le Mercredi 30 novembre 2022
le Mardi 22 novembre 2022 13:52 Politique

Rencontre avec Jeff Laferriere, nouveau maire de Temiskaming Shores

Jeff Laferriere — Photo : Marc Dumont
Jeff Laferriere
Photo : Marc Dumont
Temiskaming Shores — «J’aime penser qu’on m’a élu pour mon implication dans la communauté et pour mon expérience en politique municipale.»

Le tout nouveau maire de Temiskaming Shores, Jeff Laferriere, est né à North Bay et est arrivé dans le Témiskaming il y a 34 ans. Il est «tombé amoureux de la région». Il a déjà deux mandats comme conseiller municipal à son actif, en plus d’avoir été conseiller à Haileybury avant la fusion. «Mon implication m’a permis d’en apprendre tellement sur la communauté», mentionne M. Laferriere

D’abord vice-président en markéting chez Northern Telephone, il a quitté l’entreprise lors d’une vague de consolidation de Bell, propriétaire de l’entreprise. Il a alors mis sur pied une firme de conseillers financiers et en 2012, il devient gérant de la succursale de la Banque Royale de New Liskeard. Il prendra sa retraite en novembre.

Priorités multiples

Il a plusieurs priorités, mais le logement est en haut de la liste. «La nouvelle résidence de Northern College ne suffit plus à la demande. On voit de plus en plus de sans-abris. Et que dire des immigrants. Penser à régler la pénurie d’emplois commence par une offre adéquate de logement, soit avec du logement social ou des propriétés abordables», dit M. Laferriere. «Le conseil a un rôle de leadeurship pour régler le problème de logement. Nous devons être le moteur de cette croissance et commencer des conversations.»

Vient ensuite la santé. À New Liskeard, deux maisons de soins de longue durée sont en construction : le Lodge et Extended Care. «Elles pourront accommoder des ainés qui viendront d’aussi loin qu’Englehart. Temiskaming Shores devient de plus en plus le centre régional pour la santé, comme il l’est pour l’agriculture et le commerce de détail», explique M. Laferrière.

Il y a aussi le défi des infrastructures. Temiskaming Shores est construit sur la glaise et dans plusieurs quartiers, les routes sont en piteux état. La municipalité vient d’en terminer l’inventaire et de prioriser les travaux à effectuer.

Il y aura des changements dans le transport en commun; la compagnie actuelle se retire et la ville est en appels d’offres pour trouver un remplaçant.

«C’est primordial d’avoir un plan stratégique, une vision de notre communauté qui évolue et des actions qui favoriseront son épanouissement», dit le maire.

Photo : Marc Dumont

Dynamiser en suivant l’exemple des francophones

Il utilise les francophones comme exemple de dynamisme, avec l’ACFO, le Village Noël et leurs nombreuses autres activités. «Les francophones savent comment s’aider mutuellement, travailler ensemble. Cette attitude est essentielle à notre succès. Ce qui est important est de se rendre compte qu’on a tant à célébrer. Le conseil doit voir à ce qu’il y ait des réseaux de soutien pour tous les segments de la population.» 

«Si on veut que les gens restent, il faut qu’ils se sentent célébrés, bienvenus et appréciés. Ils doivent aussi ressentir qu’ils font partie de la communauté.» Cette philosophie s’étend à la langue et il se réjouit que les francophones soient de plus en plus à l’aise de se servir du français sur la place publique.

M. Lafferriere trouve rafraichissant que le nouveau conseil municipal comprenne toute l’expertise nécessaire pour gérer la croissance de la ville. «Il y aura croissance de la ville, c’est inévitable! Avec le bon sens de la direction à prendre, Temiskaming Shores sera vibrante, en santé et un endroit qui se démarque pour vivre, travailler et visiter».

Il compte aussi augmenter la communication entre le conseil municipal et les résidents afin que ceux-ci participent davantage à la prise de décision. Partager plus d’information, donner la parole aux citoyens, apprendre à les écouter et entretenir le dialogue. 

«Temiskaming Shores doit prendre le virage du futur; prendre un pas de côté et le planifier», termine Jeff Lafferriere.

Francophile

Malgré son nom, Jeff Laferriere ne parle pas français. Son père était francophone, mais sa mère anglophone. Étant donné que son père travaillait pour le chemin de fer, il n’était pas souvent à la maison et tout se passait en anglais.

Il raconte qu’un jour, alors qu’il marchait avec son père, ils ont rencontré un inconnu qui s’est adressé en français et son père, qui a eu une conversation en français. Quand ils ont dit au revoir à l’autre personne, son père lui a dit : «Ça fait donc du bien de parler dans sa langue maternelle». Une phrase qui lui a permis de comprendre comment la langue maternelle des francophones leur était importante.