le Dimanche 5 février 2023
le Vendredi 23 Décembre 2022 13:34 Économie et finances

Trois fois plus d’utilisateurs à la banque alimentaire de Nipissing Ouest

Mike Holmes et Don Coutts, membres du Club Rotary de North Bay, présentent un don de 5 000 $ au président de la Banque alimentaire de Nipissing Ouest, Don Clendenning. — Photo : Courtoisie
Mike Holmes et Don Coutts, membres du Club Rotary de North Bay, présentent un don de 5 000 $ au président de la Banque alimentaire de Nipissing Ouest, Don Clendenning.
Photo : Courtoisie
Nipissing Ouest — Les dons ont du mal à suivre la demande et l’inflation

La saison des Fêtes incite à la générosité, donc il n’est pas surprenant que ce soit l’un des temps fort pour récolter des dons à la Banque alimentaire de Nipissing Ouest. Au cours de la semaine dernière, plusieurs campagnes ont été menées en même temps, créant un influx de 18 495 $ en dons monétaires et des milliers de kilos d’aliments d’un coup. Malgré cette manne soudaine, la banque alimentaire fait face à deux obstacles continus : l’inflation et une demande croissante.

Le vendredi 9 décembre, la radio Moose FM a tenu un Radiothon au profit de la banque alimentaire, récoltant 11 662 $ ainsi que des denrées non-périssables. Le même jour, les Chevaliers de Colomb (conseil Our Lady of Sorrows) ont recueilli des dons à l’extérieur des magasins No Frills, Metro et Giant Tiger, rapportant 350 kg de nourriture et 1696 $. Le 10 décembre, le ministère des Richesses naturelles et l’organisme Échec au crime ont récolté 2000 kg de nourriture et 1427 $ à la sortie du magasin No Frills. Une soirée de dégustation de whisky organisée par Barry Bertrand a permis de générer 1500 $, aussi offert à la banque alimentaire. Enfin, le Club Rotary de North Bay a fait un don de 5000 $ dans le cadre d’une campagne plus large au profit des banques alimentaires de la région.

Ces contributions sont d’un grand secours pour l’organisme, qui lutte pour maintenir son niveau d’aide en dépit des couts galopants et d’une clientèle toujours croissante. «Avec les prix qui augmentent, notre compte bancaire rétrécit. Nous ne pouvons pas en faire autant», dit le président de la banque alimentaire, Don Clendenning.

En effet, l’organisme dépense plus pour acheter moins de nourriture en raison de l’inflation, puis le nombre d’utilisateurs réguliers du service est passé d’environ 50 l’an dernier à plus de 130 cette année. Ce nombre est constant depuis environ huit mois, souligne M. Clendenning.

Dans une lettre au conseil municipal envoyée le 7 décembre, le président souligne que l’organisme aide environ 233 foyers par mois. Il demande à la ville de continuer à subventionner son loyer à raison de 8150 $ par année. Le conseil a discuté de la demande en comité plénier le 20 décembre et s’est dit prêt à assumer le loyer en 2023.

Mais il y a d’autres dépenses, dont 1200 $ à 1500 $ chaque deux semaines pour acheter des aliments périssables. «Nous économisons beaucoup, car nous fonctionnons avec des bénévoles», souligne le président, mais il faut quand même une bonne somme pour aider autant de familles.

Le président du comité du Bingo télévisuel du Club Rotary et membre du Club Rotary de North Bay, Don Coutts, dit que toutes les banques alimentaires de la région vivent cette dure réalité. Le bingo génère des fonds que le club offre chaque année à des œuvres de charité et, cette année, les membres ont décidé d’aider les banques alimentaires en raison de l’inflation. 

M. Coutts dit qu’il a lu plusieurs articles sur la demande croissante d’aide alimentaire cette année. «Ça ne m’étonnerait pas qu’on le refasse en décembre prochain aussi. Nous allons garder un œil sur la situation et si nous voyons que les banques alimentaires ont besoin d’aide, nous le ferons sans doute encore l’an prochain,» assure-t-il.

«D’après ce que je peux voir, je ne m’attend pas à ce que les prix baissent» prédit M. Clendenning. «Ce que nous avons maintenant va nous soutenir jusqu’en février ou mars.» C’est seulement trois mois de coussin dans une période où les dons se font plus rares. 

L’organisme essaie de combler ses périodes creuses en encourageant les gens à répartir les campagnes et les levées de fonds sur toute l’année. Ainsi, il a prévu une danse le 11 février. «Toute personne qui nous parle de faire une levée de fonds, nous leur disons de la faire en mars, avril, mai. Il faut les répartir pour qu’il y ait toujours une rentrée d’argent,» insiste M. Clendenning.

À certaines périodes cette année, la banque a dû restreindre le montant et la variété d’aliments qu’elle donnait, afin d’éviter que certains repartent les mains vides. «Il a fallu faire ça un certain temps, mais j’essaie de revenir comme avant», dit le président.

Alors que l’organisme fait tout son possible pour économiser sur les achats et récolter des dons, il ne peut rien contre l’augmentation massive d’utilisateurs du service. Le nombre a presque triplé en un an, c’est trois fois plus de personnes qui doivent dépendre d’aide alimentaire.

«Il y a beaucoup de personnes qui travaillent, ils ont un revenu, ils ne sont pas sans moyens, mais ils ne peuvent pas s’acheter de la nourriture et boucler leur fin de mois», décrit M. Clendenning. Il blâme le cout de la vie en général «qui écrase les gens», en particulier les loyers qu’il qualifie de «absolument stupides».

«Entre les loyers et le fait que les salaires n’augmentent pas au même rythme que l’inflation, bienvenue à la banque alimentaire», dit-il en décrivant la nouvelle réalité de bien de gens. 

Il précise que tout le monde peut se retrouver dans une situation précaire et qu’il n’y a pas de honte à demander de l’aide; les bénévoles de la banque alimentaire ne jugent personne et veulent que les gens se sentent à l’aise. «Je peux m’imaginer comment je me sentirais si j’avais besoin d’utiliser ce service», dit M. Clendenning. 

«Ne soyez pas gênés, nous ne jugeons pas et nous ne demandons pas de questions indiscrètes. (…) Tout ce que nous voulons savoir, c’est si vous avez besoin de la banque alimentaire. Nous sommes là pour vous», assure-t-il.