le Vendredi 2 Décembre 2022
le Mercredi 19 octobre 2022 11:26 Éditorial

Être Franco-Ontarien selon Joanne

La récipiendaire du Mérite Horace-Viau 2022, Joanne Gervais — Photo : Julien Cayouette
La récipiendaire du Mérite Horace-Viau 2022, Joanne Gervais
Photo : Julien Cayouette
La semaine dernière, les clubs Richelieu du Grand Sudbury ont décerné le Mérite Horace Viau à une personne qui a œuvré au développement de la communauté francophone de la région. Cette année, la distinction a été remise à la directrice de l’ACFO-Sudbury, Joanne Gervais.

Le prix est nommé en l’honneur du fondateur du premier club Richelieu à Ottawa. En passant, le deuxième club Richelieu a été fondé à Sudbury. Déjà, cette distinction était décernée seulement aux membres du club qui s’étaient démarqués par des années de bénévolat. Il y a une vingtaine d’années, les clubs de Sudbury ont décidé d’honorer aussi une personne de la communauté francophone. 

La tradition est bien sûr de permettre au/à la récipiendaire de prononcer un message de remerciements. Celui de Joanne Gervais mérite qu’on s’y arrête.

En commençant, Joanne a voulu expliquer pourquoi cette distinction était super importante pour elle. Elle a raconté que c’est lorsqu’elle a premièrement participé à cette remise de prix en 2005, elle a réalisé ce qu’était que d’être francophone en Ontario. C’est son grand frère Gaétan — concepteur du drapeau franco-ontarien — qui a reçu le prix cette année-là. Mais, selon elle, ce qui l’avait marquée, c’était de rencontrer les six personnes qui avaient été mises en candidature pour ce prix. Elle qui vivait allègrement en anglais, autant sinon plus qu’en français, réalisait tout à coup que vivre en français en Ontario était un choix de vie. 

Joanne a alors décidé de s’engager dans notre communauté. Et son engagement repose sur trois principes ou croyances.

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Sa première réalisation c’est que «ma francophonie est vécue à l’intérieur de moi et non à l’extérieur». Autrement dit, ce n’est pas parce qu’on va une fois ou deux à un spectacle en français qu’on est vraiment francophone. Ça ne veut pas dire non plus qu’on ne l’est pas si on ne va pas voir des spectacles en français. Elle ajoute : «ma francophonie est une question de conviction et de volonté que je réanime tous les matins.»

Sa deuxième croyance c’est que ce sont les petits gestes quotidiens que l’on pose qui contribuent à bâtir la francophonie. Elle cite en exemple de demander des services en français, s’afficher comme fier francophone, ne pas avoir peur de défendre respectueusement le français auprès de ceux qui le dénigrent, dire «Bonjour» et «Merci» plutôt que «Hi» et «Thank you». 

Son troisième principe est d’encourager notre communauté à applaudir et à célébrer nos accomplissements. C’est en faisant la promotion de Place des Arts, de nos institutions comme le Collège Boréal, de nos conseils scolaires et de notre Université de Sudbury, en appuyant nos spectacles, nos élus francophones, nos artistes et nos leadeurs communautaires que nous contribuons à l’épanouissement de notre communauté. 

On pourrait ajouter, en étant fier de notre langue même si on s’enfarge en anglais de temps en temps, en la parlant constamment à nos enfants et à nos petits-enfants, en la parlant avec des francophiles qui essaient de la parler plutôt que de «switcher» à l’anglais. 

Merci Joanne pour ces pistes importantes.  C’est maintenant à nous d’en ajouter.