comme être un compositeur de musique de film : vous savez déjà quelle est l’intrigue, il vous suffit de la mettre en musique. Un projet qui requiert certainement de l’empathie.

Son balado, Le ruban de la cassette, est présenté en exclusivité via L’atelier culturel de Radio-Canada. Ce qui est fascinant dans ce projet, c’est que l’artiste invite l’auditeur à s’assoir et à écouter chaque épisode et chaque épisode se traduit en chanson. On le dit même dans la description de l’émission : «des rencontres marquantes transformées en chansons».

Ce nouveau disque, un EP de quatre titres, poursuit ce style qui lui a valu huit nominations au Gala Trille Or 2021 pour son œuvre précédente. S’inspirant des quatre épisodes de sa deuxième saison, les titres des épisodes et des chansons se répètent : Sur la trap line, Sans chevaux, On ne manquera de rien, Et Western Producer

Cela étant dit, cette saison est légèrement différente de la précédente. Les épisodes sont tous basés sur l’expérience d’une femme, alors que la première saison était basée sur une conversation entre l’hôte et l’invitée. La musicienne fransaskoise doit donc emmener l’auditeur dans le passé. 

Elle parle de toutes sortes de choses : être une trappeuse dans le Nord de l’Ontario dans Sur la trap line, voir une voiture pour la première fois dans  Sans chevaux, un troupeau de moutons dans On ne manquera de rien et l’importance de la radio et des livres pour une agricultrice dans Western Producer.

Elle fait un excellent travail. L’instrumentation et les arrangements conviennent à tous les contextes : ce n’est pas comme si elle faisait de la musique électronique sur une histoire qui s’est déroulée il y a 50 ans; elle s’en tient à ce qu’elle fait le mieux. C’est-à-dire de la musique qui tourne autour de sa voix, d’une guitare et d’un peu d’arrangements supplémentaires. Elle a réussi à faire en sorte que les morceaux aient ce côté nostalgique, tout comme les histoires.