le Vendredi 2 Décembre 2022
le Mercredi 5 octobre 2022 23:20 Politique

Plus d’actions requises pour préserver l’environnement

Le lac Ramsey est une source d’eau potable qui doit être mieux protégée, disent des organismes de Sudbury. — Photo : Philippe Mathieu
Le lac Ramsey est une source d’eau potable qui doit être mieux protégée, disent des organismes de Sudbury.
Photo : Philippe Mathieu
Grand Sudbury — En mai 2019, la Ville du Grand Sudbury s’est engagée à avoir des émissions nettes nulles de gaz à effet de serre d’ici 2050. Trois ans plus tard, à l’approche d’une élection, certains organismes affirment qu’il faut en faire davantage pour atteindre ces objectifs.

La Coalition bien-vivre Sudbury a fait connaitre ses exigences très clairement : réduire les émissions de 25 % d’ici 2025 et de 55 % d’ici 2030. On estime qu’il pourrait y avoir jusqu’à 1300 emplois créés chaque année si cette feuille de route est suivie. Leurs objectifs sont également plus ambitieux que ceux de la Ville.

La Coalition a publié un document d’information à envoyer à tous les candidats énumérant ce qu’ils estiment devoir être prioritaire pour atteindre ces objectifs. L’un des principaux problèmes est un manque de plan et de leadeurship. «On doit faire beaucoup plus. Nous avons besoin de plans vraiment clairs pour atteindre ces résultats», dit une représentante de la coalition, Naomi Grant. 

Une des idées proposées par la coalition est l’installation d’un «personnel dédié à l’action climatique» au sein des fonctionnaires municipaux. Il s’agirait d’une personne désignée par la ville pour gérer les affaires climatiques et assurer un cheminement régulier vers des émissions nettes nulles. 

«Pour achever des buts ambitieux, nous avons besoin des ressources. Nous avons besoin aussi de quelqu’un qui est capable de rassembler les organismes et la communauté et capable de diriger. Ce sera quelqu’un de courageux», dit Mme Grant. 

Dans leur rapport, ils plaident également en faveur d’un plus grand nombre de logements abordables, de la réaffectation de 10 % du budget du Service de Police du Grand Sudbury (SPGS) à d’autres initiatives communautaires et de l’investissement dans les routes pour les rendre plus accessibles à d’autres formes de transport comme le vélo.  

Investir pour protéger nos eaux 

Une préoccupation commune exprimée par les citoyens concerne la protection des sources d’eau de la ville. Le Minnow Lake Group — un organisme qui s’est exprimé sur les possibles dangers posés par le défunt Kingsway Entertainement District (KED) sur une source d’eau importante — affirme que la ville doit être plus prudente dans le choix de l’emplacement des constructions. Bien que le groupe soit toujours heureux que le plan semble être enterré pour l’instant, on se préoccupe toujours des autres dangers qui existent.

Essentiellement, en ce qui concerne les élections, le groupe Minnow Lake préconise des candidats qui font attention au développement autour des sources d’eau. «Nous n’aurions jamais dû construire autour du lac Ramsey en premier lieu. C’est incroyablement dangereux de faire ça à une source d’eau potable aussi importante», dit le président de l’organisation, John Lindsay. 

«Le lac Ramsey soutient beaucoup de stress, nous devons surveiller ça», approuve Mme Grant de la Coalition.  

Mieux choisir comment dépenser

Certains membres du groupe Minnow Lake pensent que l’argent de la ville pourrait être mieux utilisé pour améliorer les infrastructures actuelles, investir dans la protection de nos sources d’eau et contribuer globalement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Un exemple est leur position pour le projet Junction East. 

«Il est certainement possible d’argumenter qu’une nouvelle bibliothèque n’est pas nécessaire à l’ère du numérique. Nous ne sommes pas surs de la raison pour laquelle ce projet va de l’avant. Nos sondages ont montré très peu d’enthousiasme pour une nouvelle bibliothèque ou une nouvelle galerie d’art», dit M. Lindsay. On préfère une approche plus conservatrice pour contrer la construction et le développement continus. 

Le parc Bell en bordure du lac Ramsey à Sudbury

Photo : Philippe Mathieu

Joignant l’acte à la parole

Vendredis pour l’avenir (Fridays for futur) est un groupe de jeunes militants pour le climat qui plaident pour que la ville prenne l’action climatique plus au sérieux, entre autres initiatives. 

Une conviction commune aux leadeurs des trois organismes est que la ville ne prend que partiellement au sérieux l’action climatique. «Je pense que la ville ne prend l’action climatique au sérieux que jusqu’à un certain point», dit la leadeure de Vendredis pour l’avenir, Sophia Mathur. 

L’une des causes que le groupe défend depuis des années est la signature par la Ville du traité de non-prolifération des combustibles fossiles. Ce traité stipule que les signataires accompliront trois choses : 1. Empêcher la prolifération du charbon, du pétrole et du gaz par l’exploration et la production; 2. Éliminer progressivement la production actuelle de combustibles fossiles conformément à l’objectif climatique mondial de 1,5 °C; 3. Accélérer la mise en place de solutions réelles et d’une transition juste pour chaque travailleur, communauté et pays. 

Le traité a reçu l’appui de plusieurs grandes villes et organismes dans le monde  : le Vatican, l’Organisation mondiale de la santé, les villes de Londres (Royaume-Uni), Toronto, Montréal, Ottawa, Vancouver, Paris, Genève, Amsterdam et bien d’autres. 

«Je pense qu’il est extrêmement important pour la ville de signer ce traité. Il pourrait être extrêmement bénéfique pour tout le Canada, en fait», souligne Mme Mathur.