le Samedi 20 août 2022
le Mercredi 27 juillet 2022 11:27 Éditorial

Ben drôle d’été

Éditorial — Les jeunes de moins de 30 ans n’ont peut-être pas connu autres choses, mais ceux qui ont connu la dernière moitié du XXe siècle vivent un ben drôle d’été. Fini les hivers froids de décembre à avril et les étés chauds de juin à septembre. Fini les quelques feux de forêt par été et la rareté des tornades. Il est clair que la planète entière vit des changements climatiques.

Changements climatiques, voilà deux mots qu’on dirait presque anathèmes dans nos médias. On s’étend à longueur de téléjournal sur les braves pompiers qui combattent les feux, sur les pauvres gens qui se noient dans les inondations, sur les villes et villages dévastés par les catastrophes météorologiques. En somme, on parle des effets, mais très peu de la cause.

Pourtant, la cause ou plutôt les causes, on les connait. Les scientifiques nous en parlent depuis plus de 40 ans. Au début, on parlait du réchauffement de la planète, mais on s’est vite rendu compte que nous ne vivons pas seulement des températures plus chaudes, mais plutôt un dérèglement du climat mondial.

 

La grande majorité des scientifiques accusent depuis longtemps les gaz à effet de serre (GES), mais que faisons-nous pour les éliminer? Nous avons réduit les émissions de nos véhicules et nous sommes même en train de les changer pour des véhicules électriques. Pour les activités qui nécessitent encore des produits pétroliers, grands émetteurs de GES, nous étudions actuellement des techniques d’enfouissement du carbone. Tout ça est nécessaire, mais on voit bien que ce n’est pas assez, ni assez rapidement.

Ce qui nous ralentit c’est l’inertie… et la politique. À l’échelle humaine, l’inertie veut dire qu’il est bien plus facile de ne rien faire que de changer nos habitudes. Or, quiconque a étudié un peu de physique sait que ça prend énormément d’énergie pour contrer l’inertie. Nos gouvernements ont tout le pouvoir que ça prend pour dicter des solutions, mais ils sont peureux. Ils craignent les électeurs — et des entreprises —  consommateurs d’inertie.

Devons-nous attendre que nos forêts brûlent, que nos villes soient inondées ou que nos maisons soient emportées par les vents avant de comprendre que nos gouvernements et nos industries doivent bouger plus vite? Quand serons-nous prêts à accepter qu’ils ont besoin de nous forcer à changer nos habitudes? 

Le plus tôt serait le mieux, parce que nous n’avons plus le choix.