le Dimanche 5 février 2023
le Mercredi 28 Décembre 2022 9:58 Santé

Après l’emploi, l’école et la culture, il faudra aussi s’occuper des estomacs

Un plat typiquement ivoirien, communément appelé le «garba». — Photo : Courtoisie
Un plat typiquement ivoirien, communément appelé le «garba».
Photo : Courtoisie
Sudbury — Que l’on vienne d’ici ou d’ailleurs, ce n’est pas tout le monde qui apprécie la poutine. Andréa Myamien le clame plus ou moins sérieusement pour illustrer qu’il ne faut pas s’attendre à ce que les nouveaux arrivants changent leur diète du jour au lendemain. Les options manquent pour qu’ils puissent préparer des plats de chez eux et Mme Myamien aimerait bien pouvoir offrir une solution.

Ce qu’elle aimerait, ce serait de trouver une cuisine assez grande, conforme aux règlements, à laquelle elle aurait accès les fins de semaine pour faire des mets ivoiriens et les vendre ou les donner.

«Si j’ai accès à une cuisine communautaire, pourquoi pas en donner, si les gens n’ont pas suffisamment de fonds pour payer. Je peux aider aussi», avance Mme Myamien. Elle n’aurait pas les moyens de fournir de la nourriture gratuite à long terme, mais elle pourrait parfois dépanner des nouveaux arrivants.

Le problème ne se pose pas seulement pour les Ivoiriens. Les personnes qui cherchent des ingrédients halals ne peuvent pas nécessairement tout trouver ce qu’ils cherchent dans les grandes surfaces communes. Les endroits où en trouver existent, mais ils sont moins visibles pour les nouveaux arrivants.

«C’est très difficile de trouver les ingrédients à Sudbury. J’ai des connaissances à Montréal et Ottawa qui m’amènent des produits purement africains. J’essaie d’en avoir dans des shops africains ici, mais c’est vraiment dispendieux», explique Andréa Myamien.

Andréa Myamien présente un plat typiquement ivoirien et apprécié par d’autres cultures et pays, communément appelé le «garba». Il est fait à base d’attieke (semoule de manioc), de thon frit et des légumes tels que piment, ognon et tomate.

Photo : Courtoisie

«Le changement de culture ne se fait pas immédiatement, il se fait pas à pas», illustre-t-elle. Un fait pour plein de choses, dont ce que les immigrants mangent.

Le changement a justement été trop drastique pour Mme Myamien à son arrivée. Elle a vite commencé à s’ennuyer de ses plats préférés. Elle a parfois dormi le ventre vide simplement parce qu’elle ne trouvait pas les ingrédients pour faire des mets qui l’intéressaient. Elle a essayé la nourriture locale, mais peu de choses la satisfaisaient — comme la poutine.

Même si elle connaissait des gens qui venaient du même pays qu’elle lorsqu’elle est arrivée à Sudbury, il s’agissait de connaissances plus éloignées. Elle n’osait pas leur demander de l’aide. Ce n’est que trois ou quatre mois après son arrivée qu’une colocataire lui a montré une épicerie qui avait des produits qu’elle cherchait depuis le début.