le Vendredi 24 mars 2023
le Vendredi 3 février 2023 15:31 | mis à jour le 3 février 2023 15:38 Société

Colette Pilon, vouée à informer sa communauté

Colette Pilon — Photo : Courtoisie
Colette Pilon
Photo : Courtoisie
Capréol et Vallée Est — À partir du 1er février, The Express, le bulletin de nouvelles de Capreol, devient un mensuel au lieu de sortir deux fois par mois. Son éditrice en poste depuis un an, Colette Pilon, a pris cette décision pour des raisons financières et personnelles. Le bulletin tient la communauté locale informée de ce qui se passe près de chez eux. Une communauté composée notamment de personnes âgées dont la majorité n’est pas branchée sur les réseaux sociaux.

Le bulletin, disponible électroniquement et sur papier est produit à Capreol, mais il dessert aussi Hanmer et Val Caron. Ses articles reflètent la région de la Vallée. 

Son importance est grande. «Ce n’est pas tout le monde qui a un ordinateur. La majorité de notre population qui est plus âgée n’est pas sur Facebook. Ils n’ont pas de courriel. J’essaie d’avoir une variété de choses pour les informer. Les gens l’apprécient tellement. C’est pourquoi je vais continuer», explique l’éditrice du bulletin, qui ajoute que The Express assure aussi l’éducation publique de la population locale à travers quelques chroniques. 

Colette Pilon distribue environ 1100 copies papier à Capreol, au Centre d’achat de Hanmer, au Métro de Val Caron et dans certains dépanneurs. D’autres lecteurs lisent le bulletin qui leur et envoyé électroniquement.

Ce bulletin de nouvelles est écrit en anglais, mais sa responsable et actuelle éditrice est une francophone née au Québec, province qu’elle a quittée encore jeune. «J’ai déménagé en Ontario à l’âge de 22 ans. J’ai passé la majorité de ma vie ici. D’abord à Elliot Lake, à Sudbury, puis ici à Capréol où je viens de passer 26 ans», raconte Mme Pilon.

Elle était venue pour des vacances rendre visite à de la famille à Elliot Lake. Elle a décidé d’y rester. Elle a exercé différents emplois avant d’aller à l’Université Laurentienne suivre le programme de travailleuse sociale. Elle a travaillé à l’hôpital à Sudbury pendant plusieurs années. Elle a pris une «retraite forcée, car, en 2018, mon mari était tellement malade».

La page couverture de l’édition du 1er janvier 2023 de The Express

Rêve prémonitoire

Avant de devenir responsable du bulletin de nouvelles de Capreol, Mme Pilon avait tout vu à travers un rêve. «Je rêvais que j’étais en formation pour quelque chose. C’est un rêve que j’ai eu quatre, cinq fois. Je rêvais que j’avais comme un mentor. D’habitude, quand j’ai des rêves comme ça, il faut que je porte attention, mais ça dépend de ce que ça veut dire. Tout d’un coup, je me suis réveillée dans le milieu de la nuit, c’était à deux heures du matin. Quelqu’un me criait dans la tête «l’Express, l’Express !». 

Étonnamment, à ce moment, Tony Skopyk, qui était jusque-là responsable du bulletin de nouvelles de Capreol, cherchait quelqu’un pour le remplacer parce qu’il voulait écrire un livre. 

Poussée par le rêve qu’elle avait eu, et une certaine expérience qu’elle avait acquise auparavant en collaborant bénévolement au bulletin de nouvelles de la paroisse Trinity United Church Capreol, Colette Pilon alla voir M. Skopyk. «J’ai fait la première édition le 1er janvier 2022», souligne-t-elle.

Un bulletin apprécié

Colette Pilon se félicite que tout le monde soit content du contenu du bulletin. «Je reçois des commentaires que les gens aiment ça. Il y a une dame qui me disait qu’il y a du monde à Sudbury qui le lit. J’essaie de garder les gens informés sur ce qui se passe dans la communauté.»

Le bulletin survit grâce à l’appui des annonceurs de la communauté à travers la publicité. «J’aurais besoin de plus parce que le prix du papier continue d’augmenter. Je pense que ça me coute au moins 1600 $ par mois», dit-elle.

Comme elle commence à publier le bulletin une fois par mois, Mme Pilon dit qu’elle aura plus de temps pour se trouver d’autres commanditaires. «J’ai gardé tous les commanditaires qu’avait Tony. Je commence à approcher d’autres qu’il avait avant la Covid-19.» 

Une communauté prête à aider

Colette Pilon fait pratiquement tout pour la production du bulletin et sa distribution. Elle bénéficie quand même de l’aide de membres de la communauté de Capreol. «Il y a une dame, une amie personnelle, dans la communauté qui m’aide. Elle connait la communauté. Elle me trouve des sujets d’articles. Quand il y a quelqu’un par exemple qui va fêter son 90e anniversaire, [elle me le dit et] je vais voir. De temps en temps, elle est capable de m’écrire des articles et de m’apporter une photo. Mais pour la mise en page, c’est moi. Je compte sur les gens qui m’apportent des informations à partager avec la communauté», explique-t-elle.

Mme Pilon remercie enfin une autre dame, sans la nommer elle aussi, qui aime le journal et qui lui a offert de faire la distribution pour elle, gratuitement.