le Dimanche 4 Décembre 2022
le Mercredi 26 octobre 2022 14:00 | mis à jour le 26 octobre 2022 14:02 Économie et finances

Le Livre blanc sur les médias : Quel constat 5 ans plus tard?

  Photo : Shutterstock
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Ontario — Le 17 novembre, l’Assemblée de la francophonie ontarienne (AFO) organisera une table média pour discuter de la situation des médias francophones en Ontario. Cinq ans après la publication de son Livre blanc sur cette question, les choses ont-elles changé pour le mieux dans les médias, notamment sur le plan économique?

«Ça n’a pas vraiment changé. Ça avait repris pendant la COVID. Mais maintenant, les publicités du gouvernement ne sont pas beaucoup plus nombreuses», raconte à l’autre bout du fil le directeur de la radio Le Loup, CHYC 98,9 à Sudbury, Guy Rouleau.

Le rédacteur en chef de L’Orléanais, Jean-Marc Pacelli, est sensiblement du même avis : «Je peux dire que les publicités gouvernementales ne sont pas monnaie courante pour nous depuis janvier 2022. Du côté provincial, nous en avons eu un peu moins d’une demi-douzaine et je pense que nous en avons eu deux du côté fédéral, si on ne compte pas une publicité donnant certains détails pour l’élection.»

Pourtant, de l’avis du président sortant de l’AFO, de Carol Jolin, si la publication du Livre blanc n’a pas tout réglé, elle fut en soi «un exercice positif auprès des gouvernements». Il rappelle que les médias communautaires se sont reconnus dans les demandes faites dans le Livre blanc. 

Celui-ci a fait bouger les choses de l’avis de M. Jolin. Il donne pour exemple le travail qui a été fait au niveau de la bande passante, ce qui permet un meilleur accès aux médias francophones sur internet.

Quant aux publicités, il rappelle que durant la pandémie, alors que les médias anglophones avaient droit aux publicités gouvernementales, il a fallu rappeler au gouvernement canadien que les médias francophones en situation minoritaire méritaient eux aussi le même traitement. 

L’apport gouvernemental en termes de publicités est important pour la survie des médias francophones : «L’absence de publicités fait en sorte que, notamment les radios, ont moins de programmation», souligne M. Jolin.

Des fonds pour l’information

Selon Daniel Savoie, porte-parole de Patrimoine canadien au sein des Services de relations avec les médias, « le gouvernement du Canada, écrit-il, s’est engagé à favoriser des secteurs de magazines et de journaux communautaires solides et dynamiques qui répondent aux besoins changeants des lecteurs. » 

Pour ce faire, il énumère certaines initiatives réalisées dans la foulée du Livre blanc. Le Fonds du Canada pour les périodiques (PCF) en est une. Selon Daniel Savoie, le FCP a versé 565 000 $ à 13 périodiques francophones en situation minoritaire pour 2022-2023. Soulignons que le Fonds, modernisé en 2020, avait à sa création une enveloppe d’un peu plus de 74 millions de dollars. Selon Patrimoine canadien, sur ces 13 périodiques, quatre proviennent de l’Ontario français, soit La Tribune : La Voix de Nipissing Ouest, Agricom, Le Goût de vivre et Le Voyageur.

Au FCP, s’ajoute un 10 millions de $ pour la création du Fonds d’appui stratégique aux médias communautaires «qui apporte une aide financière aux projets qui contribuent au maintien des radios et des journaux de langue officielle en situation minoritaire», précise M. Savoie.

Enfin, le projet d’Initiative de journalisme local, lancé en 2019 avec une enveloppe 60 millions $ sur cinq ans, sert à appuyer la production de matériel journalistique, notamment dans les  communautés en situation minoritaire. Plus de 400 postes de journalistes à travers le Canada sont ainsi financés annuellement. Du côté francophone canadien, l’IJL est gérée par Réseau.Presse.

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Le Voyageur offre une vue d’ensemble de la francophonie et de la vie dans le Nord-Est de l’Ontario.

Des sommes récurrentes demandées

S’il a une déception à l’égard d’une recommandation soumise dans le Livre blanc et qui n’a pas encore réalisée, Carol Jolin déplore que le 5 % demandé sur les budgets des campagnes publicitaires gouvernementales aille aux médias francophones de l’Ontario se fasse toujours attendre. «Une grosse partie des publicités du gouvernement va dans les médias sociaux», constate celui qui aura été à la tête de l’AFO pendant six ans.

Toutefois, Carol Jolin, à quelques jours de passer le flambeau, se réjouit de voir que «l’AFO est bien branchée à Queens Park» et que des députés comme Guy Bourgoin — député du Nouveau Parti démocratique dans Mushkegowuk—Baie James, appuie les revendications de l’AFO en ce qui concerne les médias franco-ontariens.