le Dimanche 29 janvier 2023
le Lundi 26 Décembre 2022 9:47 Éducation

Décès de l’un des pionniers des écoles secondaires francophones

Raymond Chénier — Photo : Courtoisie de la famille
Raymond Chénier
Photo : Courtoisie de la famille
Timmins - Hanmer — Raymond Chénier aura manqué de peu la célébration de l’école qu’il a inaugurée comme directeur : l’École secondaire Hanmer. L’homme qui a passé sa vie à assurer que les jeunes Franco-Ontariens reçoivent la meilleure éducation possible a également passé une grande partie de sa carrière dans la région de Timmins, où il est décédé le 2 novembre 2022.

Langis Dion a connu M. Chénier en 1979, lorsque ce dernier s’est fait élire comme député. Mais il a vraiment appris à le connaitre de façon personnelle à partir de 2008. «Il m’avait aidé lors de ma campagne d’élection comme conseiller scolaire. C’était un homme dévoué. Il aimait bien jaser, de toutes sortes d’affaires. Il était toujours de bonne humeur», raconte M. Dion.

De son côté, Gaëtan Doucet a connu Raymond Chénier lorsqu’il étudiait à l’Université Laurentienne, alors que M. Chénier y travaillait. Ils se sont retrouvés quelques années plus tard quand Raymond Chénier cherchait des enseignants francophones à North Bay pour le suivre dans l’aventure de l’ouverture de l’É.s. Hanmer. «On était facilement six ou sept» qui l’ont suivi à l’É.s. Hanmer, dit-il.

«J’ai eu la chance de travailler avec Raymond pendant deux ans, dit M. Doucet. Il s’est montré un directeur tout à fait spécial. Il avait une belle personnalité, beaucoup d’entregent. Il était bon avec les élèves. Sa force comme directeur était de comprendre les personnalités et d’avoir le don d’adresser les multiples personnalités et de les engager.»

Selon M. Doucet, Raymond Chénier ne restait pas assis à son bureau. Il arpentait constamment les couloirs de l’école et entrait dans les classes pour observer. «C’était important pour lui de connaitre les élèves et que les élèves le connaissent.» C’était sa façon d’assurer que les élèves venant d’autres écoles — surtout anglophones — soient à l’aise.

Il ne cachait pas ses attentes non plus, qui étaient élevées pour tout le monde, enseignants et élèves inclus.

Gaëtan Doucet était aussi à Timmins lorsque M. Chénier s’est présenté aux élections et il se souvient que plusieurs enseignants l’ont appuyé dans sa campagne en faisant du porte-à-porte.

Avant la pandémie, des membres du comité organisateur des célébrations du 50e de l’É.s. Hanmer organisaient une discussion avec M. Chénier afin que celui-ci livre ses souvenirs de l’ouverture de l’école. Il était déjà trop fatigué pour participer en personne aux célébrations. Malheureusement, la rencontre n’a pas pu avoir lieu avant le premier confinement.

Une vie d’éducateur

Raymond Chénier a travaillé toute sa vie à l’avancement de l’éducation en langue française. Il a débuté sa carrière comme enseignant à l’élémentaire en 1954 pour ensuite être assistant au directeur du programme Continuing Education de l’Université Laurentienne pendant qu’il obtenait son baccalauréat. Il est alors allé enseigner au secondaire. 

En 1968, il est devenu le premier directeur adjoint de l’École secondaire de la Rivière-des-Français puis s’est dirigé vers North Bay. En 1970, il a le bonheur de devenir le premier directeur de la première école secondaire publique de langue française de sa ville natale; l’École secondaire Hanmer.

«Comme francophone on s’est battu pour notre langue. C’est ça qu’il a toujours voulu sauvegarder. Il était fort pour la francophonie et il était respecté», affirme Langis Dion.

En 1972, M. Chénier déménage sa jeune famille à Timmins où il sera surintendant des opérations au Timmins Public School Board. Il supervisera l’implantation du programme d’immersion française et l’École secondaire Thériault. 

Il a fait un premier saut en politique en 1979 comme député de Timmins-Chapleau dans le gouvernement de Pierre-Elliott Trudeau. 

Il retourne à l’éducation en 1984 à la direction du Conseil des écoles catholiques, ce qu’il fera jusqu’en 1990. Il retournera en politique jusqu’en 1994 comme sous-ministre adjoint des écoles de langue française en Ontario. 

Au cours des dix dernières années, M. Chénier a pris soin de son épouse Augusta, qui était atteinte de démence. «Il a été très déchiré par la maladie de sa femme. Il s’est occupé d’elle pendant dix ans et, entretemps, lui est tombé malade», raconte Langis Dion. Son épouse est décédée quelques mois avant lui.

La famille indique dans l’ avis de décès qu’il «valorisait grandement la diversité et l’unité. Sa raison d’être était bien articulée dans ses propres mots : “Je vais travailler pour la justice, les droits humains et envers l’amélioration de la vie de la population entière”.»