le Mercredi 30 novembre 2022
le Vendredi 28 octobre 2022 16:06 Francophonie

Pour reprendre la recherche, le CFOF pourrait avoir besoin de l’Université de Sudbury

Le Journée d’étude du Centre franco-ontarien de folklore s’est déroulée à l’Université de Sudbury le 15 octobre. — Photo : Léo Duquette
Le Journée d’étude du Centre franco-ontarien de folklore s’est déroulée à l’Université de Sudbury le 15 octobre.
Photo : Léo Duquette
Sudbury — Afin de reprendre la collection et la recherche, le Centre franco-ontarien de folklore (CFOF) devrait considérer s’allier avec une université; l’Université de Sudbury si possible. Cette recommandation sera très probablement la principale des actes de la Journée d’étude organisée dans le cadre du 50e anniversaire du CFOF. Les actes qui devraient être publiés d’ici un an.

La journée d’étude a eu lieu le samedi 15 octobre, pendant le festival de contes Les vieux m’ont conté… leurs voyages. Justement, pour la réflexion, des ethnologues et des centres de folklores du Canada (incluant le Québec), de la Louisiane et de la France avaient été invités.

La recherche, la collecte et les publications scientifiques n’ont jamais été vraiment abandonnées par le CFOF, mais elles ont été plus sporadiques depuis les années 1990, constate le professeur d’ethnologie, Jean-Pierre Pichette, organisateur de la rencontre. 

Entre cette période et maintenant, le CFOF a tranquillement développé une expertise de médiation culturelle, qu’il n’avait pas sous la gouverne de son fondateur, le père Germain Lemieux. Les soupers, les prix et la production artistique sont tous arrivés pendant cette période.

Le souhait de M. Pichette, qui est aussi membre du conseil d’administration de la Fondation Germain Lemieux et du CFOF, c’est que le Centre ait la capacité de faire à nouveau de la recherche. Idéalement en association avec l’Université de Sudbury. «Qui, on l’espère, va reprendre les études en patrimoine, en folklore et en ethnologie… quand ça va marcher.»

Avoir l’aide d’étudiants permettrait d’en faire plus ou d’aller un peu plus vite, tout en leur donnant de l’expérience.

Ce n’est pas une question de survie pour le CFOF, précise M. Pichette. Il s’agit seulement de ne pas abandonner la collecte de données avant qu’il soit trop tard. 

Qui se ressemblent apprennent

La journée d’étude avait comme sous thème : Réflexion, bilan et point de vue sur les centres à vocation patrimoniale en milieu minoritaire francophone. L’objectif était de voir ce qui se faisait ailleurs. Tous les centres invités ont un équilibre différent entre recherche, archivage et médiation culturelle.

«On se demandait en comparant chacun des modèles, chacun des centres, comment on arrive à trouver un modèle qui va assurer une pérennité à ces centres», dit M. Pichette.

Le coorganisateur, Yves Frenette, le confirme : la plupart des centres dédiés au patrimoine en milieu minoritaire n’ont pas la vie facile.

Jean-Pierre Pichette donne en exemple de relation bénéfique entre le Centre de folklore acadien et créole de l’Université de Louisiane et les Festivals Acadiens et Créoles de Lafayette. L’intérêt que suscite le festival se répercute en intérêt pour le folklore et le programme universitaire. 

Il ne cache pas que pour le CFOF, l’idée d’une alliance avec une université flottait déjà avant le colloque. Le directeur général, Patrick Breton, confirme d’ailleurs au Voyageur que c’est un de ses objectifs à long terme. 

L’importance des alliances

Le CFOF a été créé en 1972 par le père Germain Lemieux dans un souci de protection de ses recherches, raconte M. Pichette. 

À la création de l’Université Laurentienne, le père Lemieux est devenu professeur au département d’histoire. «Le contexte bilingue le dérange et il craint que sa collection, parce qu’il voit bien que… finalement l’assimilation va se faire, donc il veut mettre ça à l’abri», raconte le professeur, qui a très bien connu le fondateur du CFOF et a publié des livres sur sa vie.

Le père Lemieux est tout de même resté quelques années dans l’Université, jusqu’à ce qu’il décide de déménager le CFOF au Centre des jeunes, puis à la Maison d’Youville, entre autres. 

Cette indépendance n’a cependant pas été sans inconvénient. Le CFOF a pu avoir accès éventuellement à du financement de Patrimoine canadien, mais pas à du financement du Conseil de recherches en sciences humaines, par exemple, qui doit passer par les universités, explique M. Pichette. 

«Dans la structure canadienne, c’est très très très difficile d’obtenir des subventions pour faire de la recherche si on est pas associé à une université», confirme Yves Frenette.

C’est l’avantage que les deux organisateurs voient dans l’éventuelle alliance : mettre en commun de l’expertise, des ressources humaines et du financement pour alimenter les deux aspects du CFOF.

M. Frenette croit aussi que les centres de folklore francophones canadiens, et même de l’étranger, auraient avantage à créer un regroupement flexible qui leur permettrait d’échanger et de collaborer davantage.