le Mercredi 30 novembre 2022
le Jeudi 17 novembre 2022 11:23 Chroniques et blogues

Ti-Jean et Ti-Zean main dans la main

Le lancement de la Semaine nationale de l’immigration francophone à Sudbury avec des participants à une table ronde sur l’intégration culturelle. — Photo : Réseau de soutien à l'immigration francophone du Nord de l'Ontario
Le lancement de la Semaine nationale de l’immigration francophone à Sudbury avec des participants à une table ronde sur l’intégration culturelle.
Photo : Réseau de soutien à l'immigration francophone du Nord de l'Ontario
Chronique — Le lancement de la Semaine nationale de l’immigration francophone a été à la fois emballant et décevant. La discussion qui a eu lieu à la Place des Arts le 7 novembre a été riche et importante. Malheureusement, très peu de ceux qui devaient l’entendre étaient présents.

Pas question de blâmer qui que ce soit ici. Les raisons pour cette absence sont certainement multiples et Le Voyageur a sa part de responsabilité : nous n’avons pas pu annoncer l’évènement à partir des informations que nous avions. Et nous avions bien une partie de l’information, puisque c’est moi qui ai fait les présentations et mané la table ronde.

Essayons plutôt de faire sortir le message qui a été partagé. Les tables rondes étaient une discussion intergénérationnelle sur l’intégration culturelle des gens de la diversité à Sudbury. Des commentaires ont été faits sur l’employabilité et apprendre à vivre à Sudbury, mais concentrons-nous sur les arts et la culture, puisqu’ils étaient les sujets désirés de la discussion.

Malgré les efforts faits au cours des dernières années, les communautés ethnoculturelles ne se sentent pas encore entièrement incluses dans les activités culturelles présentées à Sudbury. 

Ils suggèrent donc de les intégrer dès le départ dans la création et la planification des activités qui les visent, au lieu de seulement les inviter une fois que c’est presque prêt. La production du Théâtre du Nouvel-Ontario, Par ici le talent, a été cité comme exemple de réussite.

Du même pas, les membres des communautés ethnoculturelles doivent s’avancer, prendre la place qu’ils ont le droit d’occuper dans la communauté francophone. Cette intégration commence par le haut : les conseils d’administration des organismes culturels. Nous sommes convaincus qu’ils sont prêts à les accueillir. Mais pour inviter quelqu’un, il faut le connaitre.

Il faudra aussi trouver la meilleure façon de communiquer. Le bouche à oreilles semble être la meilleure solution pour rejoindre la diversité en ce moment. Il reste donc un défi de connexion par d’autres moyens. 

Les deux communautés sont encore séparées, elles doivent faire des efforts pour se rapprocher. Au début, il faudra des passeurs. Mais ultimement, il faudra former un seul courant.

En tant qu’une des portes d’entrée importante, les associations des étudiants internationaux ont un rôle important à jouer pour communiquer l’information à leurs membres. Pendant ce temps, les membres des communautés ethnoculturelles qui sont à Sudbury depuis plus longtemps, et qui s’intéressent aux arts, doivent se manifester auprès des organismes. 

Et les «vieux» Franco-Ontariens — sans vouloir insulter personne puisque je ne suis pas jeune moi-même — doivent sortir de leur zone de confort. Ne vous contentez pas du Cabaret africain. Allez voir les autres spectacles qui vous sont offerts. C’était le cas lors du spectacle de Kizaba (page XX). La foule était presque moitié-moitié.

Sudbury est l’un des berceaux de ce qui est devenu la culture franco-ontarienne. Nous sommes trop loin derrière Toronto et Ottawa pour être le berceau de la culture «néo-franco-ontarienne», mais la rencontre de Ti-Jean et Ti-Zean est la seule façon de préserver ce qui a été créé.

Je répète le même conseil que j’ai donné à la fin des discussions : l’ACFO du grand Sudbury affiche le drapeau franco-ontarien partout dans la ville pour que les «autres» s’habituent à sa présence. Les cultures africaines et caribéennes pourraient utiliser la même tactique. Éventuellement, elles feront partie de la minorité et ne seront plus une minorité dans une minorité.