le Lundi 5 Décembre 2022
le Mardi 6 septembre 2022 9:15 Actualités

Première visite à Sudbury

Marie Ève Chassé  — Photo : Julien Lavoie
Marie Ève Chassé
Photo : Julien Lavoie
Le festival de créations théâtrales franco-ontariennes de l’organisme Théâtre Action (TA) se tiendra pour la première fois à Sudbury — à la Place des Arts de surcroit. Le passage de Feuilles vives dans la ville du nickel en septembre correspond en fait au 50e anniversaire de TA, une naissance où la révolution culturelle franco-ontarienne qui se passait à Sudbury a eu un rôle à jouer.

Les Feuilles vives est une rare chance pour le public de voir des pièces de théâtre originales «qui sont achevées, en cours de développement ou même à l’état d’idée», explique la directrice générale, Marie Ève Chassé.

«C’est l’occasion de rencontrer une œuvre pour la première fois, pendant qu’elle est encore fragile, qu’elle est en développement. D’une certaine façon de participer à la création de cette œuvre-là, parce que la réception du public informe les créateurs sur ce qui fonctionne, ce qui est moins bien compris, etc.», explique le directeur artistique du festival, Antoine Côté-Legault.

On y trouvera cette année huit mises en lecture et laboratoires d’artistes qui tentent d’ajuster leur création. Le Nord de l’Ontario est représenté cette année par Alex Tétreault et sa création Nickel City fifs.

Ce sera la première à Sudbury, mais pas la dernière. Les premières éditions ont toutes eu lieu à Ottawa, sauf celle de 2020, qui s’est déroulée seulement en ligne. Marie Ève Chassé annonce que le festival sera désormais présenté en alternance entre Sudbury, Toronto et Ottawa, quand même aux deux ans.

Antoine Côté-Legault

Photo : Archives

Effet à long terme

Les Feuilles vives a été créé en 2012. La première édition devait être la seule, mais «ce fut un succès tellement incroyable que, finalement, on a décidé de le faire une deuxième fois» et, de fil en aiguille, l’évènement bisannuel s’est imposé, raconte Mme Chassé.

L’impact évident au fils des ans de Feuilles vives, lance-t-elle, est d’avoir vu plusieurs des textes présentés devenir des pièces de théâtre à part entière. «Il y a eu des complicités qui se sont développées entre des artistes et des compagnies, ou même entre les artistes à l’intérieur des projets. L’intérêt ne s’est pas tarie avec le temps. Au contraire, on a de plus en plus de propositions, de diversité de proposition aussi.»

Antoine Côté-Legault ajoute que le festival a aussi évolué avec le théâtre franco-ontarien, se permettant de présenter des formats de plus en plus diversifiés. «Cette année, on a une lecture chantée [d’une pièce pour enfant]. Mais on a aussi accepté des projets de traduction qui nous ont été proposés», ce qu’il n’était pas le cas au début.

Cette évolution reflète celle du tissu social franco-ontarien. Les pièces sur l’identité queer ou parlant du choc des cultures y ont aussi fait leur apparition au cours des ans. «Une pièce comme Ça rime avec vinaigre, de Katia Café-Fébrissy, qui traite très frontalement de racisme, c’est une pièce qu’on est super content d’accueillir», dit M. Côté-Legault.

L’édition pandémique de 2020 laisse aussi sa trace. Les mises en lecture avaient été transformées en baladodiffusions. L’expérience positive a encouragé les organisateurs à prévoir l’enregistrement professionnel de quatre des présentations de cette année pour les transformer en balado, qui seront disponibles en octobre. «Les gens qui ne sont pas disponibles ou qui ne peuvent pas se joindre à nous vont aussi pouvoir entendre les balados», intervient Antoine Côté-Legault.

Et pour fêter

Puisqu’il s’agit aussi de fêter le 50e anniversaire de TA, Feuilles vives 2022 aura quelques autres évènements.

Vendredi, il y aura un microlancement pour l’Expositions Moé, j’viens du Nord, ‘stie – 50 ans !, le 16 septembre à 16 h suivi du cocktail d’ouverture.

Un projet d’Emmanuel Gingras a aussi attiré l’attention du jury, mais puisqu’elle est encore à l’étape de la recherche, elle présentera plutôt une table ronde qui a comme sujet «Les enjeux identitaires et linguistiques ont-ils éclipsé la prise de parole des femmes dans le théâtre franco-ontarien?» Nous pouvons annoncer en primeur les femmes qui participeront à la discussion : Marie-Thé Morin, Miriam Cusson et Brigitte Haentjens.

Puisqu’il s’agit de premier rassemblement en personne pour TA depuis 2020, les membres auront l’occasion de réseauter avec des activités comme la présentation des bons coups du réseau et de rencontrer le nouveau directeur général, Benoît Roy, qui remplacera Mme Chassé en octobre. Celle-ci quitte après 15 ans chez TA.

Samedi soir, ce sera la grande fête des «50 ans et un jour» de Théâtre Action et il y aura la remise de prix le dimanche, en collaboration avec la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada.

 

Voici l’horaire grand public du festival Les Feuilles vives. Le cout d’entrée est de 16 $ par présentation, gratuit pour les 12 ans et moins.

16 septembre

14 h

Jaune comme joie de Sarah Migneron à la Boite noire de la Place des Arts. Pour les 3 ans et plus.

16 h

Lancement de Expositions Moé, j’viens du Nord, ‘stie – 50 ans ! Dans la Zone jeunesse de la Place des Arts (2e étage).

18 h

Nickel City fifs d’Alex Tétreault au Bar Zig’s (54, rue Elgin).

20 h 15

Crawlspace de Karen Hines dans une traduction de Mishka Lavigne dans la Boite noire de la Place des Arts.

17 septembre

10 h 45

Le Roi Poubelle d’Eudes La Roche-Francoeur dans la Grande Salle de la Place des Arts. Pour les 10 à 14 ans.

12 h

Table ronde : Les enjeux identitaires et linguistiques ont-ils éclipsé la prise de parole des femmes dans le théâtre franco-ontarien ? À la zone jeunesse.

14 h

Zaddy Issues de Merlin Simard dans la Grande Salle de la Place des Arts.

15 h 15

C + C de Lisa L’Heureux dans la Boite noire de la Place des Arts.

16 h 30

Claire d’Anie Richer, une traduction de Little One de Hannah Moscovitch dans la Grande Salle de la Place des Arts.

20 h

50 ans et un jour, fête de Théâtre action à la Boite noire de la Place des Arts.

18 septembre

10 h 45

Ça rime avec vinaigre de Katia Café-Fébrissy dans la Grande salle de la Place des Arts.