le Mercredi 30 novembre 2022
le Jeudi 29 septembre 2022 0:10 Société

Les utilisateurs de chiens-guides encore victimes de discrimination

  Photo : Shutterstock
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Grand Sudbury — De nombreuses personnes qui ont un chien-guide font encore l’objet de discrimination lorsqu’elles tentent d’obtenir un emploi ou au travail. Stéphanie Pilon de Sudbury assure pourtant que les utilisateurs de chiens-guides sont disposés à répondre à toutes les questions que les gens se posent sur ces chiens.

Au cours du mois de septembre, dédié à la sensibilisation à l’accès des chiens-guides, la coordonnatrice de programme au sein de l’Institut national canadien pour les aveugles (INCA) à Sudbury encourage les recruteurs, lors des entrevues d’embauche, à se conformer à la législation qui protège les utilisateurs de chiens-guides. 

Évoquant la discrimination à l’égard des utilisateurs de chiens-guides en milieu de travail, l’INCA a donné l’exemple de Stéphanie Pilon parmi les victimes de cette discrimination. Lors d’une entrevue d’emploi, «on lui a dit qu’elle ne pourrait pas être embauchée parce que son chien-guide pourrait mordre ou blesser un client». 

Mme Pilon travaille à Sudbury, où elle est coordonnatrice du programme des apprentis de l’INCA. Elle a confirmé au Voyageur qu’elle a subi, dans le passé, cette discrimination. «Cela m’est arrivé, mais pas pendant que je vivais à Sudbury. Il y a de cela six ou sept ans et le but d’avoir mentionné cela, en donnant cet exemple, n’était pas pour nommer ou faire honte aux organisations. Il s’agissait simplement de donner un exemple de l’une des choses que l’on dit parfois aux utilisateurs de chiens-guides lorsqu’ils postulent pour des emplois», déclare-t-elle.

Le cas de Stéphanie Pilon n’est pas unique dans le pays. L’INCA donne un autre exemple : Ashley Nemeth de Regina, en Saskatchewan. La discrimination s’est produite après qu’on lui ait offert un emploi. Elle a informé son nouvel employeur qu’elle allait suivre une formation avec son premier chien-guide avant de commencer à travailler et son offre d’emploi a été annulée. 

«Mon emploi a pris fin avant même d’avoir commencé», déclare Ashley, citée dans une communication de l’INCA. «On m’a dit que je ne pouvais pas amener mon chien au bureau en raison des allergies. J’étais sous le choc. Tout ce que je pouvais penser, c’était “Ça arrive encore?”»  

Privilégier la sensibilisation

Même si, dans toutes les provinces et tous les territoires du Canada, la législation sur les droits de la personne interdit de faire de la discrimination à l’endroit d’une personne qui travaille avec un chien-guide, les utilisateurs de chiens-guides continuent d’en être victimes. 

«La discrimination existe encore. La plupart du temps, les gens ne vont pas le dire directement. Pour vous refuser un emploi, ils vont trouver une autre raison qui cache le fait qu’ils ne veulent pas un chien-guide», déplore Guy Carrière, un résident de Sudbury qui a aussi besoin de l’aide d’un chien-guide. 

Celui-ci est légalement aveugle depuis qu’il a trois ans. «Les derniers sept ans, j’ai profité d’avoir un chien-guide pour aider à mon indépendance et ma confiance», dit-il. 

Un chien-guide est très utile pour son utilisateur, mais certains de ceux qui embauchent en font fi. «Il est vrai qu’il peut y avoir des gens qui ont des allergies, mais cela ne peut pas être un prétexte pour refuser un chien. S’il y a un risque de santé, on trouve une solution qui considère les droits de tous», dit Guy Carrière. Il souhaite que l’éducation et la sensibilisation continuent pour que les gens comprennent ce qu’est c’est un chien-guide. 

Stéphanie Pilon encourage, quant à elle, les gens à aller sur le site Web @cnib.ca. «Il y a là de l’information sur les chiens-guides pour les entreprises et nous encourageons les gens à se renseigner sur les droits des utilisateurs de chiens-guides, il existe une protection pour les utilisateurs de chiens-guides dans toutes les provinces du Canada.» 

Elle demande aux gens de garder l’esprit ouvert s’ils ont des questions. «Ils peuvent s’adresser à la personne qu’ils cherchent à embaucher et s’ils ont d’autres préoccupations ou des questions, ils peuvent communiquer avec l’INCA», ajoute Mme Pilon.

Un chien-guide est très utile

Guy Carrière fait savoir qu’un chien-guide est important. «Le chien-guide m’aide pour ma sécurité. Il rend ma marche très aisée. Quand j’usais de ma seule canne blanche, je n’avais pas la chance de me concentrer sur les sons des oiseaux ou écouter les enfants jouer, lors de ma promenade. J’étais tellement préoccupé par ma sécurité. Je ne relaxais pas. Mais avec le chien, ça me donne beaucoup plus de confiance», explique-t-il.

M. Carrière rassure : les chiens-guides ne peuvent pas blesser quelqu’un. «Il est tellement bien formé qu’il est différent d’un autre chien de maison. Au travail, il ne se promène pas. Il reste, tranquille, à côté des pieds de son utilisateur, jusqu’à ce que celui-ci se lève, à la fin de la journée».

La sensibilisation à l’accès des chiens-guides est principalement menée par la Fondation INCA. Fondée en 1918, elle est un organisme à but non lucratif qui cherche à changer ce que c’est que d’être aveugle aujourd’hui. Elle offre des programmes novateurs et un plaidoyer puissant qui permettent aux personnes touchées par la cécité de vivre leurs rêves et d’éliminer les obstacles à l’inclusion.