le Mercredi 30 novembre 2022
le Dimanche 9 octobre 2022 16:19 Arts et culture

La malédiction du deuxième album

Critique — Choses Sauvages, un groupe de six musiciens de Montréal, a lancé son deuxième album, Choses Sauvages II, le 15 octobre 2021. Bien que la musicalité soit bonne, le produit aurait pu être plus intéressant.

Je suis un admirateur de ce groupe depuis qu’ils ont sorti leur premier album, Choses Sauvages, en 2018. Le groupe est rempli de multi-instrumentalistes. Un jam band dans l’âme, ils ont un son indie-funk difficile à catégoriser. 

On dit souvent que les artistes ont du mal à suivre ou dépasser la qualité de leur premier grand succès. Ce deuxième album s’appuie un peu trop sur des arrangements étendus, des introductions plus longues et une présence vocale globalement moindre que le premier. Il donne l’impression que l’on regarde le groupe en direct. 

Des arrangements supplémentaires sont essentiels à la construction d’un spectacle de 90 minutes. Cependant, il est préférable de ne pas reproduire un spectacle en direct sur un album studio, sauf si vous avez l’intention de sortir un album live. 

En l’absence de virtuoses, ce qui signifie qu’il y a un manque de solos, le groupe présente de multiples parties de clavier, de synthétiseur et de guitare qui échangent des riffs et des mélodies pendant ce qui semble être une heure par chanson, toujours avec la basse, la batterie et les percussions.

La musique est toujours bonne et les musiciens aussi. La conception de l’album n’a tout simplement pas été bien pensée, ou leurs choix se traduisent mal en album. Un album nettement moins commercial. Le premier disque était beaucoup plus énergique et vibrant, ce qui le rendait beaucoup plus divertissant.

Bien que l’on devine que leur objectif était probablement de faire de la musique instrumentale intéressante pour danser, ils auraient peut-être pu plutôt continuer ce qu’ils avaient commencé dans leur premier album : des arrangements plus centrés sur la pop qui les rendent plus accessibles. Choses Sauvages II, aussi bon soit-il musicalement, demande beaucoup d’attention pour pouvoir l’apprécier et cela peut causer quelques problèmes. 

Il y a deux chansons meilleures que les autres sur le disque, qui en contient douze : Homme-Machine et Dimensions. Ces deux chansons semblent avoir des arrangements bien calculés en termes de longueur instrumentale, les échanges entre la voix et les instruments sont justes à la bonne longueur. 

Si vous cherchez de la musique pour danser ou si vous êtes un joueur de synthétiseur passionné, ce disque est peut-être pour vous. Mais si vous êtes intéressé par une musique pop qui ne s’éternise pas dans ses arrangements, cherchez ailleurs.