le Jeudi 1 juin 2023
le Mercredi 26 avril 2023 11:18 Éditorial

Nos deux universités

  Photo : Facebook de l'Université de Sudbury
Photo : Facebook de l'Université de Sudbury
Depuis quelques mois, nos universités, la Laurentienne et l’Université de Sudbury (UdeS), ont défrayé les manchettes locales. C’était à prévoir alors qu’on marquait le deuxième anniversaire du licenciement de masse des professeurs de la Laurentienne.
Nos deux universités
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Un peu avant, la dissolution annoncée de la Fédération de l’Université Laurentienne forçait l’UdeS à faire la même chose. Les récents articles tentaient d’être optimistes, bien sûr, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour ces deux institutions.

D’abord, nous devons nous réjouir que la Laurentienne ait récemment connu une hausse de 10 % dans ses demandes d’inscriptions pour septembre prochain. Cette augmentation est loin de remettre la Laurentienne aux niveaux d’inscriptions qu’elle atteignait avant sa presque banqueroute, mais c’est évidemment un pas dans la bonne direction.  

Le seul hic dans cette bonne nouvelle, c’est que la Laurentienne n’a pas indiqué le pourcentage de cette augmentation qui provient d’étudiants potentiels francophones. On peut cependant d’ores et déjà gager que, comme il ne reste plus beaucoup de programmes en français dans cette institution dite bilingue, nos francophones qui ont choisi la Laurentienne étudieront probablement en anglais. Voilà une situation que la Laurentienne pourrait commencer à régler. Nous y reviendrons.

Récemment, un groupe de jeunes du Nord dirigeait aussi les projecteurs médiatiques vers l’Université de Sudbury en publiant un manifeste en appui à cette institution qui attend toujours le feu vert du gouvernement Ford pour recommencer à instruire nos jeunes. «Recommencer» parce que le gouvernement semble oublier que l’UdeS et son aïeul, le Collège du Sacré-Cœur, dispensent une éducation postsecondaire aux francophones du Nord de l’Ontario depuis plus de 100 ans. Mais je digresse. 

Le Manifeste des jeunes suivait une rencontre convoquée par les dirigeants de l’Association des étudiants francophones de la Laurentienne (AEF) qui voulaient en savoir plus sur les plans de l’UdeS. Cet intérêt de la part des jeunes a d’ailleurs incité le recteur de l’UdeS, Serge Miville, à dévoiler un nouveau «contrat social» avec la communauté. M. Miville donne des exemples comment l’UdeS entend mettre en œuvre son engagement «par et pour» la communauté francophone du Nord.

Voilà quelque chose que la Laurentienne n’a jamais fait en 63 ans d’existence. Et voilà quelque chose à laquelle elle pourrait remédier, immédiatement. C’est la seule façon pour elle de retrouver la confiance de la communauté francophone.

Pour ce faire, la Laurentienne ne doit pas répudier son engagement envers le bilinguisme, elle doit simplement le modifier. Elle doit s’engager à créer un campus bilingue en collaborant avec l’Université de Sudbury. 

Cette collaboration doit se faire sur deux plans. D’abord une entente avec l’UdeS selon laquelle la Laurentienne s’engage à y transférer tous ses cours et programmes en français selon un échéancier à déterminer. Les deux universités doivent aussi s’entendre sur des mécanismes qui leur permettront de planifier conjointement leurs programmes et de les reconnaitre pour leurs diplômes respectifs. 

Mais le plus important aspect de cette entente serait que la Laurentienne avise instamment le gouvernement ontarien que telle est sa volonté et qu’elle pousse le ministère des Collèges et Universités à reconnaitre l’Université de Sudbury comme l’université de langue française d’ici.