le Mercredi 30 novembre 2022
le Lundi 26 septembre 2022 15:58 | mis à jour le 28 septembre 2022 0:46 Francophonie

«L’Orignal déchaîné» retrouvera son financement

Les participants au rassemblement du 26 septembre à l'Université Laurentienne — Photo : Julien Cayouette
Les participants au rassemblement du 26 septembre à l'Université Laurentienne
Photo : Julien Cayouette
Sudbury — L’Association des étudiants francophones (AEF) de l’Université Laurentienne dit s’être entendue avec «L’Orignal déchaîné» pour recommencer à financer le journal étudiant francophone de l’établissement. Il est cependant trop tard pour prélever le montant des frais payés par les étudiants en début d’année. Par conséquent, l’argent pour l’année 2022-2023 sortira des coffres de l’AEF.

Olivier Bonin-Ducharme et Nafwal Sbaa ont fait monter le drapeau franco-ontarien ensemble en signe de réconciliation de l’AEF et de L’Orignal déchaîné.

Photo : Julien Cayouette

Le vice-président politique de l’AEF, Nawfal Sbaa, a fait cette annonce lors d’une cérémonie de lever des drapeaux des Premières Nations et franco-ontarien organisée par l’AEF sur le campus de la Laurentienne le 26 septembre. Le rapprochement est possible grâce à un «accord de réconciliation».

Aussi bien l’AEF que L’Orignal déchaîné se gardent de commenter l’entente ou d’en donner des détails pour l’instant. Ils doivent attendre que chaque conseil d’administration soit pleinement au courant des détails. Mais «ils ont trouvé un terrain d’entente» qui va permettre d’aller de l’avant, dit M. Sbaa.

Au cours de l’été, l’Association avait décidé d’arrêter de financer le journal étudiant en donnant comme raison que les dirigeants du média ne voulaient plus qu’il fasse partie de l’association ni de l’Université Laurentienne. Le président de L’Orignal déchaîné disait de son côté qu’il y avait un malentendu quant aux changements faits à la constitution du journal. Il contestait aussi la validité juridique de la décision. 

Changements d’acteurs

Le 29 aout, une motion de destitution à l’endroit de la présidente, Hemliss Konan, a été acceptée à l’unanimité par le conseil des délégués (CDD). Dans un courriel envoyé aux membres de l’AEF que Le Voyageur a pu consulter, l’AEF indique que la décision est fondée sur l’article 5.3.1.1.5 de la constitution de l’AEF. Cet article fait partie de la section sur les raisons valables pour la destitution d’un membre du CDD. L’article précise qu’une destitution peut survenir si le membre : «Agi[t] au nom de l’AEF sans consultation adéquate avec les membres».

Nawfal Sbaa tient à le préciser que le cas de L’Orignal déchaîné n’était pas la cause principale de ce vote. «Il y avait d’autres dossiers qui ont fait que le CDD a décidé à l’unanimité de son départ.»

Le vice-président politique de l’AEF, Nawfal Sbaa

Photo : Julien Cayouette

À la fin aout, le conseil des délégués de l’AEF — qui est en quelque sorte son conseil d’administration — a pris la décision de créer un comité qui aurait la tâche de renouer les liens avec L’Orignal déchaîné. «Ce comité a trouvé un arrangement pour se réconcilier. Un arrangement amical et financier bien entendu, pour reprendre le financement de L’Orignal déchaîné et aussi la planification future.» 

Le journal avait aussi mandaté un membre de son conseil d’administration pour mener les négociations.

Dans un communiqué envoyé le 27 septembre, l’AEF ajoute que le CDD «a jugé que la fin du financement du journal étudiant L’Orignal déchaîné était non fondée et inconstitutionnelle ne se conformant pas aux règles de l’AEF».

«Il aura fallu la tenue de plusieurs réunions marathoniennes et l’intervention d’un médiateur pendant les deux derniers mois pour résoudre ce malentendu», conclut-il dans le même communiqué.

Un symbole

Le nouveau rédacteur en chef de L’Orignal déchaîné, Olivier Bonin-Ducharme, est heureux du dénouement. «C’est définitivement une bonne chose. C’était primordial que l’on s’entende sur les mêmes choses. On est plus puissant quand on est uni.»

«L’Orignal déchaîné est un journal mythique, pas seulement pour l’AEF, mais aussi pour la francophonie au sein de l’Université Laurentienne, dit M. Sbaa. On tient à notre francophonie, parce qu’elle nous représente au sein de la Laurentienne, et la Laurentienne nous représente en tant qu’étudiants francophones.»

Le conseiller spécial du Bureau des affaires francophones de l’Université Laurentienne, Roch Gallien, était présent pour la cérémonie ainsi que la prochaine directrice par intérim, Charlotte Primeau. 

Pour M. Gallien, la confirmation de la survie d’«un journal pour les francophones où on pouvait écrire ce que l’on pensait, ce que l’on voulait» est une excellente nouvelle. Une relation qu’il qualifie d’importante entre l’AEF, l’Université et L’Orignal déchaîné