le Lundi 5 Décembre 2022
le Mardi 11 octobre 2022 16:36 Éducation

Partager l’innovation en petite enfance

Céline Kerampran et la ministre Karina Gould — Photo : Julien Cayouette
Céline Kerampran et la ministre Karina Gould
Photo : Julien Cayouette
Sudbury - Canada — Seize projets d’innovation en petite enfance se partagent 27,4 millions $ sur trois ans pour renforcer la prise de données et partager leurs expertises acquises avec le reste du Canada. L’un de ces projets est le Centre de la petite enfance en forêt à la garderie Boréal des tout-petits du Carrefour francophone de Sudbury, qui reçoit 506 339 $.

Les projets financés couvrent une variété de sujets et de laboratoires qui créent de nouvelles expériences, explorent de nouveaux sujets et de nouvelles façons de faire participer les enfants. 

Au niveau national par exemple, le projet Éconocoop de la Commission nationale des parents francophones reçoit 2 813 872 $. Créé en 2020, Éconocoop est une coopérative qui offre des services à ses membres dans l’espoir de faire des économies d’échelle et de rendre le travail en garderie plus attrayant.

Au niveau des provinces et des localités, il y a des projets pour explorer l’intégration des enfants aveugles, pour de la formation hybride, pour la rétention du personnel, pour l’enseignement des langues des Métis et de Premières Nations et bien d’autres.

Ce financement sert à la mise en place des projets, mais aussi à recueillir des données pour l’amélioration des programmes d’éducation à la petite enfance. «[Pour] voir quelle est la pédagogie dont ils ont besoin, c’est quoi les méthodes appropriées pour assurer que les enfants apprennent le plus possible et aussi pour partager ces idées et ces innovations partout au pays», affirme la ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Karina Gould, de passage à Sudbury pour faire l’annonce.

Le député fédéral de Nickel Belt, Marc Serré, la députée fédérale de Sudbury, Vivianne Lapointe, la ministre Karina Gould, la coordonnatrice du Centre de la petite enfance en forêt à la garderie Boréal des tout-petits, Céline Kerampran, et le directeur général et culturel du Carrefour francophone, Stéphane Gauthier.

Photo : Julien Cayouette

Le projet de plein air de Boréal des tout-petits

La ministre Karina Gould a choisi d’annoncer le programme à Sudbury le 11 octobre parce que le Centre de la petite enfance en forêt de Boréal des tout-petits du Carrefour fonctionne déjà depuis au moins deux ans.

Le simple fait de sortir de la garderie avec les enfants peut être un défi. «Les politiques de température ou le simple fait de croire qu’on n’a pas le droit en termes d’assurance, en termes de santé publique… Il y a beaucoup de fausses idées parce que c’est considéré tout de suite comme une excursion», explique la coordonnatrice du Centre de la petite enfance en forêt, Céline Kerampran. 

Le simple fait d’avoir le bon équipement peut être une barrière, car les éducatrices en garderie n’ont pas le temps, ni le devoir, de l’acheter, dit-elle. 

Les bénéfices pour les enfants et les éducatrices sont déjà observés par le personnel de Boréal des tout-petits. Mme Kerampran, raconte que les artistes de Foolish operations — une compagnie de danse qui a passé une semaine en résidence artistique au Centre — ont remarqué que la motricité des enfants du programme en forêt était plus développée. 

«J’aime beaucoup observer la créativité, l’imagination. Une branche peut devenir un camion, une poupée. La diminution du stress fait qu’on a moins de problèmes de comportement. Moins de fatigue en raison du bruit. Nous on est plus en forme, plus alerte», énumère la coordonnatrice. 

Des enfants du Centre de la petite enfance en forêt à la garderie Boréal des tout-petits du Carrefour francophone de Sudbury.

Photo : Courtoisie

Céline Kerampran

Photo : Julien Cayouette

À l’extérieur, les éducatrices n’ont pas besoin de passer des heures à nettoyer et ranger le matériel. «On a tout notre temps pour interagir avec les enfants.» Pour Mme Kerampran, ceci devient même un outil d’embauche et de rétention du personnel.

Le directeur général et culturel du Carrefour francophone de Sudbury, Stéphane Gauthier, indique que le plein air prend de plus en plus de place dans la programmation de leurs garderies depuis quelques années. 

À travers le projet «Recherche-action et transfert de modèle : Centre de la petite enfance en forêt», le Carrefour pourra vérifier et mesurer empiriquement les effets d’une éducation centrée sur la nature, sur l’interdépendance des écosystèmes et sur la vie en générale plutôt que sur l’humain.

Il indique par exemple qu’ils croient avoir remarqué que les enfants sont moins malades. Ce sera justement l’une des choses que l’investissement permettra de documenter. 

«Je commence à voir ce genre d’initiative à travers le pays. Il y a plusieurs garderies qui ont accès à une forêt, qui cherchent à naturaliser leurs espaces extérieurs et s’assurer que les enfants passent du temps à l’extérieur», dit la ministre Gould pour présenter l’intérêt du projet du Carrefour francophone pour le reste du pays.

«Ça va nous permettre d’avoir un modèle que l’on peut étendre à d’autres centres, même en dehors du Carrefour», souligne Céline Kerampran.

Question de salaire

Même si quelques projets abordent la question de la rétention des éducatrices dans les garderies, cet investissement ne touche pas directement à ce problème de base que vit le domaine en ce moment. 

La ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social indique qu’il revient aux provinces d’instaurer des changements pour favoriser la profession; comme améliorer les salaires et les conditions de travail. Cette question fait d’ailleurs partie des ententes signées entre le fédéral et toutes les provinces et territoires. L’Ontario serait en retard sur son plan par rapport à d’autres provinces puisqu’ils ont signé en dernier.