le Lundi 5 Décembre 2022
le Vendredi 21 octobre 2022 16:09 | mis à jour le 21 octobre 2022 16:30 Politique

Feuilleton de la Colline — Semaine du 17 octobre 2022

En politique cette semaine : de nouveaux ministres québécois nommés à la francophonie, le ministère de l’Immigration toujours en retard dans son traitement des visas, des députés québécois refusent de prêter serment à Charles III et l’Association des femmes autochtones du Canada revendique son droit de participer à la composition du Conseil national de réconciliation.

Jean-François Roberge, nouveau ministre caquiste de la Langue française et de la Francophonie canadienne au Québec.

Plus sur la francophonie 

  • De nouveaux ministres québécois nommés pour la francophonie

Jeudi, François Legault, réélu premier ministre du Québec le 3 octobre, a dévoilé son Cabinet composé de 30 ministres

Jean-François Roberge passe de ministre de l’Éducation à ministre de la Langue française ainsi que responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne. Il remplace à ce poste Sonia LeBel, qui devient responsable de l’Administration gouvernementale. Elle conserve toutefois la présidence du Conseil du trésor.

La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Liane Roy, a félicité le nouveau ministre : «La FCFA a hâte de travailler avec le ministre Roberge pour continuer à bâtir des solidarités francophones entre le Québec et nos collectivités.»  

Liane Roy a au passage remercié Sonia LeBel, saluant son «leadeurship» lors du Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes et la nouvelle Politique du Québec en matière de francophonie canadienne.

Martine Biron, ex-journaliste politique à Radio-Canada, élue dans la circonscription des Chutes-de-la-Chaudière, hérite pour sa part des Relations internationales et de la Francophonie. 

  • Pas de secrétaire parlementaire à la francophonie en Alberta

Le Québec n’était pas le seul à avoir un nouveau Cabinet de ministres : la première ministre albertaine Danielle Smith a également dévoilé le nom de ses 24 ministres, vendredi.

Toutefois, personne n’a été nommé secrétaire parlementaire à la francophonie, poste qu’occupait le député de Rivière-la-Paix, Dan Williams, sous le mandat de l’ex-premier ministre Jason Kenney. Il avait pour mission d’appuyer le ministre de la Culture pour promouvoir la langue française et la culture franco-albertaine.

  • Échanges musclés sur le français à la Commission sur l’état d’urgence

Lors de la Commission sur l’état d’urgence, jeudi, le conseiller municipal de la Ville d’Ottawa Mathieu Fleury a demandé à l’avocat unilingue anglophone des organisateurs du convoi, l’Albertain Brendan Miller, de poser sa question en français. 

Ce dernier souhaitait que le conseiller définisse des termes en anglais. «Je suis francophone, a réagi Mathieu Fleury. Si vous voulez être spécifique sur les mots, il va falloir que vous me le demandiez en français. […] Ma connaissance de la terminologie en anglais est peut-être inappropriée, M. le Commissaire.» 

Ce à quoi M. Miller a ironisé : «Je m’appelle Brendan», déclenchant des rires dans la salle. 

«Vous pensez que c’est drôle, mais ça ne l’est pas, a renchéri le conseiller Fleury. J’essaie de faire de mon mieux pour répondre clairement en anglais. Vous me posez une question très précise sur une définition, je vous dis de clarifier en français, il me fera plaisir de répondre». L’avocat a alors offert à M. Fleury un casque de traduction, que le conseiller municipal a refusé d’utiliser. L’échange s’est poursuivi en anglais.

Pas de serment au roi Charles III, une «culture du secret» au ministère de l’Immigration (IRCC) et des femmes autochtones revendiquent leur participation au Conseil national de réconciliation

  • Une «culture du secret» au sein d’IRCC sur les délais de traitement des visas

Le Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration (CIMM) de la Chambre des communes s’est repenché mardi sur les délais de traitement des demandes de visas au Canada. 

L’avocate Chantal Desloges, témoin devant le Comité, a affirmé n’avoir «jamais vu une situation aussi grave» concernant les arriérés de demandes de visas au Canada. Selon elle, certaines demandes sont dans le système depuis des années. «Il y a des mariages brisés, des enfants qui n’ont jamais rencontré leur père», a-t-elle assuré au Comité. 

L’avocate a cité deux causes : un système informatique obsolète à IRCC — «chaque nouveau système en ligne engendre de nouveaux problèmes techniques», a-t-elle témoigné. Elle a aussi cité une «culture du secret» au sein du ministère.

Le Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration s’est réuni pour la première fois depuis la nomination du Cabinet fantôme de Pierre Poilievre. Tom Kmiec, porte-parole conservateur en immigration, a fait son entrée comme nouveau membre du Comité. 

  • Des élus provinciaux et fédéraux reviennent sur l’obligation de prêter serment au roi 

Les députés du parti Québec Solidaire ont refusé de prêter serment au roi Charles III lors de leur assermentation mercredi, emboitant ainsi le pas à Paul Saint-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois, qui affirme depuis plusieurs semaines ne pas vouloir prêter allégeance au roi. 

Les députés solidaires ont prêté allégeance au peuple québécois, mais pas au roi. Ces serments sont inscrits dans la Loi sur l’Assemblée nationale et la Constitution canadienne.

Cette prise de position pourrait leur fermer la porte de l’Assemblée nationale lors de la rentrée parlementaire québécoise, le 29 novembre. 

Cette volonté s’est propagée jusqu’aux rangs fédéraux du Bloc québécois qui a affirmé que le parti consacrerait sa prochaine journée d’opposition à ce sujet. 

En mêlée de presse à Ottawa, Justin Trudeau a affirmé qu’«aucun Québécois ne veut qu’on rouvre la constitution canadienne».

  • Les Femmes autochtones veulent participer à la composition du nouveau Conseil national de la réconciliation

L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) veut avoir son mot à dire dans la composition d’un nouveau Conseil national de réconciliation (CNR) qui sera dirigé par des Autochtones.

Carol McBryde, présidente de l’Association des Femmes autochtones du Canada (AFAC).

C’est ce qu’a assuré sa présidente, Carol McBride, devant le Comité permanent des affaires autochtones et du Nord de la Chambre des communes lundi, alors que le Comité est en pleine étude du projet de loi C-29, qui instaurerait le CNR. 

Cette loi répond aux appels à l’action 53 à 56 de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR).

Le projet de loi précise que le Conseil national de réconciliation comprendra un conseil d’administration et que trois des organismes autochtones nationaux — l’Assemblée des Premières Nations, l’Inuit Tapiriit Kanatami et le Ralliement national des Métis — seront invités à présenter chacun la candidature d’un administrateur. L’AFAC, cependant, ne fait pas partie du processus de nomination selon la formulation actuelle de la loi et souhaite un amendement à ce sujet.

  • «L’incroyable course à la chefferie» des Verts en pleine implosion

C’est dans l’indifférence générale que le Parti vert a réduit à un tour sa course à la chefferie qui se déroulera le 19 novembre prochain. Selon le Toronto Star, un responsable aurait montré du doigt un manque de financement, au point où le bureau d’Ottawa du parti pourrait fermer boutique. 

  • L’industrie du cannabis au Canada appelle à l’aide

Lundi, le Conseil canadien du cannabis a demandé des allègements fiscaux à Ottawa, alors que le marché noir sévit toujours. 

Quatre ans après la légalisation de la substance au Canada, l’industrie souhaite que l’impôt soit ramené à son niveau original de 10 % et demande à Santé Canada la suspension immédiate de la taxe annuelle obligatoire (équivalant à 2,3 % des recettes brutes). Cela, dans l’attente des résultats de l’examen législatif de la Loi sur le cannabis ou de la Stratégie d’évaluation de l’industrie annoncée dans le cadre du Budget 2022 du gouvernement fédéral. 

Citation

«Je ne comprends pas les priorités du Bloc québécois. Au début, les députés du Bloc étaient ici pour la passion! Aujourd’hui, on voit qu’ils sont plutôt là pour leur pension!»

— Pablo Rodriguez, ministre de Patrimoine canadien, le 20 octobre 2022 en période de questions.