le Mercredi 30 novembre 2022
le Mercredi 9 novembre 2022 10:17 | mis à jour le 9 novembre 2022 10:23 Éditorial

Les élections américaines et le Canada

Éditorial — Au moment où vous lirez ces lignes, les Américains auront voté dans ce qu’ils appellent des élections de mi-mandat. Alors que nous écrivons ce texte (lundi 7 novembre), nous ne connaissons évidemment pas les résultats. Mais d’ores et déjà nous pouvons prédire le chaos qui en résultera et les effets que cette élection pourrait avoir sur le Canada.

NDLR : Maintenant que les résultats partiel sont connus, le texte a été ajusté par rapport à sa version originale.

Le système électoral américain prévoit ces élections comme un contrepoids au pouvoir exécutif de la présidence et de son cabinet. L’idée étant qu’au milieu d’un mandat présidentiel, on permette aux électeurs de choisir des candidats qui appuient ou non la politique du président. Il est notoire que ces élections de mi-mandat favorisent toujours le parti d’opposition — dans le cas présent les républicains. Les plus récents sondages semblent d’ailleurs donner raison à l’Histoire.

Au-delà de ces prédictions, ce qui marque le plus les élections de cette semaine, c’est le clivage politique qui anime l’électorat américain. De là, le chaos qui pourrait survenir.

Le chaos vient en premier lieu de l’ex-président Donald Trump, qui continue de clamer qu’il a gagné l’élection présidentielle de 2020 et que ce n’est qu’une fraude électorale massive qui l’a éclipsé du pouvoir. Le chaos vient aussi du fait que quelque 40 % des Américains le croient malgré toutes les enquêtes qui ont prouvé le contraire. Ce pourcentage est plus élevé chez les républicains.

Plus de 100 candidats républicains qui sont sur les bulletins de vote de cette semaine appuient ce que plusieurs appellent maintenant Le grand mensonge (Big Lie) de Trump. Plusieurs ont été défait, mais puisqu’ils croient à la fraude électorale, en resteront-ils là? Qu’arrive-t-il si tous les perdants se mettent à dire que le vote est truqué? 

Un chaos démocratique pourrait avoir un effet sur le Canada. Les États-Unis sont notre seul voisin, notre principal marché commercial et la plus grande influence socioculturelle sur notre pays. Lors de la campagne présidentielle de 2020, on a pu voir des pancartes pour Trump sur des pelouses au Canada. On a tous vu des protestataires canadiens qui portent des casquettes MAGA (Make America Great Again). L’extrême droite américaine a fait des petits au Canada et nous en subissons déjà les méfaits. Une victoire des républicains viendra conforter les complotistes canadiens.

Mais ce n’est pas tout. Si les sondages ont raison, les républicains pourraient très bien contrôler les deux Chambres du Congrès américain, bloquant ainsi toutes les politiques du président Joe Biden. (Les républicains ont gagné la chambre des représentants par une plus petite marge qu’anticipé, le sénat sera probablement décidé lors d’un deuximèe tour en Goregie le 6 décembre.) Or les politiques de l’administration Biden ressemblent aux politiques canadiennes sur les dossiers importants de l’heure. Par exemple, nos deux gouvernements encouragent le commerce nord-américain, essaient tant bien que mal de contrer les effets des changements climatiques et, surtout, appuient l’Ukraine contre le mégalomane envahisseur, Poutine. 

Or plusieurs candidats républicains continuent de vouloir déchirer l’entente de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique, nient les changements climatiques et certains disent déjà publiquement que Poutine a raison et qu’ils veulent cesser d’appuyer l’Ukraine. 

Voilà pourquoi vous verrez cette semaine de nombreux reportages et analyses sur l’élection américaine de mardi dans les médias canadiens. Il est bien de savoir ce qui nous pend au bout du nez.