le Mercredi 8 février 2023
le Vendredi 20 janvier 2023 1:00 | mis à jour le 20 janvier 2023 1:01 Arts et culture

«Si le monde aime rire, c’est la pièce à aller voir.» — Daniel Robillard

Dans la courte scène présentée aux médias par Éric Lapalme, Véronique Champoux et Denis Lapalme, un client un peu désagréable demande à la serveuse de lui lire le menu au complet. Le duo père-fils de Denis et Éric Lapalme en est à leur deuxième pièce communautaire ensemble, mais c’est la première fois qu’ils ont des scènes ensemble. — Photo : Julien Cayouette
Dans la courte scène présentée aux médias par Éric Lapalme, Véronique Champoux et Denis Lapalme, un client un peu désagréable demande à la serveuse de lui lire le menu au complet. Le duo père-fils de Denis et Éric Lapalme en est à leur deuxième pièce communautaire ensemble, mais c’est la première fois qu’ils ont des scènes ensemble.
Photo : Julien Cayouette
Sudbury — Ce qui fait le charme des pièces communautaires du Théâtre du Nouvel-Ontario, c’est en bonne partie de voir des comédiens amateurs avec des niveaux d’expérience variés lancer des répliques, chanter ou danser pour le plaisir de leurs concitoyens. La distribution imposante de Garçon!, la production de 2023, compte les deux extrêmes d’expérience.

Eva Irié

Photo : Courtoisie

Les novices

Eva Irié a réussi à convaincre sa mère, Sylvie Koffi, de se lancer avec elle dans l’aventure. 

«J’aime beaucoup le théâtre et les arts dramatiques. J’ai eu la chance de jouer dans certaines pièces à l’église dans mon pays. Je me souviens qu’avec mon petit frère, on s’amusait à se donner des rôles», raconte Mme Irié. 

Lorsqu’elle a entendu parler des auditions pour la pièce communautaire, elle a tenté sa chance. «Dans mon imagination, je n’aurais jamais pensé que ça aurait été comme ça, présenter devant public à la grande Place des Arts et tout…»

Ce qui a marqué la mère et la fille, c’est le grand nombre de pratiques dans les mois qui précèdent les représentations. Pour Mme Irié, concilier le travail et le théâtre a été un défi. Mais pour l’expérience, elle a décidé d’y plonger. Surtout qu’elle a l’occasion de jouer une fille calme et sérieuse, l’antipode de sa personnalité «très extravertie».

À l’origine, une amie d’Eva avait été recrutée avec elle dans la pièce, mais celle-ci a dû abandonner en cours de route pour des raisons personnelles. Il fallait trouver une remplaçante rapidement. «Alors là, j’ai pensé à ma mère. J’en ai parlé à ma maman et elle a accepté» de jouer, en fait, le rôle de la mère du personnage d’Eva.

Sylie Koffi

Photo : Courtoisie

C’est un peu aussi le fait que les deux rôles étaient une mère et sa fille qui a encouragé Mme Koffi d’accepter. Le défi pour elle a cependant été de rattraper tout le monde, puisque les répétitions étaient bien avancées lorsqu’elle s’est jointe à la production. «Quand même, je m’en sors.»

Une multipièce

Garçon! se déroule dans un restaurant français du même nom. On y suit deux serveurs, une serveuse et un aide-serveur qui vivent de drôles de situations à travers les tranches de vie des clients. 

Il y a beaucoup de va-et-vient et beaucoup de personnages interprétés par les 18 comédiens et comédiennes amateurs.

Par exemple, Eva Irié et Sylvie Koffi jouent une fille et sa mère. «On vient pour un règlement de compte en glisse. J’ai des choses à dire à ma mère que je n’oserais pas lui dire à la maison, raconte Mme Irié. Ça commence avec des chicanes dès les premières notes!»

Le fil conducteur entre toutes les tranches de vie, ce sont les serveurs. L’un deux, Charles, qui est aussi le bras droit du patron, est joué par Daniel Robillard, qui en est à sa septième pièce communautaire. Malgré son expérience, Garçon! comporte un défi particulier : il est presque tout le temps sur scène, mais pas toujours dans LA scène.

«La façon dont la pièce est écrite, quand je ne suis pas actif dans la scène, je dois rester sur scène quand même. Le défi est d’essayer de s‘occuper et avoir l’air d’être vraiment des serveurs», explique-t-il.

«Il y a aussi du chant et de la danse, et ça reste un défi pour moi ça. Surtout la danse, on dirait que j’ai deux pieds gauches», ajoute-t-il à la blague.

Un extrait de la pièce communautaire Garçon!

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Le Voyageur offre une vue d’ensemble de la francophonie et de la vie dans le Nord-Est de l’Ontario.

Daniel Robillard

Photo : Courtoisie

Le vétéran

La toute première pièce communautaire de Daniel Robillard a été Le diner de cons, en 2010. Mais ce n’était pas ses premiers pas sur scène. 

Pourtant, il y a environ 20 ans, M. Robillard n’aurait jamais osé monter sur une scène. «Autour de ces années-là, j’ai joint un club Toastmasters. J’étais très gêné. La première journée chez Toastmasters, juste pour me lever debout pour dire mon nom, mes genoux en shakaient. J’étais en sueur. Mais j’ai découvert que je faisais rire le monde. Ça m’a donné de l’encouragement.»

En 2006, il entend dire que la troupe de théâtre amateur de Vallée-Est, La Gang à popa, cherche un remplaçant pour deux représentations. Ils lui ont donné une chance et il n’a jamais arrêté depuis.

M. Robillard revient participer aux pièces communautaires simplement parce qu’il aime ça. «J’aime ça être sur l’estrade. J’aime avoir des nouveaux défis.»

Garçon! est mise en scène par Hélène Dallaire, qui en est à sa 15e pièce communautaire. «Elle est tellement de bon cœur cette dame!, lance Eva Irié. Elle nous rappelle toujours qu’on est bienvenue même si c’est notre première fois, qu’on n’a pas une grande expérience. La façon qu’elle nous prend, ça dégage de l’amour et nous on aime vraiment ça.»

Aussi bien Eva que Sylvie et Daniel promettent que le rire sera au rendez-vous. «C’est une comédie pure, dit Daniel Robitaille. Si le monde aime rire, c’est la pièce à aller voir.»

En plus de ces trois comédiens, Dacevy Amiri, Monique Beaudoin, Justin Bélanger, Claire-Lucie Brunet, Véronique Champoux, Marie-Josée Charrier, Lynne Dupuis, Rosie Kana, Diane Labelle, Denis Lapalme, Éric Lapalme, Stéphan Lapensée, David Leadbeater, Mélanie Rainville, Éric Robitaille et Raphaël Robitaille participent à la pièce.

Hélène Dallaire

Photo : Courtoisie

Après deux ans de pandémie, la metteuse en scène Hélène Dallaire raconte qu’elle ne voulait pas présenter une pièce trop chargée. Elle voulait avant tout qu’un maximum de comédiens monte sur scène pour avoir du plaisir et que le public rie.

«C’est comique. Quand on a fait la première lecture, le monde riait. Là, ça fait plusieurs mois qu’on travaille ça. On rit encore. Quand t’ajoutes le jeu des comédiens et toutes sortes d’autres éléments, ça donne tout un spectacle», raconte-t-elle.

Le texte québécois a été légèrement adapté à Sudbury. On y retrouve maintenant des références à l’aréna et à l’Université Laurentienne.«On a l’impression d’être a Sudbury et on a finalement un restaurant français!», lance à la blague la metteuse en scène.

La pièce est présentée à la Place des Arts du 26 au 28 janvier en soirée en plus d’une représentation le samedi après-midi. Il y aura la traditionnelle causerie après la représentation du vendredi. Le samedi après-midi, l’Heure du conte et du brico pourra accueillir 12 enfants, pendant que les parents regardent la pièce (réservez votre place). Visitez http://letno.ca pour des billets.