le Mercredi 30 novembre 2022
le Jeudi 10 novembre 2022 14:57 Francophonie

Un premier prix au premier président

Denise Girard-Chartrand et Gilles Chartrand reçoivent le Prix de la francophonie de Cochrane 2022 des mains de la présidente du Rayon Franco de Cochrane, Isabelle Denault. — Photo : Denise Desaulniers-Schmid
Denise Girard-Chartrand et Gilles Chartrand reçoivent le Prix de la francophonie de Cochrane 2022 des mains de la présidente du Rayon Franco de Cochrane, Isabelle Denault.
Photo : Denise Desaulniers-Schmid
Cochrane — Le premier président du Rayon Franco de Cochrane, Gilles Chartrand, et son épouse, Denise Girard-Chartrand, ont reçu le tout premier prix de la francophonie décerné par l’organisme. Le Rayon Franco a pu organiser son deuxième gala le 5 novembre — le premier avait eu lieu avant la pandémie.

La plaque remise à M. Chartrand et Mme Girard-Chartrand

Photo : Denise Desaulniers-Schmid

M. Chartrand, 78 ans, a humblement accepté cet honneur : «Je trouve qu’il y en a beaucoup d’autres qui méritent la même chose. Je n’ai pas fait ça pour la gloire, je l’ai fait pour nos droits», lance-t-il en entrevue avec Le Voyageur.

M. Chartrand a toujours eu à cœur sa francophonie et a toujours utilisé sa langue en priorité. «On était respecté les francophones à Cochrane, mais on était un peu comme des deuxièmes citoyens… Les choses ont commencé à changer lentement, et pour le mieux», raconte-t-il.

Originaire de Noëlville — ancien de l’École St-Antoine de Noëlville —, M. Chartrand a étudié à l’Université Laurentienne dans les années 1960. Il a commencé sa carrière en enseignement en 1965 à l’École St-Louis de Génier, un petit village au nord de Cochrane. 

Son épouse, Denise Girard-Chartrand, l’a très souvent accompagnée dans ses engagements. Elle a fait les décors pour le carnaval et d’autres activités. Elle a été directrice de la chorale paroissiale. «On a été dans le dernier groupe de la chorale de l’église», qui n’existe plus depuis la COVID, mentionne M. Chartrand.

L’une des raisons derrière la création du Rayon Franco était de tenter de rejoindre les jeunes pour qu’ils s’intéressent davantage à la francophonie. M. Chartrand est heureux de voir que ça fonctionne, avec une jeune présidente.

Denise Girard-Chartrand et Gilles Chartrand reçoivent le Prix de la francophonie de Cochrane 2022 des mains de la présidente du Rayon Franco de Cochrane, Isabelle Denault. 

Photo : Denise Desaulniers-Schmid

Une influence qui dépasse Cochrane

Il a passé sa carrière en éducation, majoritairement en tant que directeur d’école dans la région. «Quand j’ai commencé à enseigner, j’avais jamais pensé de faire la direction», dit-il. Finalement, il a senti qu’il pouvait faire une différence s’il atteignait les niveaux plus élevés du conseil scolaire. 

Il se rappelle l’époque où il a été approché pour se présenter en tant que conseiller scolaire. «Les francophones n’étaient pas bien représentés» avant la création des conseils scolaires francophones, mentionne-t-il. 

Ayant toujours la francophonie à cœur, M. Chartrand voulait que les élèves aient accès aux ressources qu’ils méritent. «On avait très peu de livres francophones dans notre bibliothèque municipale», souligne-t-il. Lui et d’autres représentants du conseil scolaire ont fait le voyage jusqu’à North Bay pour rencontrer des responsables du ministère de l’Éducation pour réclamer plus de livres en français; qu’ils ont obtenu.

M. Chartrand n’a pas seulement été enseignant. Loin de là.

Un Grand Chevalier, un Richelieu, M. Chartrand a souvent été président, mais aussi secrétaire et conseiller pour un grand nombre de conseils d’administration. Entre autres ceux de l’hôpital de Timmins et district, du Cochrane Police Board, de à l’hôpital Lady Minto, du Bureau de santé Porcupine et beaucoup d’autres. 

Une des réalisations dont il est très fier, c’est la traduction en français des politiques du conseil municipal de Cochrane, accomplie pendant qu’il a été conseiller de 2004 à 2014. «Je suis fier de ma langue et je vais continuer à travailler pour la garder saine et vivante», indique-t-il.

Il a fait quelque chose de similaire à la Fondation de l’hôpital de Timmins, où il a travaillé à solidifier le conseil d’administration et y assurer une présence francophone. Lorsqu’il était président du Bureau de santé Porcupine, tout était publié dans les deux langues, dit-il.

Maintenant déménagés à Ottawa pour se rapprocher de la famille, M. et Mme Chartrand se sont tous deux rencontrés à Cochrane. 

Une époque plus simple dans les années 1960, se souvient Gilles Chartrand. «Les fins de semaine, il n’y avait pas grand-chose à faire à Cochrane», dit-il. Les enseignants essayaient de se réunir aussi souvent que possible et de se retrouver entre amis.